Aux urnes, les scrutateurs devront s’adresser aux électeurs en français principalement
Les scrutateurs et le personnel embauché pour les élections provinciales ont été avisés de parler français aux électeurs le 5 octobre prochain, à certaines exceptions près, apprend-on dans une directive d’Élections Québec.
Pour la première fois, seuls les « ayants droit », ces Québécois autorisés à fréquenter des écoles primaires ou secondaires anglophones, ainsi que les membres des communautés autochtones, pourront s’adresser dans leur langue au personnel dans les bureaux de vote lors de l’élection provinciale. Avant, l’anglais ou le français pouvait être utilisé par le personnel, selon la langue employée par l’électeur.
Dans son guide destiné aux scrutateurs et aux secrétaires des bureaux de vote, Élections Québec détaille la nouvelle marche à suivre. Le personnel devra d’emblée s’adresser en français aux électeurs, puis, si ceux-ci continuent la conversation en anglais, devront « questionner l’électrice ou l’électeur pour savoir si la communication peut se dérouler dans cette langue », découvre-t-on dans le document disponible en ligne.
Le guide continue en expliquant que le personnel peut poser des questions comme « Avez-vous été déclaré éligible à l’éducation en anglais ? Êtes-vous un membre d’une communauté autochtone ? » pour prouver l’identité de la personne qui désire parler en anglais.
« Si l’électeur répond “oui” à l’une de ces questions, communiquer avec lui dans la langue qu’il utilise », dit-on. « Sinon, lui expliquer qu’il faut poursuivre la conversation en français. »
Au téléphone, la porte-parole d’Élections Québec, Julie St-Arnaud-Drolet, affirme qu’il s’agira d’un processus de confirmation par « autodéclaration ». « Il n’y aura pas de preuve à fournir », explique-t-elle.
Toujours dans le document d’aide aux employés, Élections Québec propose une formule explicative pour permettre aux employés de « revenir au français » avec les électeurs qui ne sont pas autorisés à communiquer en anglais avec l’État. On leur propose de dire : « Je vais vous parler en français, lentement, afin de respecter la Charte de la langue française. Vous pouvez me demander de répéter ce que je dis si vous ne comprenez pas ».
Droits linguistiques
Cette directive survient quelques semaines après qu’Élections Québec eut annoncé que plusieurs documents électoraux seraient transmis uniquement en français afin de respecter la nouvelle loi 96. Peu après, une poursuite a été intentée à ce sujet et, à la suite de l’intervention d’une juge de la Cour supérieure, certains de ces documents seront finalement distribués en français et en anglais.
Julie St-Arnaud-Drolet est claire sur ces nouvelles directives : « ce n’est pas une décision d’Élections Québec. Nous, on applique la disposition [de la loi] ».
« Parfois, on nous demande pourquoi on accepte ça. Mais Élections Québec organise des élections. Il faut absolument rester neutre. On ne peut pas prendre position sur une décision politique », raconte-t-elle.
Au début du mois de septembre, la cheffe de la Coalition avenir Québec, Christine Fréchette, a affirmé qu’elle maintiendrait la décision de fournir la documentation électorale en français uniquement, par volonté de respecter les lois qui ont été adoptées par le gouvernement caquiste. Sa décision a finalement été partiellement renversée en Cour.
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