Grands projets | Le gouvernement Carney veut réduire les délais et les conflits de travail

(Ottawa) Un projet, une évaluation, et un an avant l’approbation. En pleine guerre commerciale avec les États-Unis, le gouvernement Carney entend appuyer davantage sur l’accélérateur pour réaliser de grands projets de développement économique dans les secteurs de l’énergie, des minéraux critiques et des infrastructures, entre autres.
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Au passage, le gouvernement libéral compte aussi réduire, voire éliminer les conflits de travail comme ceux qui ont paralysé dans le passé des services essentiels comme les ports, les compagnies ferroviaires et les compagnies aériennes. L’arbitrage exécutoire serait le remède envisagé par Ottawa pour éviter à l’avenir des grèves ou des locks qui, selon Ottawa, ont eu pour effet d’entacher la réputation du Canada à l’étranger comme partenaire commercial fiable.
Dans un discours devant ses troupes libérales, vendredi, en prévision de la rentrée parlementaire de lundi, le premier ministre Mark Carney a clairement annoncé son intention d’accélérer la cadence, lui qui gouverne déjà au pas de course depuis son arrivée au pouvoir il y a 18 mois.
« Pour les projets et les chaînes d’approvisionnement, notre norme sera simple : un projet, un examen, un an. Le Canada sera toujours un pays aux normes élevées. Mais des normes élevées ne signifient pas que les décisions doivent être lentes. La prévisibilité est un avantage concurrentiel. Lorsque le Canada décide qu’un projet doit aller de l’avant, ce projet ira de l’avant », a-t-il précisé dans son discours.
Le réseau CTV a rapporté vendredi qu’Ottawa compte adopter de nouvelles mesures touchant le Code du travail et rendre obligatoire l’arbitrage exécutoire dans le cas des entreprises qui offrent des services jugés essentiels pour l’économie canadienne.
Interrogée à ce sujet, la ministre de l’Emploi, Patty Hajdu, a affirmé que le gouvernement libéral n’a pas l’intention de remettre en cause le droit de grève des travailleurs au pays, sans toutefois donner plus de détails.
Je peux affirmer ici même que nous n’interférerons jamais avec le droit d’un travailleur de négocier ou de faire la grève, mais nous sommes tous d’accord pour dire qu’il existe des circonstances où de meilleurs outils sont nécessaires.
Dans un rapport publié en juin, un comité du Sénat affirmait que les conflits de travail dans des secteurs stratégiques comme les transports peuvent nuire à la réputation du Canada en tant que partenaire commerciale fiable et que cela peut nuire aux efforts d’Ottawa visant à diversifier les échanges commerciaux avec d’autres pays que les États-Unis.
De toute évidence, le premier ministre Mark Carney souhaite récolter les dividendes qui se profilent à l’horizon à la suite de la tenue du premier Sommet canadien de l’investissement à Toronto, qui a réuni des investisseurs de près de 30 pays, qui ensemble gèrent plus de 100 000 milliards de dollars en actifs.
Ottawa calcule que ce sommet a jeté les bases de nouveaux investissements de quelque 500 milliards de dollars au cours des prochaines années. C’est aussi durant ce sommet que le gouvernement Carney a lancé un appel au secteur privé pour investir dans l’exploitation des quatre plus grands aéroports du Canada, soit les aéroports de Montréal, Toronto, Vancouver et Calgary.
Après ce sommet, Mark Carney a mis le cap sur l’Europe où il a notamment prononcé un discours devant Parlement européen, jeudi, à Strasbourg, et rencontré le nouveau premier ministre britannique Andy Burnham, à Liverpool. Devant les élus européens, M. Carney a confirmé l’intention du Canada et de l’Union européenne d’établir « une alliance unique » qui misera sur une collaboration accrue dans les secteurs névralgiques comme les minéraux critiques, l’énergie, la défense, la recherche et le développement, ainsi que les technologies de pointe.
PHOTO JUSTIN TANG, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE
Le premier ministre Mark Carney durant son discours au parlement européen
La semaine dernière, M. Carney a aussi accueilli à Calgary le président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky. Les deux leaders ont signé un partenariat de 100 ans qui verra notamment le Canada aider l’Ukraine à se doter de nouveaux équipements de défense aérienne et lui fournir des drones.
« Au cours des sept derniers jours, nous avons soutenu un allié, suscité des investissements records et renforcé nos liens avec l’Europe. Ce n’était que l’échauffement. Nous allons poursuivre sur cette lancée. À la Chambre, dans nos communautés, aux quatre coins du pays. Nous affronterons ce moment décisif avec force », a-t-il lancé.
M. Carney a profité de cette réunion du caucus libéral afin d’accueillir les trois nouveaux députés qui ont remporté la victoire lors des élections partielles le mois dernier, soit Daniel Gobeil, élu dans Chicoutimi—Le Fjord, Braeden Caley, dans North Vancouver—Capilano, et Tanveer Shahnawaz, dans Beaches—East York.
PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE
Le nouveau député de Chicoutimi-Le Fjord, Daniel Gobeil
Durant son discours, le premier ministre est revenu sur sa décision de mettre fin aux négociations avec l’administration Trump. Il a affirmé que le Canada demeure prêt à reprendre le dialogue commercial au moment opportun.
Nous avons pris la bonne décision en suspendant nos négociations commerciales avec les États-Unis. Nous ne pouvions accepter leur offre, et nous refusions de céder à leurs exigences. Lorsque les États-Unis seront prêts à reprendre les négociations, le Canada sera au rendez-vous pour conclure un accord de bonne foi – un accord qui respecte notre souveraineté, protège notre langue et notre culture, et favorise l’emploi et la croissance de part et d’autre de la frontière », a affirmé le premier ministre.
« Entre-temps, les États-Unis ont imposé de nouveaux droits de douane injustifiés. Ces mesures nuiront à certains de nos travailleurs, de nos entreprises et de nos collectivités. Mais il s’agit d’une erreur de calcul, car les Canadiens veilleront toujours les uns sur les autres. Notre gouvernement apporte un soutien concret aux personnes et aux entreprises prises au milieu d’un conflit qu’elles n’ont pas déclenché », a-t-il ajouté.
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