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Friday, September 25, 2026

Thélyson Orélien : un des créateurs de « Balance ton Claude » brise le silence

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Le chroniqueur français Samuel Fitoussi, l’un des cinq membres derrière le compte X Balance ton Claude, a expliqué vendredi pourquoi le groupe a accusé Thélyson Orélien d’avoir utilisé l’intelligence artificielle (IA) pour écrire son livre C’était ça ou mourir. « Je redoute l’avènement d’un monde où plus personne n’écrirait ou ne lirait », a-t-il expliqué à l’émission Tout un matin.

L’identité de l’auteur et essayiste de 29 ans a été révélée jeudi par le quotidien français Le Figaro, où il publie régulièrement des chroniques depuis 2021. Samuel Fitoussi affirme que le collectif Balance ton Claude comprend quatre autres membres, qui demeurent pour l'instant anonymes.

On n’a pas créé ce compte spécifiquement pour dénoncer M. Orélien, mais plus largement pour sensibiliser les lecteurs au fait que beaucoup des choses qu’ils lisent et qu’ils croient écrites par des humains sont en fait des contenus copiés-collés de ChatGPT, a-t-il expliqué au micro de Patrick Masbourian vendredi sur les ondes d’ICI Première.

Je m’inquiète que le contenu humain soit noyé dans un océan de contenu artificiel, que l’attention des lecteurs, qui est une ressource finie, se dirige disproportionnellement vers le contenu artificiel.

Il a poursuivi en soutenant que la lecture était un acte social, et que les gens lisent pour entrer en contact avec la subjectivité d’un autre. Quand on lit un auteur, souvent, on ressent de la gratitude pour lui, du ressentiment, l’envie de lui répondre, on se met à l’apprécier ou à ne pas l’aimer, a-t-il expliqué.

Lire, c’est entrer en contact très finement avec la singularité d’un homme, avec les mots qu’il a choisis, ses choix de ponctuation, ses choix d’expressions, etc. Et quand les mots n’ont été choisis par personne, la motivation à lire s’érode.

Pas un combat idéologique, selon Samuel Fitoussi

Samuel Fitoussi a aussi rejeté du revers de la main l’idée selon laquelle la démarche de Balance ton Claude a été motivée par des raisons idéologiques ou des biais racistes, comme cela a été suggéré par plusieurs observateurs.

On n’a pas ciblé ce roman, ça aurait pu être un autre, c’est juste qu’il nous a été signalé. C’est un lecteur attentif qui m’a dit qu’il avait lu le livre de Thélyson Orélien, et que beaucoup de formules lui avaient semblé très stéréotypées, à la manière de ChatGPT ou de Claude, a-t-il expliqué à Tout un matin.

J’ai ouvert le livre et j’ai en effet eu la même impression. On a passé le livre dans Pangram et chaque chapitre a été identifié comme étant entre 90 % et 100 % généré par l’IA [...] Mais pour être très honnête, on ne connaissait même pas Thélyson Orélien, et notre démarche s’inscrit dans un combat contre le AI slop, ou bouillie IA, qui désigne le contenu de mauvaise qualité généré en masse par l’IA.

Insinuer que parce qu'un auteur est non blanc, on n’aurait pas le droit de lui reprocher ses plagiats ou d’avoir menti à ses lecteurs, je trouve ça absolument délirant, a-t-il poursuivi au micro de Patrick Masbourian.

L'auteur Thélyson Orélien en train de lire son livre «C’était ça ou mourir».

Thélyson Orélien

Photo : Radio-Canada / Simon LaSalle

Je me fiche complètement de sa couleur de peau, il a menti à ses lecteurs, il a dans le passé plagié des textes, il n’est que justice que cela soit révélé, qu’il soit blanc, noir, rouge ou jaune.

Rappelons que Les Éditions du Boréal ont suspendu jeudi la promotion du livre C’était ça ou mourir. Le Salon du livre de l’Estrie a également annulé la participation de Thélyson Orélien et lui a retiré son titre d’invité d’honneur. Vendredi, l’Académie Goncourt a retiré son roman de sa sélection.

À tous ceux qui nous reprochent d'avoir nui à Orélien, pensez plutôt à l'auteur qui a passé des centaines d'heures sur son manuscrit pour écrire un magnifique livre qui aurait mérité le Goncourt et qui ne l'aurait pas eu, a affirmé Samuel Fitoussi dans un long message publié sur X vendredi.

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