GLP-1 (Ozempic, Wegovy...) : une étude alerte sur le risque d’AVC et d’infarctus après l’arrêt du traitement


Menés par des chercheurs de la Washington University School of Medicine, aux États-Unis, les travaux ont porté sur 333.687 vétérans américains atteints de diabète de type 2, suivis pendant trois ans. Parmi eux, 132.551 avaient reçu un traitement par GLP-1, tandis que 201.136 avaient reçu des sulfonylurées, une autre famille de médicaments contre le diabète.
Les chercheurs ont comparé les résultats selon la durée pendant laquelle les patients poursuivaient ou interrompaient leur traitement. Et leurs observations sont assez nettes : l’arrêt ou l’interruption d’un GLP-1 pendant au moins six mois était associé à une augmentation du risque d’événements cardiovasculaires majeurs par rapport à une prise continue.
Le risque augmentait avec la durée de l’interruption. Après une interruption de six mois, le risque était supérieur de 4 à 8 % à celui observé chez les patients ayant continué leur traitement. Après un an sans reprendre le médicament, l’augmentation atteignait 14 %. Elle montait jusqu’à 22 % après deux ans. Les chercheurs parlent notamment d’infarctus, d’AVC et de décès.
À l’inverse, les participants qui avaient pris leur traitement de manière continue pendant les trois années de l’étude présentaient une réduction de 18 % du risque d’événements cardiovasculaires majeurs par rapport au groupe traité par sulfonylurées. Cela correspond, selon les chercheurs, à environ quatre événements cardiovasculaires majeurs évités pour 100 personnes sur trois ans.
Pourquoi une telle différence ? Selon Ziyad Al-Aly, épidémiologiste et auteur principal de l’étude, l’arrêt du traitement ne s’accompagne pas uniquement d’une éventuelle reprise de poids. Les chercheurs évoquent également une résurgence de l’inflammation, de la pression artérielle et du cholestérol. Ils parlent d’un « metabolic whiplash », que l’on pourrait traduire par un « choc métabolique », susceptible de nuire à la santé cardiovasculaire.
Poursuivre le traitement… à vie ?
On nous explique également que reprendre le traitement après une interruption permettait de retrouver une partie de la protection cardiovasculaire, mais pas totalement. Les participants ayant interrompu puis repris leur GLP-1 bénéficiaient en moyenne d’une réduction du risque de 12 %, contre 18 % chez ceux qui avaient poursuivi leur traitement sans interruption.
Ces résultats ne signifient pas pour autant que tous les patients doivent prendre un GLP-1 à vie. L’étude porte sur des vétérans américains diabétiques de type 2 et compare les traitements dans ce contexte précis. La décision d’arrêter ou de modifier un traitement reste donc à prendre avec son médecin, en fonction de la situation de chaque patient.
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