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Saturday, October 17, 2026

Contestation à Bruxelles et à Liège : les tensions reprennent à Bruxelles

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Le calme semble être revenu vers 20h00 samedi dans le centre de Bruxelles, au terme d'une journée extrêmement mouvementée. La police maintient toutefois une surveillance autour de la place de la Bourse et dans les rues avoisinantes. Selon la police bruxelloise, une dizaine de personnes ont été interpellées dans le courant de la journée.

Entre 18h00 et 19h00, de multiples affrontements avaient encore éclaté aux abords de la place de la Bourse entre les forces de l'ordre et des jeunes manifestants. La police a finalement contraint le groupe à quitter les lieux en recourant à une charge et à des gaz lacrymogènes. Plusieurs blessés étaient à déplorer.

Peu après, un nouveau cortège s'est formé sur le boulevard Anspach et s'est dirigé vers la porte de Ninove via les rues adjacentes. Sur leur trajet, des poubelles ont été renversées et incendiées, tandis que des vélos et trottinettes partagés ont été abandonnés au milieu de la voirie.    

À la suite de diverses interventions et interpellations menées par des policiers en civil, les participants à ce rassemblement se sont également dispersés.

A Liège, les mouvements se sont calmés en fin d'après-midi. Plus tôt, une bonne trentaine de manifestants avaient été encerclés par au moins autant de policiers casqués sur la place Saint-Lambert à Liège, à l'entrée de la galerie commerciale du même nom, a constaté Belga sur place. Une autopompe a projeté de l'eau sur les manifestants. Autour du dispositif, des personnes scandaient "Libérez nos camarades". 

Aux alentours de 15h30, les véhicules de police ont quitté les lieux. Les manifestants se sont rassemblés entre les places Saint-Lambert et de l'Opéra. Une heure plus tard, la police indique que le cortège se déplace en direction des Guillemins en empruntant le Boulevard d'Avroy dans le calme.

Les manifestants se dirigent vers la gare des Guillemins dans le calme. © RTBF

Vers 13h15, le cortège avait bloqué plusieurs axes de circulation dans le secteur du Cadran, dont l'accès à l'autoroute en direction de Burenville. Certains manifestants avaient commencé à déplacer des barrières pour dresser des barricades, avant l'arrivée de la police qui a dissipé la foule.  

Celle-ci estime que 200 à 250 personnes avaient pris part au rassemblement initial, vers 10h00, devant la gare des Guillemins, à Liège, pour dénoncer les mesures d’austérité et les réformes touchant notamment l’enseignement. Le cortège a pris la direction du centre-ville vers 11h00, dans le calme, a constaté Belga sur place. Seul un sit-in empêchait les bus de circuler place Saint-Lambert.

Au Cadran, Belga a constaté que le rassemblement se déroulait dans un calme relatif, les manifestants scandant notamment le slogan anti-police "ACAB" en chœur.

Diverses revendications

Pancartes et slogans accompagnaient les manifestants liégeois, parmi lesquels figuraient également des travailleurs et des parents. Les personnes interrogées exprimaient des préoccupations dépassant le seul cadre scolaire, évoquant les conditions de travail, les services publics et les inégalités sociales.

Venu en famille, Alek, un jeune travailleur dans le secteur de l’éducation spécialisée, explique constater les conséquences du manque de moyens tant sur les bénéficiaires que sur les travailleurs. Il dénonce les choix budgétaires du gouvernement, notamment les dépenses consacrées à l’armement.

Simon, élève à l’athénée Léonie de Waha, mobilisé depuis deux semaines dans le cadre des blocus scolaires, cite les réformes concernant les étudiants, le TEC et le minerval. Il inscrit aussi sa participation en soutien à la mobilisation annoncée ce samedi en France. Au-delà de l’enseignement, il dénonce les inégalités et la précarité, qui risquent, selon lui, de pousser des jeunes à abandonner leurs études.

Son père, Benoît, enseignant en haute école, souligne la pression financière qu’il observe dans ses classes, où des étudiants doivent concilier études et emploi. Sa mère, Marie, regrette pour sa part que le reste de la société ne se mobilise pas davantage aux côtés des jeunes.

Alice, une autre participante, explique être venue soutenir un mouvement social dont elle estime les revendications insuffisamment entendues. Si elle déplore les dégradations, elle rappelle que des mobilisations passées ont aussi été émaillées de dégâts et estime que ceux-ci contribuent souvent à faire bouger les choses.

Vers 12h45, nos reporters sur place nous rapportent que le groupe était de retour Place Saint-Lambert après un tour jusqu'à la cathédrale. Plusieurs appels à la mobilisation ont circulé sur les réseaux sociaux, évoquant entre autres un possible rassemblement place Saint-Lambert samedi après-midi.

À Bruxelles, départ Gare centrale vers la gare du midi

Dans la capitale, entre 500 et 600 personnes, jeunes et adultes, se sont rassemblées vers 10 heures aux abords de la gare Centrale. Des professeurs et militants syndicaux figuraient parmi les manifestants.

Un nouvel appel au rassemblement a été lancé pour ce samedi, après les échauffourées qui avaient opposé le 9 octobre dernier police et jeunes, en marge de la manifestation syndicale. La manifestation n'était pas autorisée dans un premier temps puis a reçu l'autorisation de poursuivre jusqu'à la gare de Bruxelles-Midi.

