La ministre Hajdu compte réduire les interventions de l’État en cas de grève

La ministre de l'Emploi, Patty Hajdu, affirme qu'un projet de loi à venir contribuera à réduire le nombre d'interventions du gouvernement fédéral en cas de grève.
S'adressant samedi aux journalistes sur la Colline du Parlement, Mme Hajdu n'a pas donné beaucoup de détails sur le projet visant à modifier le Code du travail canadien.
Elle a toutefois souligné qu’aucun gouvernement ne souhaite intervenir lors d’une grève et qu’il est dans l’intérêt des parties de résoudre elles-mêmes leurs problèmes à la table des négociations.
Le gouvernement a déjà le pouvoir d'intervenir
, a-t-elle lancé. L'objectif est de réduire le nombre de fois où le gouvernement fédéral est contraint de régler les conflits entre employeurs et syndicats.
Les employeurs et les syndicats sont en profond désaccord sur le recours à l’article 107 du Code du travail. L'article est de plus en plus utilisé pour limiter les arrêts de travail dans des secteurs clés en renvoyant les conflits devant le Conseil canadien des relations industrielles.
Le ministère de l'Emploi et du Développement social a indiqué dans un rapport publié ce mois-ci que les employeurs et les syndicats sont divisés sur l’étendue des pouvoirs dont Ottawa devrait disposer pour intervenir dans les conflits du travail.
Le premier ministre Mark Carney rencontre samedi son groupe parlementaire à Ottawa, alors que les députés se préparent à reprendre leurs travaux à la Chambre des communes la semaine prochaine.
Interventions réservées aux cas d'exceptions
La présidente du Congrès du Travail, Bea Bruske, rappelle que le droit de grève relève de l'intérêt national.
Selon elle, la sécurité économique du Canada dépend du pouvoir des travailleurs de négocier un meilleur salaire, de meilleures conditions de travail et une sécurité d'emploi. Toute nouvelle loi visant à empêcher une grève légale, même avant son déclenchement, affaiblirait ce pouvoir. Le Canada a besoin de travailleurs qui lèvent le poing, qui n'ont pas les mains attachées.
Derrick Hynes, président et chef de la direction de l'Association des Employeurs des transports et communications de régie fédérale, souhaite que les modifications au Code du travail comprennent de nouveaux moyens pour éviter les perturbations catastrophiques
.
Le recours à un médiateur tiers, extraordinaire et neutre, qui pourrait remettre un rapport public sur les négociations et éclairer les mesures gouvernementales, serait un grand pas en avant
, souligne-t-il.
M. Hynes ajoute qu'en de rares circonstances, comme les répercussions d'un arrêt de travail allant à l'encontre de l'intérêt public ou lorsque les négociations sont à l'impasse, le conseil des ministres devrait pouvoir imposer une solution arbitrale contraignante, avant que le mal soit fait
.
Le ministre fédéral des Transports, Steven MacKinnon, a déclaré aux journalistes que le projet de loi ne prenait pas le droit de grève comme cible.
Tout ce que nous voulons, c'est que les ententes se concluent plus facilement
, a-t-il dit.
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