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Tuesday, October 27, 2026

Que signifie une hausse du taux directeur pour votre portefeuille?

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La Banque du Canada pourrait relever légèrement son taux directeur mercredi, une première depuis juillet 2023. La dernière fois que le taux directeur a été augmenté, il était passé de 4,75 % à 5 %. Le taux se situe actuellement à 2,25 %. Il est resté inchangé depuis huit mises à jour, sur 11 mois, mais cette situation pourrait changer sous peu.

Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a indiqué récemment qu’il pourrait être nécessaire de hausser les taux d’intérêt si les prix de l’énergie restaient élevés. Lors d’une table ronde avec les médias organisée en Thaïlande, il a souligné qu’il n’y avait aucune solution en vue au conflit au Moyen-Orient et que ce dernier influait sur les prix de l’essence.

En augmentant son taux directeur, la Banque du Canada suivrait la Réserve fédérale américaine (Fed), qui a relevé son taux de 0,25 point de pourcentage à la mi-septembre, motivée par l’inflation élevée.

La cible d’inflation de la Banque du Canada est d’environ 2 % annuellement, ou dans la fourchette de 1 % à 3 %. En septembre, l’inflation au Canada a augmenté légèrement, s’établissant à 3,1 %, poussée justement par la flambée des prix de l’essence.

On peut s’attendre à ce que la situation s’aggrave, car les dernières données sur l’inflation publiées par Statistique Canada montrent que la hausse des prix des carburants ne s’est pas encore répercutée de manière significative sur d’autres secteurs de l’économie.

Les économistes et les négociateurs sont de plus en plus nombreux à s’attendre à une hausse du taux directeur afin de freiner l’inflation. La semaine dernière, la Banque de Montréal, RBC Dominion Securities et le Mouvement Desjardins ont revu leurs prévisions en vue de l'annonce à venir le 28 octobre : celles-ci sont passées d’un statu quo (taux directeur stable à 2,25 %) à une hausse du taux directeur.

Des répercussions considérables sur le marché immobilier

Un immeuble à logements.

Les propriétaires qui ont contracté des prêts hypothécaires à taux variable verraient leurs paiements gonfler immédiatement en cas de hausse du taux directeur. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Selon les spécialistes des prêts hypothécaires et de crédit, une hausse des taux d’intérêt aurait des répercussions importantes sur le marché immobilier canadien.

Les propriétaires qui ont contracté des prêts hypothécaires à taux variable verraient leurs paiements gonfler immédiatement. Sur un prêt hypothécaire de 300 000 $, un paiement aux deux semaines serait majoré d'environ 15 $ dans le cas d'une hausse du taux directeur de 25 points de base.

Les nouveaux emprunteurs qui optent pour un prêt à taux fixe auront aussi une facture plus salée. Ceux qui ont opté pour des prêts à taux fixe quand le taux directeur était plus bas verront leur taux augmenter lors de leur renouvellement, à la fin de leur terme.

À l'échelle du marché immobilier, ces conditions pourraient entraîner une diminution du nombre potentiel d'acheteurs. Par conséquent, le rapport de force passerait des vendeurs aux acheteurs potentiels qui seront en mesure d'obtenir le financement requis.

Le marché immobilier est pour ainsi dire à genoux en ce moment, et une hausse des taux revient à lancer une ancre à quelqu’un qui se noie, a déclaré en entrevue avec CBC News Scott Terrio, responsable du dossier de l’insolvabilité des consommateurs chez Hoyes Michalos & Associates, une firme établie en Ontario.

La confiance des acheteurs actuels est incroyablement faible partout au pays, souligne Ben Rabidoux, de la société ontarienne Edge Realty Analytics, en raison des nombreuses incertitudes économiques, que ce soit la guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis ou l’impact de l’intelligence artificielle sur l’emploi.

Lorsque l’on examine les ventes de maisons par habitant, on constate que nous sommes déjà revenus au niveau des années 1990, une période marquée par une récession vraiment terrible.

Une baisse progressive des prix des maisons dans les trois ou six prochains mois est tout à fait plausible, selon lui, si les taux d’intérêt commencent à augmenter.

Les propriétaires qui mettent leur maison en garantie pour accéder à un prêt seront également directement touchés par une hausse du taux directeur, car la plupart du temps, les taux d’intérêt des marges de crédit hypothécaires sont des taux variables.

Utiliser sa marge de crédit coûtera aussi plus cher, car les taux d’intérêt de ces marges sont directement liés au taux préférentiel – le taux d’intérêt offert par les banques à leurs meilleurs clients d’affaires – et celui-ci est lié au taux directeur. La même logique s'applique aux autres nouveaux prêts à taux fixes : les taux offerts refléteront un taux directeur relevé. On pense par exemple au financement des véhicules neufs.

Comment tirer profit d’une hausse du taux directeur?

Les ménages qui ne sont pas propriétaires et qui investissent plutôt leurs économies au lieu de rembourser une hypothèque pourraient s’en tirer à meilleur compte.

Les épargnants pourraient bénéficier d’une augmentation des taux d’intérêt versés par leur institution financière. Toutefois, ces intérêts sont souvent si bas que les épargnants ne risquent pas d’y voir une grande différence.

Hausser le taux directeur pour contrer l'inflation

Derek Holt, chef de l’économie des marchés financiers à la Banque Scotia, fait partie des observateurs qui préconisent une hausse des taux. Ce n’est pas une certitude, mais il y a probablement suffisamment d’éléments à l’appui d’une hausse du taux, a-t-il écrit lundi dernier dans une note de recherche.

Attendre encore plus longtemps pourrait mettre la Banque du Canada encore plus à la traîne face aux risques à la hausse de l’inflation qui se profilent, compte tenu notamment des effets à long terme et différés des ajustements de la politique monétaire, ajoute-t-il.

Son avis est partagé par David Doyle, économiste chez Macquarie Group, qui prévoit que la Banque du Canada relèvera son taux directeur de 125 points de base d’ici la fin de 2027.

Notre scénario de base demeure celui d’une hausse des taux lors de la réunion de ce mois-ci, a-t-il écrit lundi dernier dans une note adressée à ses clients. Nous continuons de prévoir un cycle de hausses de taux régulières à l’avenir.

Une hausse du taux directeur signifie que les consommateurs paieront davantage pour rembourser leurs prêts (hypothécaires ou autres) et qu’ils devront faire des choix. Une situation qui peut décourager les emprunts et pousser les consommateurs à réduire leurs dépenses, ce qui ralentit l’économie et freine l’inflation.

Depuis décembre 2000, la Banque du Canada publie son taux directeur huit fois par an, à des dates prédéterminées. Les deux dernières annonces pour 2026 auront lieu les 28 octobre et 9 décembre.

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