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Thursday, October 15, 2026

L’humanité échoue à protéger la vie sur Terre

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Quatre ans après la signature à Montréal d’un accord mondial censé permettre de freiner le déclin de la vie sur Terre, le constat est sans appel : l’humanité est engagée sur la voie d’un échec qui menace rien de moins que sa survie, prévient l’ONU dans un nouveau rapport qui met en lumière un manque flagrant d’ambition à s’attaquer aux causes des reculs de la biodiversité.

Même si 196 États se sont formellement engagés en 2022 à freiner la destruction massive de la biodiversité, et donc des fondements de la vie sur Terre, le bilan que dressent les experts à la lumière des mesures prises depuis la signature de l’accord Kunming-Montréal démontre que l’humanité ne fait toujours pas le nécessaire pour passer des discours vertueux aux actions concrètes.

Le cadre mondial adopté il y a de cela quatre ans prévoyait pourtant une liste de 23 « cibles » établies à partir des constats et des recommandations des scientifiques pour préserver la biodiversité, qui est essentielle à notre existence au quotidien.

Cette liste comprend notamment l’objectif de protéger 30 % des milieux naturels terrestres et marins d’ici 2030, la volonté d’utiliser les ressources planétaires de manière « durable », le souhait d’intégrer la prise en compte de la valeur de la biodiversité dans les politiques publiques, l’engagement à lutter contre la pollution et de réduire le financement des projets destructeurs pour la biodiversité. Tout cela devait être accompagné d’un financement à la hauteur des engagements des pays.

« Lacunes »

À mi-parcours, tout indique que nous sommes collectivement engagés sur une dangereuse trajectoire d’échec. « À moins que la mise en œuvre collective ne s’accélère rapidement, les objectifs de 2030 et la mission ne seront pas atteints », conclut cet « État des lieux des actions en faveur de la biodiversité », rendu public jeudi en prévision de la 17e Conférence des Parties de la Convention sur la diversité biologique (COP17). La rencontre se tient du 19 au 30 octobre en Arménie.

« Bien que les Parties et d’autres acteurs aient pris des mesures pour répondre aux 23 cibles, aucune de ces cibles ne présente un bilan entièrement positif », précise le rapport, qui analyse chaque objectif fixé en 2022, pour l’horizon 2030. D’une cible à l’autre, les experts répètent que les « lacunes » sont importantes, principalement en ce qui a trait aux actions posées à l’échelle nationale par les États signataires pour respecter les engagements qu’ils ont eux-mêmes pris face à la communauté internationale.

En tête de liste des « cibles » de l’accord Kunming-Montréal, la préservation de 30 % des milieux naturels terrestres et marins d’ici la fin de la décennie n’est pas en voie de se réaliser. À peine 10 % des océans, berceaux de la vie et écosystèmes essentiels pour des milliards d’êtres humains, sont aujourd’hui protégés.

Le financement de la mise en œuvre des différentes cibles accuse aussi de sérieux retards. Les objectifs requièrent des investissements annuels de près de 200 milliards de dollars, alors que les sommes disponibles ne dépassent pas les 25 milliards, constatait d’ailleurs à la fin septembre un rapport publié par les organisations de protection de la nature Campaign for Nature et Together for the Ocean.

A contrario, les subventions nuisibles à la biodiversité demeurent très élevées, avec des montants globaux dépassant les 2500 milliards de dollars par année. Le soutien des États à l’industrie des énergies fossiles, comme on le voit au Canada, arrive au premier rang de ces secteurs reconnus pour contribuer au déclin de la biodiversité.

Prenant acte des nombreux retards par rapport aux engagements, le rapport de l’ONU prévient que « si ces lacunes et ces obstacles ne sont pas traités de toute urgence, il ne sera pas possible d’atteindre les objectifs et la mission fixés pour 2030, ce qui compromettra la réalisation des objectifs et de la vision pour 2050 ».

Sous-secrétaire général des Nations unies et directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour l’environnement, Inger Andersen a d’ailleurs tenu à rappeler jeudi que l’accord mondial qui doit être mis en œuvre avec davantage d’ambition « est notre feuille de route pour protéger la nature et rétablir la paix avec elle ».

Or, a-t-elle ajouté, le rapport « révèle une réalité qui donne à réfléchir : nous sommes toujours loin d’atteindre nos objectifs collectifs. La biodiversité même dont nous dépendons a besoin de progrès concrets, et non de nouvelles promesses. Ce bilan mondial est un appel clair à l’action : nous pouvons encore nous remettre sur la bonne voie et protéger les populations et la planète, mais seulement si nous agissons dès maintenant. »

« La biodiversité est le fondement de la vie sur Terre. La préservation de la diversité biologique est essentielle à la santé de notre planète, à la résilience de nos économies et au bien-être de tous », a pour sa part fait valoir le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres.

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