Midterms 2026: en Alaska, Dan Sullivan soutient Dan Sullivan contre Dan Sullivan pour le poste de sénateur

Alors que les États-Unis se préparent aux élections de mi-mandat du 3 novembre prochain, la course au Sénat en Alaska réserve une situation pour le moins inédite : deux Dan Sullivan se disputent le même siège. Une situation qui illustre aussi la singularité du système électoral dans cet État.
Publié le :
3 min Temps de lecture
Comme si le scrutin de mi-mandat présidentiel n'était pas assez complexe, cette année, les électeurs républicains de l’Alaska ne devront pas se tromper sur le nom de leur champion et choisir, entre deux candidats, le bon Dan Sullivan. Car l’un, Dan S. Sullivan, est le sénateur républicain sortant. L’autre, Daniel J. Sullivan, est un ancien enseignant, lui aussi, sous l’étiquette républicaine.
La candidature du challenger retraité pose évidemment un problème au sénateur républicain. Celui-ci reste convaincu que son homonyme « essaie délibérément de tromper » ses électeurs « pour truquer l’élection en faveur de Mary Peltola », rivale principale et candidate démocrate. Un pacte, en ce sens, aurait été scellé, assure le sénateur sortant... À la suite de ces déclarations, Harry Child, porte-parole de la représentante démocrate, a assuré qu’elle n’avait « aucun lien avec aucune des deux campagnes de Sullivan ».
Cette situation, pour le moins déconcertante, a aussi fait tiquer les instances électorales. La directrice des élections de l'État, Carol Beecher, avait rejeté en août dernier le dossier de l’homonyme retraité, prétendant que celui-ci avait l’intention de tromper et confondre les électeurs. La Cour suprême de l’Alaska a finalement invalidé ce rejet et réintégré sa candidature. Son nom figurera donc bien aux côtés de celui de son opposant, de la démocrate Mary Peltola et de l’épouse du quatrième candidat initial, disqualifié pour des raisons administratives, pour un ultime match à quatre.
Cet imbroglio est aussi dû à la singularité du système électoral en Alaska, qui se base sur le vote préférentiel. Lors des primaires, tous les candidats se sont affrontés sur un bulletin unique, quelle que soit leur étiquette politique. Les quatre arrivants en tête se sont qualifiés pour le second tour. Les électeurs de « La Dernière Frontière » devront alors, le premier mardi du mois de novembre prochain, classer par ordre de préférences ces candidats.
Si aucun ne reçoit plus de 50 % des voix, celui arrivé dernier dans les préférences est éliminé et ses voix sont réparties auprès des autres.
Un troisième Dan Sullivan dans l'arène
Mais le quiproquo ne semblait visiblement pas assez évident puisqu'un troisième Dan Sullivan est entré en jeu.
Dan A. Sullivan est l’ancien maire d’Anchorage et, à l’inverse de ses confrères, ne se présente pas à l’élection de mi-mandat. Mais il a tout de même un avis : celui qui se proclame avec humour le « Dan Sullivan originel » a appelé, sur Facebook, « les Alaskiens à voter pour Dan S. Sullivan ». Le sénateur sortant, donc. Il pointe l’illégitimité du challenger retraité de 70 ans, et souhaite éviter toute dilution du vote conservateur en défaveur de son champion.
« Nous avons besoin d’un Sullivan qui défende l’Alaska »
Trump, lui aussi, a choisi. « Le 3 novembre, nous allons envoyer l'un des sénateurs les meilleurs et les plus respectés […], Dan Sullivan, le vrai Dan Sullivan », a déclaré le président américain, mardi 13 octobre à Wasilla, en soutien au sénateur déjà en poste.
Conscient de la menace qui plane sur sa majorité au Congrès, le milliardaire s'est engagé dans un marathon de meetings dans les États indécis. Et une poussée démocrate sur cette terre républicaine que constitue l'Alaska serait un bien mauvais signal.
Les Alaskiens, eux, pourraient être à l'avenir dispensés d'un tel casse-tête électoral. En parallèle des élections sénatoriales, ils devront aussi se prononcer, le même jour, sur la « Ballot Measure 2 », une initiative citoyenne majeure pour l’État. Si cette mesure est adoptée, le système électoral par classement préférentiel serait abrogé. Elle empêcherait donc que deux candidats du même parti s’affrontent lors de l’élection générale, en rétablissant les primaires fermées par parti. Chacun des partis n’enverrait qu’un seul candidat pour éviter la confusion des électeurs devant l’urne.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.