"Siamo tutti antifascisti", "Acab", "À bas l’Arizona"… Samedi matin, le groupe scandait des slogans antifascistes, contre la répression policière et contre la politique du gouvernement fédéral. La police bruxelloise était présente en nombre dans les environs et a déjà contrôlé et fouillé plusieurs personnes. On pouvait aussi lire des pancartes en lien avec les inquiétudes des jeunes : "Génération Z, parce que la dernière". La situation était calme vers 10h30.

Peu après 11h30, le groupe a finalement obtenu l’autorisation de prendre le Boulevard de l'Empereur et de rejoindre la Gare du midi. Nos reporters sur place décrivent un groupe très mobile. Ils se sont arrêtés quelques minutes boulevard de l’Empereur et puis sont repartis. La police tente de maîtriser le mouvement en bloquant certains accès.

Affrontements entre police et manifestants près de la Gare du midi

Vers 12h30, près de la Gare du midi, nos journalistes sur place décrivaient une situation qui se tendait. Des manifestants se sont emparés de grilles de chantier pour ériger une barricade et ont lancé des projectiles contre les forces de l'ordre. La police a fait usage de canons à eau et de gaz lacrymogènes. Elle a fini par charger vers la foule. Des arrestations, parfois musclées, ont eu lieu.

Après un jeu du chat et de la souris dans les rues d'Anderlecht, la police bruxelloise a stoppé le groupe de manifestants sur la place Albert Ier. Là, plusieurs petits groupes de manifestants ont été encerclés par des agents armés. De temps à autre, un manifestant a été isolé du groupe et arrêté.

En chemin, les manifestants avaient incendié des vélos et des trottinettes en libre-service ou s'en étaient servis pour ériger des barricades, mais il ne semble pas y avoir eu de dégâts plus importants.

Reprise des troubles dans le centre de Bruxelles

Plusieurs troubles ont à nouveau éclaté en après-midi dans le centre-ville de Bruxelles, a constaté Belga sur place.

Selon les informations de la police, un groupe d'environ 300 jeunes s'est détaché du rassemblement et s'est dirigé vers la place de la Bourse. Plusieurs troubles à l'ordre public ont été constatés. "Un véhicule a été endommagé à hauteur du boulevard de Stalingrad, des poubelles, conteneurs à déchets, trottinettes en libre-service ainsi que divers autres matériaux ont été incendiés. Et, lors d'un jeu du chat et de la souris avec les forces de l'ordre, des projectiles ont été lancés en direction des policiers", écrivent les forces de l'ordre dans un communiqué.

D'autres dégradations ont aussi été constatées au niveau de l'avenue de Stalingrad et sur la place de Dinant. 

Enfin, d'importants dégâts ont aussi été observés dans le quartier des Marolles. Le siège de la fédération bruxelloise du PS a notamment été attaqué et ses vitres ont été brisées. "La mise à sac du siège de la Fédération bruxelloise du PS est inacceptable et doit être fermement condamnée", a d'ailleurs indiqué samedi soir le parti socialiste sur X. "Le droit de manifester est fondamental. Le droit de contester aussi. Mais aucun désaccord ne justifie la casse, les dégradations ou les intimidations".

Vers 15h40, un important groupe se trouvait sur la place de l'Albertine, attenante à la gare Centrale. Des affrontements avec la police y ont éclaté à plusieurs reprises. Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogène et dix personnes ont été arrêtées selon les informations de la police.   

Ce groupe comprend de très nombreux mineurs, dont certains seraient âgés de moins de 12 ans.

"Par ailleurs, trois véhicules en feu ont été signalés sur la place de la Querelle, entraînant l'évacuation temporairement d'un bâtiment en raison des dégagements de fumée. L'origine de ces incendies reste à déterminer", écrit la police dans un communiqué. 

Les transports en commun perturbés

Plusieurs stations de métro ont été fermées à la demande de la police en raison des émeutes dans le centre de Bruxelles, a indiqué une porte-parole de la Stib. Plusieurs lignes de bus et de tram sont également interrompues.

Les stations de métro Lemonnier, Bourse et Anneessens sont entièrement fermées. Celles de De Brouckère, Gare du Midi et Hôtel des Monnaies sont partiellement inaccessibles

Bernard Quintin condamne une violence pure et simple

Alors que le calme semble être en grande partie revenu à Bruxelles en fin d'après-midi, le ministre de l'Intérieur Bernard Quintin (MR) a condamné les nouvelles émeutes survenues à Bruxelles. Ce qui a débuté comme une manifestation de jeunes à la gare Centrale s'est transformé en émeutes et en un jeu du chat et de la souris de plusieurs heures avec les forces de l'ordre.

Selon Bernard Quintin, il ne s'agit plus d'une action de protestation. "C'est de la violence pure et simple, organisée et répétée pour déstabiliser notre société. La police fédérale soutient la police locale", a-t-il précisé.  

Le ministre promet que "tous les moyens nécessaires seront utilisés pour rétablir l'ordre face aux émeutiers".

A 17h, aucun incident n'était plus à signaler aux abords de la gare Centrale ni dans le quartier des Marolles.

Un important groupe de manifestants et de jeunes s'est néanmoins rassemblé sur la place de la Bourse, scandant des slogans hostiles à la police. Deux canons à eau et de nombreux policiers en tenue anti-émeute se trouvent toujours dans les environs. L'atmosphère reste tendue, mais aucun nouvel incident n'est à déplorer pour le moment.

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