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Wednesday, October 14, 2026

Les États-Unis disent non aux observateurs étrangers lors des élections de mi-mandat

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Les élections américaines de mi-mandat en novembre prochain vont devenir les premières en 20 ans à ne pas pouvoir être suivies de près par des observateurs électoraux étrangers.

Le gouvernement de Donald Trump a décidé en effet de rompre avec une vieille tradition électorale en refusant d’accueillir cette année sur son territoire les représentants de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) chargés d’observer et de rendre compte du déroulement du scrutin, comme elle le fait depuis la présidentielle de 2002.

Un geste remarqué qui témoigne autant de la distance que cherche à prendre le populiste avec les organisations internationales que de ses tentatives d’éroder la démocratie américaine depuis sa reprise brutale du pouvoir en 2025.

« La décision du gouvernement Trump de ne pas inviter d’observateurs internationaux aux États-Unis est profondément contraire à l’esprit de liberté, de démocratie et de transparence qui définit nos élections », a dénoncé dans les derniers jours la sénatrice démocrate du New Hampshire Jeanne Shaheen, membre de la Commission sénatoriale sur les relations internationales, par voie de communiqué. Elle exhorte au passage le gouvernement américain à revenir sur sa décision et « à veiller à ce que les États-Unis se conforment aux mêmes normes que celles que nous attendons de toute autre démocratie ».

Pas pour « livrer un jugement sur un pays »

En excluant les observateurs étrangers du scrutin de novembre, les États-Unis rejoignent ainsi la Russie et la Biélorussie, deux régimes autocratiques, qui rejettent la présence des représentants de l’OSCE lors de leurs élections.

La décision semble toutefois contraire aux engagements pris par tous les États membres de l’OSCE, dont les États-Unis font partie : en signant le Document de Copenhague de 1990, ils se sont engagés à accepter la présence d’observateurs internationaux lors de leurs scrutins pour en assurer la transparence. Ce texte affirme, entre autres, que le respect du pluralisme et de l’État de droit sont indispensables pour garantir les droits de la personne.

« Depuis plus de vingt ans, le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme (BIDDH) de l’OSCE [instance chargée de l’observation des élections] a tissé des liens constructifs avec les autorités et les acteurs du processus électoral aux États-Unis, et nous regrettons de ne pouvoir poursuivre ce travail lors des prochaines élections de mi-mandat », a résumé Maria Telalian, directrice de ce Bureau, dans une déclaration écrite. « L’observation électorale ne vise pas à livrer un jugement sur un pays ou ses institutions. Elle offre aux électeurs, aux administrateurs électoraux, aux candidats et au grand public une évaluation indépendante et objective du processus électoral. »

Le Canada a ouvert ses portes à ces observateurs lors des élections fédérales anticipées d’avril 2025.

Sur les ondes de MSNOW, un porte-parole du département d’État a justifié la décision du régime Trump de ne pas inviter d’observateurs internationaux cette année en expliquant que l’OSCE « devrait concentrer ses ressources limitées sur les élections où son impact peut être le plus important ».

La Maison-Blanche, pour sa part, a souligné qu’« aucune autre nation n’a fait plus pour faire avancer la cause de la liberté humaine et du gouvernement représentatif. Les élections américaines seront administrées, suivies et observées par les citoyens américains », a déclaré Lauren Bis, porte-parole de l’exécutif américain, cité par le quotidien politique The Hill.

Perturbations du vote en vue ?

« Une caractéristique déterminante d’une démocratie forte et sûre est sa volonté de soumettre ses processus électoraux à un examen indépendant », a réagi dans les derniers jours le Democracy Renewal Group sur site Web.

L’organisation a été fondée par environ 200 anciens employés de l’Agence américaine pour le développement international (USAID) ainsi que par d’autres professionnels et consultants en démocratie et gouvernance qui craignent que Donald Trump soit en train de mettre la table, avec ce rejet des observateurs internationaux, pour perturber le résultat du vote de novembre.

La décision suit de près l’annonce faite en août dernier par le département de la Justice, sous forte influence du président républicain, de multiplier la présence de ses propres agents pour surveiller les bureaux de vote.

Elle accompagne aussi les tentatives du président américain d’entraver la bonne marche du scrutin en menaçant d’envoyer des agents d’immigration autour des urnes et en limitant l’accès aux urnes à une partie des citoyens, en dénonçant des scrutins passés truqués, sans jamais toutefois réussir à en apporter la preuve.

En 2024, les observateurs de l’OSCE avaient qualifié l’élection présidentielle américaine de « bien gérée », de « résiliente » et de « professionnelle ».

La menace d’ingérence des républicains sur les élections de mi-mandat, où des pertes sont à prévoir pour eux, est prise très au sérieux par le Parti démocrate. Mi-septembre, l’opposition a lancé une opération baptisée « New Battlefield Project » (« Projet nouveau champ de bataille »). Elle vise à recruter 10 000 volontaires pour surveiller les bureaux de vote.

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