La Vérif : les chefs ont-ils dit toute la vérité pendant le débat?

Les chefs des cinq principaux partis politiques ont échangé pendant deux heures à la Maison de Radio-Canada, à Montréal, à l'occasion du dernier grand rendez-vous électoral avant le scrutin. Leurs propos ont été soumis à notre équipe de vérification de faits. Retour certaines déclarations marquantes.
La CAQ a-t-elle financé un parc de gorilles au Gabon?

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, lors du débat des chefs de Radio-Canada.
Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes
La CAQ a financé avec le Fonds vert des projets comme un parc de gorilles au Gabon.
Ça mérite des nuances.
C’est plutôt le Parti libéral de Philippe Couillard qui a sélectionné et financé un projet d’électrification d’une réserve touristique de gorilles au Gabon, en Afrique.
Une somme de 148 000 $ a été puisée dans le Programme de coopération climatique internationale, lui-même financé par le Fonds vert.
Le ministère de l'Environnement a ensuite abandonné le projet en 2019, quelques mois après l’arrivée au pouvoir de la Coalition avenir Québec (CAQ).
La nouvelle avait été rapportée par le Journal de Montréal la même année.
Quel parti maintiendra les services à la population?

La cheffe de la Coalition avenir Québec, Christine Fréchette, lors du débat des chefs de Radio-Canada.
Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes
Il y a deux collègues ici qui ont passé la ligne définie par la vérificatrice générale comme étant de l'austérité, au sens où on va devoir couper des services aux Québécois.
C’est inexact.
Le Vérificateur général du Québec (VGQ) n'emploie pas le terme austérité
dans son analyse détaillée du Rapport préélectoral.
Le ministère des Finances, dans son rapport, anticipait une croissance annuelle moyenne des dépenses à 2,2 %, ce qui a poussé le VGQ à lancer une mise en garde.
Il existe un risque que de tels niveaux de croissance puissent avoir des conséquences sur les services à la population ou amener l’État à réduire son intervention dans certains secteurs d’activité
, soulignait le VGQ.
Ce ne sont pas deux, mais plutôt trois partis qui se trouvent à 2,2 % ou moins : le Parti conservateur (PCQ), le Parti québécois (PQ) et le Parti libéral (PLQ).
200 000 demandeurs d’asile et travailleurs étrangers?

Le chef conservateur Éric Duhaime lors du débat des chefs de Radio-Canada.
Photo : The Canadian Press / Graham Hughes
Il faut que les gens comprennent la différence entre un travailleur étranger et un demandeur d’asile. On en a 200 000 de chaque présentement en territoire québécois.
Ça mérite des nuances.
En date du 1er avril 2026, le Québec comptait 190 300 demandeurs d'asile, réfugiés et personnes dont la demande a été refusée ou abandonnée, mais qui n'ont pas encore quitté le territoire, selon Statistique Canada.
Ce nombre ne se limite donc pas seulement aux demandeurs d'asile en attente d'un jugement.
Les données de Statistique Canada ne permettent pas de distinguer séparément ces différentes catégories.
En ce qui concerne le nombre de travailleurs temporaires, le Québec en comptait 182 668 en date du 1er avril 2026, toujours selon Statistique Canada.
Plus de 30 000 enfants attendent une place en garderie

La co-porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, lors du débat des chefs de Radio-Canada.
Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes
Ça veut dire 30 000 enfants, qui en ce moment, n’ont pas de place en CPE.
Ça mérite des nuances.
Il y a précisément 30 688 enfants en attente d’une place en garderie au guichet unique, selon le tableau de bord du gouvernement du Québec (nouvelle fenêtre).
Mais ils n’attendent pas tous pour une place dans un Centre de la petite enfance (CPE).
Le réseau comprend aussi des places en garderies privées ainsi qu’en services de garde éducatif en milieu familial subventionnées et non subventionnées.
Peu réaliste de construire les 100 000 logements du PLQ

Le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, lors du débat des chefs de Radio-Canada.
Photo : The Canadian Press / Graham Hughes
Un des grands engagements de ma campagne, c’est de construire à terme 100 000 logements par année.
C’est peu réaliste puisque ça dépasse la capacité de construction du Québec, selon la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL).
Selon son scénario le plus optimiste, le Québec pourrait construire un peu plus de 72 000 logements par année.
La promesse de Charles Milliard est 40 % plus élevée.
La SCHL évalue à un peu plus de 95 000 le nombre d’unités nécessaires annuellement pour retrouver un niveau d'abordabilité prépandémique.
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