Résultats financiers | Les amendes rapportent gros à la Ville de Montréal

Les Montréalais sont de plus en plus mis à l’amende, générant ainsi des revenus importants pour l’administration Martinez Ferrada. Jusqu’ici en 2026, près de 185 millions de dollars ont été dégagés grâce à ces pénalités, une hausse de plus de 20 % par rapport à la même période l’an dernier.
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C’est ce qu’on apprend dans l’État des revenus et des charges de la Ville au 31 août 2026, rendu public sans tambour ni trompette dans les documents du prochain conseil municipal, prévu ce lundi 19 octobre à l’hôtel de ville.
Selon ce rapport, une somme supplémentaire de 15,6 millions a déjà été perçue grâce à des constats d’infraction, une situation découlant « principalement de la majoration des tarifs moyens et de l’augmentation du nombre de constats délivrés par les préposés au stationnement (+8,8 %) ».
En soi, ce n’est pas une surprise. Dès le début de l’année, dans son budget présenté en janvier, l’administration montréalaise de Mme Martinez Ferrada s’était donné l’objectif de facturer pour environ 240 millions d’amendes.
Sur toute l’année dernière, à titre comparatif, environ 216,5 millions avaient été récoltés grâce aux contraventions municipales.
Au printemps, La Presse avait par ailleurs rapporté que la métropole ne fait plus que demander aux citoyens de faire leur part pour nettoyer le devant de leur résidence ; elle remet aussi de plus en plus souvent de sanctions financières aux citoyens négligents, parfois dès une première infraction.
Il reste que la contravention pour le manque de respect de l’entretien des rues est de loin l’amende la plus courante. D’avril à novembre, c’est le tiers des contraventions. Signe que de nombreux automobilistes se font prendre par surprise par le retour de cette règle, c’est en avril où la Ville émet le plus de constats.
Une grève et plus d’incendies
Plusieurs facteurs imprévus ont contribué à faire monter la facture refilée aux Montréalais, semble se justifier la Ville de Montréal. D’abord, une hausse de 12,5 millions des revenus liés aux frais d’émission de procédures, ce que la municipalité justifie par « un volume important de facturation découlant des activités de rattrapage effectuées à la suite de la grève de Postes Canada », en 2024 et en 2025.
Le débrayage des employés de l’agence fédérale s’était échelonné sur plus d’un mois il y a deux ans, et sur tout près de deux autres l’an dernier, avant que des ententes de principe ne soient finalement conclues.
Mais aussi, les fonctionnaires de la ville-centre pointent une hausse globale de presque 5 millions des revenus d’amendes grâce à « l’augmentation du nombre des alarmes incendie ainsi qu’à une légère croissance des revenus découlant de l’application des règlements municipaux ».
Au début de l’année, on prévoyait pourtant une baisse à ce chapitre. Déjà l’an dernier, les pompiers de Montréal avaient été appelés à intervenir sur le terrain à plus de 140 000 reprises, une tendance qui serait surtout liée au vieillissement de la population et à l’augmentation des maladies chroniques.
La hausse des interventions des pompiers peut aussi s’expliquer par le fait que l’année 2025 a été marquée par plusieurs évènements majeurs. Parmi eux, le Service de sécurité incendie (SIM) évoque notamment les six vagues de froid extrême survenues durant la saison hivernale l’an dernier, mais aussi les inondations printanières, deux épisodes de grande chaleur et un épisode de smog.
Jusqu’ici cette année, la Ville a dégagé des revenus de taxes d’environ 4,5 milliards de dollars, soit une augmentation de plus de 200 millions par rapport à la même période en 2025. Outre la taxe foncière, qui pèse lourd dans les revenus municipaux, il y a aussi la taxe spéciale pour les activités financières, la taxe relativement à l’amélioration du service de l’eau et la taxe sur les parcs de stationnement qui ont rapporté davantage de revenus.
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