The Daily Newsstand · Free, Always
Friday, October 23, 2026

Abuja, les enjeux urbains d'une capitale nigériane: le conflit urbano-pastoral [1/2]

Translate

Dans la capitale du Nigeria, Abuja, le spectacle de troupeaux broutant le long d’axes routiers ou traversant des quartiers résidentiels n’étonne plus vraiment.
Face à l'extension et à l'urbanisation de la capitale, la cohabitation entre citadins et éleveurs nomades est devenue un casse-tête pour les autorités, qui tentent aujourd'hui de négocier la sortie définitive du bétail du centre-ville. Les éleveurs se disent prêts à se relocaliser, à condition d’obtenir la garantie de meilleures conditions pour leurs animaux et leur sécurité.

De notre correspondante de retour d'Abuja,

Voitures, tricycles, motos et badauds sont à l’arrêt momentanément dans l’une des artères principales du quartier de Garki, pour laisser passer la vingtaine de vaches d’Hamet, 11 ans, et de son grand frère. Lorsqu’on demande au jeune garçon pourquoi ils se trouvent en ville et non en brousse, il répond simplement à la volée : « La brousse, il n’y a plus de brousse ici ! »

Lorsqu'Abuja a été bâtie il y a une cinquantaine d’années, on y trouvait des espaces de pâturage en abondance. Entre 2016 et 2025, la ville a perdu 23% de ses espaces végétaux, selon une analyse géospatiale de l'International Journal of Research and Innovation in Social Science.

Jamilu Sani, boucher, est installé depuis 20 ans à Mpape, dans la banlieue d’Abuja, et il ramène du bétail depuis l’État de Nasarawa voisin. Pour lui, les éleveurs n’ont pas d’autre choix que d’occuper l’espace urbain. « Le principal problème, c’est que les vaches n’ont nulle part où aller pour se nourrir, pointe-t-il. En ville, on trouve la nourriture à laquelle les vaches sont habituées. S’ils veulent qu’on arrête de les faire paitre en ville, alors ils doivent nous trouver des zones dédiées. »

À écouter dans Autour de la questionQuelles villes pour demain?

Améliorer les zones de pâturage

Officiellement, il existe 417 zones de pâturage dédiées, dont 4 dans le territoire de la capitale. Pour le moment, les éleveurs estiment qu’elles ne sont pas en état d’être utilisées. « Elles sont là, mais elles ont été massivement accaparées par le pouvoir politique et des acteurs économiques, explique Bello Aliya Gotomo, secrétaire général national de l'Association des éleveurs de bétail Miyetti Allah du Nigeria (Macban). Donc, en réalité, le fait est qu’elles sont là, mais certaines réglementations n’ont pas été appliquées, donc elles ne sont pas correctement utilisées. En outre, certaines d’entre elles ont été occupées par des bandits, ce qui n'est pas rassurant. Elles ne sont plus accessibles pour les éleveurs. »

Mi-octobre, le ministre de l’Élevage Alhaji Idi Mukhtar Maiha a assuré travailler à une réhabilitation complète de ces zones de pâturages sur le modèle de ranchs. Elles devront, selon ses mots, être « dotées des installations et des commodités nécessaires aux éleveurs, à leurs familles et à leurs animaux » avant de lancer une campagne d’incitation à la relocalisation.

À lire aussiAu Nigeria, les chauffeurs sont toujours en colère un mois après le départ d'Uber

View the original on RFI →

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.