Elections législatives en Israël : participation record, le Likoud de Netanyahu premier parti, le bloc d’opposition légèrement en tête

Selon les sondages à la sortie des urnes des chaînes de télévision 11, 12 et 13, le "bloc du changement" emmené par le centriste Gadi Eisenkot récolte entre 52 et 53 sièges sur les 120 que compte la Knesset, le parlement israélien, tandis que la coalition sortante de Benjamin Netanyahu en recueille 50. Les deux listes arabes israéliennes s’imposent comme de possibles faiseurs de roi, les projections leur accordant 17 ou 18 sièges, en forte augmentation. Benjamin Netanyahu reste toutefois à la tête du parti ayant le plus de sièges : selon les premières estimations, le Likoud raflant 24 ou 25 sièges, juste devant le parti Yashar de Gadi Eisenkot.
Des passants passent devant des stands de campagne du parti Yashar (à gauche) et du Likoud, installés à l’extérieur d’un bureau de vote à Tel-Aviv, lors des élections législatives israéliennes du 27 octobre 2026. © MAYA LEVIN / AFP
Le ministre des Affaires étrangères de Benjamin Netanyahu a jugé "prématuré" les célébrations de l'opposition après les premières estimations des résultats. "Les célébrations à gauche sont prématurées (...) Une chose semble assez claire : le Likoud est le plus grand parti d'Israël", a écrit sur X Gideon Saar, en référence au parti du Premier ministre, dont la liste est arrivée en tête en nombre de sièges estimés - sans prendre en compte les alliances entre les différents partis.
Forte participation
Si ces estimations ne sont pas définitives, l’absence de majorité signifie que les partis vont désormais se lancer dans des semaines d’intenses tractations pour tenter d’atteindre les 61 sièges nécessaires pour former une coalition gouvernementale. La Commission électorale va publier progressivement les résultats, dans la nuit de mardi à mercredi, un processus qui pourrait durer plusieurs jours. Ces premières élections législatives depuis les attaques du Hamas en Israël le 7 octobre 2023 ont été marquées par une participation jamais vue depuis plusieurs décennies, signe du caractère déterminant de ce scrutin aux yeux de nombreux Israéliens. Des dizaines de milliers d’expatriés sont notamment rentrés au pays juste pour voter.
Les élections interviennent sur fond de critiques internationales croissantes contre la conduite de la guerre à Gaza, ainsi que les violences et l’expansion des colonies en Cisjordanie occupée, sous le gouvernement le plus à droite de l’histoire d’Israël. Les résultats seront scrutés dans le monde entier, alors que Benjamin Netanyahu multiplie de nouveau les menaces contre l’Iran au risque d’aggraver un conflit dont les répercussions se font sentir bien au-delà du Moyen-Orient. Face à l’impasse, l’une des clés pour atteindre une majorité gouvernementale pourrait être la minorité arabe israélienne, qui constitue près de 20% de la population et se dit discriminée comme jamais. C’est d’ailleurs sur cette minorité que Benjamin Netanyahu a concentré ses attaques, en accusant mardi le parti Raam de vouloir "voler l’élection", après l’arrestation de trois hommes avec des enveloppes remplies d’argent liquide. Les autorités électorales ont évoqué un "cas isolé", et Gadi Eisenkot l’a accusé de "préparer le terrain" à une possible contestation des résultats. Le chef de Raam, Mansour Abbas, a dénoncé des "mensonges" du Premier ministre visant à galvaniser l’électorat de droite.
Le souvenir du 7-Octobre a pesé lourd dans ce scrutin, et Gadi Eisenkot, qui accuse le Premier ministre d’être responsable des défaillances sécuritaires, a promis de mettre en place une commission d’enquête indépendante s’il arrive au pouvoir. Tout au long de la campagne, Benjamin Netanyahu s’est efforcé de convaincre qu’il avait depuis affaibli les ennemis d’Israël, en menant plusieurs guerres, dont celle qui a réduit Gaza en décombres. Il a promis, en cas de victoire, de "finir le travail" en Iran, et a mis en avant sa proximité avec le président américain Donald Trump qui lui a apporté son soutien. Pour les opposants de la coalition sortante, ce scrutin est décisif pour sauver la démocratie israélienne, alors que Benjamin Netanyahu, en procès pour des accusations de corruption, n’a eu de cesse de s’en prendre au pouvoir judiciaire. Gadi Eisenkot a fait une campagne plus discrète que l’actuel Premier ministre, misant sur une image de sobriété et de sérieux, et promettant de "rassembler à nouveau tous les Israéliens".
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