Pas de majorité en vue en Israël, le président veut éviter de nouvelles élections
Le président israélien a appelé mercredi les partis politiques à « tout faire » pour former une coalition gouvernementale et éviter un retour aux urnes, aucune majorité ne se dessinant pour l’heure après les élections législatives marquées par une percée spectaculaire des partis arabes.
Avec 85 % des bulletins comptabilisés, le Likoud (droite) de M. Nétanyahou et ses alliés ont une courte avance sur le bloc principal de l’opposition emmené par le centriste Gadi Eisenkot, avec un nombre de sièges estimé à 54 contre 49 pour le camp adverse. Soit loin des 61 nécessaires pour obtenir une majorité au Parlement.
Les résultats définitifs sont attendus d’ici vendredi matin. Puis le président Isaac Herzog, au rôle habituellement largement honorifique, recevra les chefs des différents partis avant de désigner l’un d’eux pour tenter de former un gouvernement.
En cas d’échec, un nouveau scrutin serait « inévitable », a averti le chef d’État qui veut, au vu de la participation massive des électeurs, éviter ce scénario récurrent dans l’histoire d’Israël.
Cible préférée de Benjamin Nétanyahou pendant la campagne, les partis arabes — Raam (Liste arabe unie, islamiste modéré) et la Liste unifiée (extrême gauche) -, s’imposent de plus en plus comme potentiels faiseurs de rois. Ils semblent en passe de rafler 17 sièges, un record.
« Beaucoup de suspicion et de peur »
Le chef de la Liste unifiée, Youssef Jabareen, a appelé à conclure un « véritable partenariat judéo-arabe » pour faire tomber M. Nétanyahou, 77 ans dont 19 à la tête du gouvernement, une longévité inégalée en Israël.
Comme le dirigeant de Raam, il s’est dit ouvert à une alliance avec M. Eisenkot pour former une majorité — une idée que le centriste avait juré ne pas envisager pendant la campagne.
Car un tel partenariat est loin d’être évident dans un pays où la minorité arabe, près de 20 % de la population, est fortement discriminée et où l’idée de travailler avec ses représentants est inacceptable pour une partie de la population juive.
« La participation arabe a augmenté de façon vraiment spectaculaire, au point de transformer le paysage » politique, analyse Gideon Rahat, politologue à l’Université hébraïque de Jérusalem.
Mais le 7-Octobre a généré « beaucoup de suspicion et de peur » au sein de la majorité juive envers la minorité arabe, dit-il à l’AFP.
Le chef de la gauche — aujourd’hui largement minoritaire en Israël — Yaïr Golan, membre du bloc emmené par Gadi Eisenkot, a été le seul à ce stade à appeler de ses vœux une telle alliance.
« Nous ne devons plus accepter la division raciste de Nétanyahou entre les voix juives et les voix arabes », a-t-il écrit mercredi sur X. « Nous avons une responsabilité. Et nous avons l’opportunité de former un gouvernement de changement en partenariat avec les citoyens arabes d’Israël ».
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