Assermentations des députés péquistes | Ils étaient trois, ils sont maintenant 59

(Québec) Ils étaient trois survivants d’une défaite écrasante, en 2022. Ils ont terminé la dernière législature à sept députés, en juin dernier. Mais avec désormais 59 élus à l’Assemblée nationale, Paul St-Pierre Plamondon a célébré jeudi dans l’émotion et l’enthousiasme l’assermentation du plus important contingent péquiste depuis 1998.
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« Nous avons multiplié par vingt notre nombre de députés », s’est exclamé le premier ministre désigné dans son premier discours officiel au Salon rouge.
Rapidement, le chef du Parti québécois (PQ) a appelé ses troupes à faire preuve « de la plus grande humilité ». Aux commandes d’un gouvernement minoritaire, les négociations et les tractations avec l’opposition seront cruciales pour éviter une nouvelle campagne électorale hâtive.
M. St-Pierre Plamondon fera appel à l’ex-première ministre Pauline Marois et à l’ancien chef de cabinet de l’ex-premier ministre Jacques Parizeau, Jean Royer, pour offrir aux nouveaux députés « un mini MBA pour élus », a-t-il annoncé. L’objectif : combler leur manque d’expérience politique.
« Gardons toujours en tête que nous pratiquons un sport d’équipe », leur a rappelé M. St-Pierre Plamondon avant de poursuivre avec une série d’analogies sportives. « C’est la discipline et l’éthique de travail qui mènent à des victoires, et non pas le talent brut », a-t-il dit.
Main tendue aux oppositions
Dans son discours, le premier ministre désigné a également reconnu qu’il devra tendre la main aux partis d’opposition, dont les députés sont majoritaires au Salon bleu. L’atteinte des objectifs du gouvernement dépendra, a-t-il dit, « de notre capacité à tendre la main aux partis d’opposition et de s’assurer qu’aucune bonne idée ne soit perdue, parce qu’on n’a pas le monopole des bonnes idées ».
« Nul doute que les Québécois observeront très attentivement les comportements de chacune des oppositions, tout comme celui de notre formation politique au gouvernement », a-t-il affirmé.
Aux électeurs québécois, M. St-Pierre Plamondon a promis de gouverner pour l’ensemble des citoyens, y compris ceux qui n’ont pas voté pour sa formation politique. « On ne sera pas parfait, on va probablement faire des erreurs, mais on va toujours donner l’heure juste », a-t-il dit.
Priorités du gouvernement
Parmi les priorités du gouvernement, M. St-Pierre Plamondon a cité, dans l’ordre, la réduction du coût de la vie, l’assainissement des finances publiques, qui sont lourdement déficitaires, et a rappelé qu’il gèlerait le salaire des élus et des dirigeants de société d’État jusqu’au retour à l’équilibre budgétaire. Il veut recentrer l’État sur ses missions essentielles.
Le premier ministre désigné a également réitéré sa promesse de réduire de moitié l’itinérance dans la province, dans le contexte où le phénomène est en hausse et constitue un enjeu criant dans plusieurs régions du Québec.
Selon lui, la conduite de son gouvernement et les résultats qu’il souhaite obtenir ouvriront la voie qui mènera le Québec à un troisième référendum sur son indépendance, tel qu’il le promet. « Tel est notre destin », a-t-il assuré à ses députés et à leurs invités, qui scandaient « le Québec un pays » avant le début de la cérémonie.
Une fête sans monarchie
Fait « historique », la cérémonie d’assermentation des députés formant le gouvernement, jeudi, était la première à se faire entièrement sans serment au roi d’Angleterre.
En effet, les députés de l’Assemblée nationale n’ont plus à prêter serment à la monarchie britannique, et donc au roi Charles III, comme ils avaient autrefois l’obligation de le faire. La loi prévoit désormais qu’ils ont la seule obligation de prêter serment au peuple du Québec.
Ce changement, rendu possible sous le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ), face au refus des trois élus péquistes, en décembre 2022, de prêter serment au roi, prouve qu’il ne faut pas écouter « les prophètes de malheur », a dit Paul St-Pierre Plamondon. Il espère désormais retirer d’autres symboles monarchiques du Québec, comme l’abolition du poste de lieutenant-gouverneur.
De l’émotion
Dans le Salon rouge, l’émotion était palpable pour les nouveaux députés d’un parti qui a connu, dans les dernières années, une menace existentielle. Désormais à la tête du gouvernement, c’est l’ancien parti au pouvoir, la CAQ, qui se retrouve à son tour en mode survie, n’ayant fait élire aucun député le 5 octobre dernier.
PHOTO CHARLES WILLIAM PELLETIER, ARCHIVES LA PRESSE
La députée péquiste Catherine Gentilcore
« Ils étaient 3 [à l’assermentation] en 2022. J’étais là, dans la salle. On était 7 à la fin de la dernière législature. 59 aujourd’hui », s’est enthousiasmée la députée de Terrebonne, Catherine Gentilcore.
« On ne peut pas prédire l’avenir dans un gouvernement minoritaire, mais notre intention, c’est de gouverner le plus longtemps possible avec tous les partis », a affirmé l’ex-chroniqueuse Elsie Lefebvre, élue dans Berthier.
Le père du premier ministre désigné, Jacques Plamondon, était assis au même endroit, dans la première rangée du Salon rouge, lorsque son fils a prêté serment comme député pour la première fois, il y a quatre ans.
« Ils étaient juste trois députés, ils s’aidaient l’un l’autre… Aujourd’hui, ça me rappelle tout le travail qu’il a dû faire pour arriver là », a-t-il confié au côté de sa conjointe, Louise Lavigne.
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