Cisjordanie occupée: dans la vallée du Jourdain, l’indifférence des colons face aux sanctions internationales

Aux Pays-Bas, l’interdiction d’importer, d’acheter et de vendre des produits issus des colonies israéliennes est entrée en vigueur ce mardi 22 septembre 2026. La mesure intervient deux semaines après l’annonce, par douze pays, dont la France, de restreindre le commerce avec les colonies, jugées illégales au regard du droit international. Sur place, dans la vallée du Jourdain, l’un des principaux territoires agricoles des colonies, les producteurs israéliens assurent qu’ils n’en ont que faire et qu’ils sauront s’adapter pour trouver de nouveaux marchés.
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Avec notre envoyée spéciale dans la vallée du Jourdain, Manon Chapelain
Cuckie, c’est son nom, est arrivé dans la vallée du Jourdain au mitan des années 1980. Ici, il a tout fondé, sa ferme, sa famille, son empire, dit-il. 20 000 hectares de terres, des milliers de dattiers et, en haute saison, près de 600 Palestiniens employés. « Sans moi, ils n’ont rien ! », lance-t-il.
Sa production est située en Cisjordanie occupée. C’est-à-dire, dans une colonie israélienne, considérée comme illégale au regard du droit international. « Là où passera la charrue, s’arrêtera notre frontière. C’est ce que disait notre fondateur, Ben Gourion. Je crois vraiment que je rends un service très important à mon pays. »
« Je n’ai pas à m’excuser auprès d’un pays européen »
Comme la plupart des colons installés ici, Cuckie refuse d’admettre l’existence d’un État palestinien. Condamne encore plus la décision de sanctions des pays européens. Il y exportait 80 % de ses dattes. « Nous serons affectés, j’en suis certain. Mais je l’accepterai volontiers, tant que mon pays existe. Je n’ai pas à m’excuser auprès d’un pays européen pour expliquer pourquoi je suis ici », poursuit-il.
À quelques kilomètres de là, à la tête du conseil régional de la vallée du Jourdain, David Elhayani assure que ces décisions ici ne changeront rien. « La récolte des dattes commence dans deux semaines. Nous n’avons rien à envoyer, donc, rien à perdre ! Les nouveaux marchés, nous les avons déjà trouvés. La plupart sont en Inde… aux États-Unis. Il y a suffisamment d’endroits où vendre toutes nos dattes. » Ici, l’économie se porte bien, assure-t-il. La preuve : pas très loin, en cours de construction, il y a 10 nouvelles colonies.
Pour rappel, les décisions de douze pays, dont la France, de restreindre le commerce avec les colonies – jugées illégales au regard du droit international - ont été prises alors que les violences de colons et l’expansion des colonies ont explosé ces derniers mois en Cisjordanie occupée, et compromettent la perspective d'une solution à deux États.
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