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Friday, September 25, 2026

Le Canadien Joshua Kutryk est prêt pour son premier voyage spatial

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Lorsque le vaisseau Dragon de SpaceX décollera du Centre spatial Kennedy de la NASA, le 1er octobre prochain, il aura dans son équipage Joshua Kutryk, le premier astronaute canadien depuis David Saint-Jacques – et possiblement le dernier – à se rendre à la Station spatiale internationale (SSI).

L'Albertain de 44 ans fait partie des quatre membres affectés à la mission SpaceX Crew 13 de la NASA, qui doit s'installer dans ce grand laboratoire orbital pour les six prochains mois. Puisque le programme de la SSI prendra fin en 2030, il risque fort probablement d'être le dernier Canadien à pouvoir y participer.

M. Kutryk s'envolera aux côtés de la commandante américaine Jessica Watkins, du pilote américain Luke Delaney et du spécialiste de mission russe Sergueï Teteriatnikov. Ces derniers remplaceront les quatre membres de l’équipage de Crew 12, qui sont à bord de la SSI depuis février dernier.

À l'exception de Mme Watkins, qui a participé à la mission SpaceX Crew 4, tous les membres de l'équipage vivront leur premier voyage dans l'espace.

À la fois chercheur et sujet

Une fois le vaisseau spatial fixé à la station, le quatuor mènera des expériences qui permettront de mieux comprendre le fonctionnement du corps humain, dans l'espace comme sur Terre.

Le corps de Joshua va devenir un sujet d'étude, a expliqué Marie-Michèle Limoges, directrice scientifique, de l'éducation et des collections au Cosmodôme de Laval, en entrevue avec Radio-Canada. Il devra notamment, comme ses compatriotes, participer au protocole AstroFit, un programme d'entraînement mis au point par l'Agence spatiale canadienne (ASC) pour protéger les astronautes des impacts provoqués par l'absence de gravité, comme la perte musculaire.

Les résultats obtenus permettront de mieux préparer les prochaines missions spatiales, mais également d'aider des chercheurs sur Terre, qui s'appuieront sur ces données pour mettre au point de meilleures stratégies de réadaptation physique pour des patients alités, blessés ou qui souffrent d'atrophie musculaire.

Quatre personnes sont assises dans une installation de simulation de mission spatiale.

De gauche à droite : l'astronaute de l'agence Roscosmos Sergueï Teteriatnikov, les astronautes de la NASA Luke Delaney et Jessica Watkins, et l'astronaute de l'ASC Joshua Kutryk, lors d'une séance d'entraînement en Californie.

Photo : Agence spatiale canadienne, SpaceX

Les membres de l'équipage porteront également des biomoniteurs, soit des vêtements intelligents qui permettent de suivre les signes vitaux des astronautes à distance. Cet outil pourrait éventuellement être utilisé pour faire de la télémédecine, a indiqué Mme Limoges.

Il y a tellement de retombées sur Terre dont on ne peut même pas prévoir l’ampleur, a-t-elle souligné.

L'équipage a également le mandat de développer et de faire l'essai de nouvelles technologies. En point de presse depuis sa chambre à Houston, au Texas, où il est actuellement en quarantaine, M. Kutryk n'a pas dévoilé l'étendue de sa mission, mais il a affirmé que les tests effectués par son équipe serviraient à faciliter de prochains voyages lunaires.

Nous sommes toujours en train de tester de nouvelles technologies, de nouveaux véhicules spatiaux. Dragon en est à sa treizième itération, il est toujours en développement, a-t-il soulevé.

La raison d’être de la SSI, c’est de prouver, de tester, de développer les nouvelles technologies pour des problèmes ici sur Terre, mais aussi pour faciliter la prochaine étape dans l’espace.

Les recherches menées par son équipe permettront entre autres d'évaluer la possibilité de faire pousser de la nourriture sur la surface de la Lune.

Entre fébrilité et fierté

M. Kutryk, qui s'entraîne pour participer à cette mission depuis maintenant quatre ans, s'est dit fier de pouvoir porter le drapeau canadien sur sa combinaison.

L'astronaute a affirmé que ce sentiment de fierté est d'autant plus fort ces jours-ci, avec tout ce qui se passe dans l'actualité.

Parmi l'éventail d'activités qui l'attendent, il a dit avoir surtout hâte de voir la Terre depuis l'espace. Il espère également pouvoir effectuer une sortie extravéhiculaire, entre autres parce qu'il porterait le même scaphandre que son compatriote, David Saint-Jacques, qui était de passage à la SSI entre 2018 et 2019.

L'astronaute canadien David Saint-Jacques

Si Joshua Kutryk devait sortir de la Station spatiale internationale, il porterait le même scaphandre que David Saint-Jacques, l'astronaute canadien qui a réalisé une mission historique à bord de la SSI entre 2018 et 2019. (Photo d'archives)

Photo : NASA / Capture d'écran de la retransmission en direct de la NASA de la sortie de David Saint-Jacques

M. Kutryk devait initialement prendre part à la première mission de Starliner-1, une fusée développée par Boeing. Il a été réassigné à la mission SpaceX Crew 13 après que le constructeur américain ait rencontré des problèmes de propulsion.

Mme Limoges a assuré que les fusées de SpaceX sont très fiables et rappelle que l'entreprise a treize missions d'avance sur le vaisseau Starliner.

Il n'est pas souhaitable de se dépêcher du côté de Starliner, on doit développer le vaisseau le plus sécuritaire possible, a-t-elle soufflé.

Quant à la SSI, elle cessera officiellement ses opérations en 2030 avant d'être détruite l'année suivante. Elle ne peut pas rester indéfiniment en orbite en raison du vieillissement de sa structure, elle qui a accueilli ses premiers visiteurs en 2000.

Des objets familiaux à bord

Si tout se déroule comme prévu le 1er octobre, le père de deux enfants deviendra le quatrième Canadien à effectuer un long séjour dans l’espace.

Il emportera avec lui plusieurs drapeaux canadiens qu'il souhaite offrir, une fois de retour sur Terre, aux personnes qui ont joué un rôle déterminant dans cette mission.

M. Kutryk aura également avec lui une montre de poche que sa famille a emportée d'Ukraine lorsqu'elle est venue s'établir en Alberta, quatre générations avant lui.

Je pense qu'il leur aurait été tout à fait impossible d'avoir la moindre idée de l'endroit où cette montre pourrait se trouver 100 ans plus tard, dans l'espace, a-t-il partagé depuis Houston. L'astronaute espère que l'objet pourra lui rappeler tout le chemin parcouru par ses aïeux, mais aussi par l'humanité, en un seul siècle.

Avec des informations de Mathieu Papillon

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