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Wednesday, October 7, 2026

Hausse des prix du TEC : le modèle d'abonnement à douze euros "n'a pas porté ses fruits", se défend son porte-parole

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La polémique porte notamment sur les abonnements Express pour les jeunes, dont le tarif annuel pourrait atteindre 384 euros, contre 12 euros auparavant. Une augmentation spectaculaire que LETEC justifie par l’évolution de son modèle de financement. Depuis septembre, "LETEC a plus d'autonomie sur les tarifs qu'avant", explique Stéphane Thiery, l'entreprise reste toutefois soumise aux orientations de la Wallonie.

Cette autonomie s'accompagne d'un objectif fixé par le gouvernement : faire passer la part du coût des transports assumée par les usagers de 10 à 14 %. "Si je prends un exemple d'un transport qui coûte 10 euros, aujourd'hui le client wallon paie 1 euro et le gouvernement en paie 9. En février 2027, le client payera 1,4 euro et le gouvernement en payera 8,6", expose ainsi le directeur marketing et porte-parole du TEC.

À une précision près : la demande de François Desquesnes, ministre wallon de la Mobilité, de revoir le tarif des jeunes, n'est pas encore actée. "On a entendu le message, mais ça devra passer par une réflexion, par une analyse, par le conseil d'administration", précise le porte-parole du TEC.

Les 384 euros d'abonnement ne concernent qu’une minorité

Pour LETEC, la polémique autour des 384 euros doit également être replacée dans le contexte de l’ensemble de la grille tarifaire. La majorité des jeunes abonnés utilisent en effet les lignes classiques, dont le tarif reste beaucoup plus bas. "La majorité de nos jeunes abonnés 12-25 sont sur des lignes classiques qui coûtent quinze euros par mois", rappelle Stéphane Thiery. Les lignes Express concernées représentent, selon lui, 4,5 millions de validations annuelles, sur un total de 150 millions.

LETEC défend également le maintien de plusieurs tarifs préférentiels :

  • Gratuité pour les moins de 12 ans,
  • Tarif réduit pour les bénéficiaires de l'intervention majorée,
  • Réduction pour les seniors,
  • Et maintien d'une réduction de 20 % pour les familles nombreuses.

"Douze euros, ça n'amène pas beaucoup de monde"

Autre justification avancée : le bilan de l’abonnement à douze euros lancé pour les jeunes. Cette mesure devait notamment inciter les adolescents et jeunes adultes à privilégier les transports en commun plutôt que la voiture. Mais selon une étude externe citée par le TEC, l’expérience n’aurait pas produit les effets escomptés. "L'étude qui a été menée par un organisme externe est très claire et montre que ce modèle-là, où on dit au jeune que ça va être douze euros par an, un euro par mois, pour aller sur toutes les lignes de la Wallonie, n'a pas porté ses fruits".

Pour Stéphane Thiery "le prix, ça n'est pas le facteur déterminant. Alors évidemment, il faut que le prix soit à la hauteur du service, j'en conviens. Mais ce n'est pas la première chose que le client attend". La priorité qu'il donne reste donc la qualité et la fiabilité du réseau : "Le client, il attend un bus à son arrêt, à l'heure où il le souhaite, pour aller à sa destination et dans les meilleures conditions possibles".

Le défi des zones rurales

Au-delà des tarifs, l’autre enjeu majeur concerne la desserte des zones rurales. LETEC reconnaît que son modèle actuel, basé sur quelques passages quotidiens, répond surtout aux déplacements scolaires et moins aux besoins de mobilité durant la journée. 

LETEC expérimente donc actuellement, dans six zones rurales, un système de transport à la demande. Le principe : réserver son trajet via une application afin qu'un véhicule vienne chercher l’usager. Une solution qui doit permettre de répondre à une demande plus flexible, alors que la fréquence des lignes traditionnelles reste limitée.

Pour Stéphane Thiery, cette évolution s’inscrit dans une transformation plus large du réseau, qui est "une matière vivante". Et face à la hausse des tarifs, le défi sera désormais de convaincre les usagers que cette augmentation s’accompagnera effectivement d’un meilleur service.

► Écoutez ci-dessus l'intégralité de cette interview, ainsi que l'intervention de Jean Mansuy, Chargé de mission Mobilité chez Canopea, dans le podcast du Monde en direct.

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