Une ministre chargée d’«accéder à l’indépendance», une première
C’est une première dans l’histoire politique québécoise. En plus de gérer le système d’immigration, l’élue Catherine Gentilcore assume depuis mercredi la charge de ministre responsable de l’Accession du Québec à l’indépendance.
Avant elle, seul Richard Le Hir (1994-1995) avait occupé un poste semblable, celui de ministre délégué à la Restructuration. À ce titre, il devait surtout imaginer le Québec suivant une victoire éventuelle du « Oui » au référendum de 1995.
Dans son nouveau poste de ministre, Catherine Gentilcore devra pour sa part piloter l’organisation d’un troisième référendum sur l’avenir du Québec dans le Canada. Dans le Livre bleu sur l’indépendance du Parti québécois (PQ), il est écrit qu’elle sera notamment appelée à écrire le libellé de la question référendaire soumis d’abord à l’Assemblée nationale.
« Nous avons […] été très clairs pendant la campagne : les Québécois seront invités à se prononcer sur leur avenir dans le Canada après le départ de l’administration Trump de la Maison-Blanche », a souligné le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon, mercredi après sa prestation de serment. « Donc, comme ministre responsable de l’Accession du Québec à l’indépendance, vous [Mme Gentilcore] aurez la responsabilité de préparer ce rendez-vous. »
L’agenda de Catherine Gentilcore est déjà plein, elle qui sera ministre de l’Immigration et de l’Intégration et leader parlementaire du gouvernement. Pour trouver le temps, celle qui est également vice-première ministre comptera sur des « secrétaires parlementaires à l’indépendance », a annoncé PSPP sans les nommer.
« Il y aura une équipe à l’indépendance », a précisé Mme Gentilcore en mêlée de presse quelques heures plus tard. « Donc, moi mon rôle, je le vois plus comme un rôle de chef d’orchestre à cet égard là, c’est-à-dire de faire travailler ce monde-là ensemble, de m’assurer que les dossiers avancent et atterrissent. »
Immigration et gestion des activités parlementaires
Comme leader parlementaire, Catherine Gentilcore aura le mandat de « trouver des voies de passage » dans un Parlement fractionné où son parti détient une minorité de voix. Elle est d’ailleurs devenue la première femme de l’histoire de l’Assemblée nationale à occuper cet important poste.
À la tête du ministère de l’Immigration, elle devra déterminer comment « reprendre le contrôle du système » comme le demande son chef. En campagne, le PQ s’est engagé à réduire les seuils migratoires à 35 000 nouveaux résidents permanents par année et à diminuer de moitié le nombre d’immigrants temporaires.
En cette matière, le gouvernement ne changera pas ses plans, a averti Mme Gentilcore mercredi. « Nos balises sont claires, notre plan est clair », a-t-elle dit, promettant une planification pluriannuelle à la fin du mois de novembre. « On remplira les délais. »
En campagne, Paul St-Pierre Plamondon avait été critiqué par une série de groupes pour ses propos sur l’immigration, après qu’il a associé les politiques migratoires de la Coalition avenir Québec au débordement des écoles et du parc immobilier.
« Nous souhaitons que chaque immigrant ait un parcours de réussite au Québec », a déclaré le premier ministre après la prestation des serments de Catherine Gentilcore. « Et que la situation du logement des services publics et du français se stabilise rapidement au cours des prochaines années. »
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