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Friday, September 25, 2026

Google envoie ses premières puces IA dans l’espace avec SpaceX pour tester son projet de data center orbital

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Google enverra quatre de ses puces d’intelligence artificielle en orbite le jeudi 1er octobre, à bord d’une fusée Falcon 9 de SpaceX. Il s’agit du premier test en conditions réelles de Project Suncatcher, son projet de data centers spatiaux présenté en novembre 2025.

Après avoir présenté les grandes lignes du projet Suncatcher, c’est l’heure de passer aux travaux pratiques. Dans un point de situation partagé ce jeudi 24 septembre, Google annonce qu’il enverra prochainement des puces d’intelligence artificielle dans l’espace afin de les tester en orbite. Cela arrivera assez vite d’ailleurs : le tir est programmé pour le jeudi 1er octobre.

Cette étape a été confirmée dans un billet de blog signé Travis Beals, directeur au sein de Paradigms of Intelligence, l’une des équipes de recherche de la firme de Mountain View. Les puces seront embarquées à bord d’un satellite construit par Planet, une entreprise américaine spécialisée dans les petits satellites d’observation de la Terre.

Pour le transport, Google et Planet s’en remettront à SpaceX : Planet (et donc Suncatcher) figure parmi les clients de SpaceX pour la mission Transporter-18. Ces vols sont des missions partagées : plusieurs clients se répartissent le coût d’un même lancement. D’autres engins seront donc largués à cette occasion.

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Est-ce que l’IA de Google fonctionne dans le vide de l’espace ?

Ce tir doit permettre de répondre à une question très simple, qui taraude Google : les puces qui font tourner son système d’intelligence artificielle sur Terre (Gemini) tiennent-elles le choc dans l’espace ? Surtout, peuvent-elles tenir dans la durée ? Car l’ambition à long terme de Google est de déployer… des data centers dans l’espace.

En fait, tout le projet Suncatcher de Google dépend de cette réponse. L’idée consiste à installer sur des satellites en orbite basse le cœur de ces centres de traitement de données. En somme, Google veut y placer la puissance de calcul, c’est-à-dire les puces informatiques, aujourd’hui largement consacrées à l’IA et donc, notamment, à Gemini.

La réflexion de Google et d’autres entreprises est la suivante : sur certaines orbites basses, dites héliosynchrones « aube-crépuscule », un satellite suit en permanence la frontière entre le jour et la nuit et échappe presque totalement à l’ombre de la Terre. Là-haut, les panneaux solaires reçoivent donc la lumière du Soleil presque en continu. D’après Google, ils peuvent produire jusqu’à huit fois plus d’électricité que sur Terre. Toute une énergie qui pourrait ainsi servir à faire cravacher les puces IA.

Le géant du web américain n’est pas seul à lorgner cette énergie. La start-up Overview Energy veut envoyer depuis l’espace de l’électricité à des data centers restés au sol. Mais on a aussi des sociétés comme Nvidia (avec sa gamme « Space Computing »), SpaceX et xAI (avec le satellite AI1) qui y songent. On y pense aussi en Chine comme en Europe.

Quinze minutes de calcul et un prototype de la taille d’un frigo

Au New York Times, Travis Beals a glissé plusieurs éléments additionnels : le prototype, baptisé MVP (le sens de l’acronyme n’est pas précisé, mais il pourrait s’agir de Minimum Viable Product), a la taille d’un réfrigérateur et n’embarque que quatre TPU (Tensor Processing Units, les puces maison que Google conçoit pour entraîner et faire tourner ses modèles d’IA).

Google n’envoie donc qu’un petit prototype expérimental. D’après le New York Times, ses quatre TPU offrent à peu près la puissance de calcul d’un seul serveur de data center. Quant au satellite, ses panneaux solaires ne fournissent qu’environ un kilowatt de puissance, ce qui suffit à faire tourner un sèche-cheveux, par exemple.

À ce stade, on est donc très loin d’un data center terrestre, dont la puissance se compte en dizaines, voire en centaines de mégawatts (soit au moins dix mille fois plus que ce satellite).

Surtout, les puces ne pourront calculer que par tranches d’environ quinze minutes, avant d’être éteintes pour refroidir, a précisé Travis Beals. Le défi vient du vide spatial : sans air, un ventilateur ne sert à rien, et la chaleur ne peut partir que par rayonnement. La conduction, elle, ne fait que déplacer la chaleur d’un point à l’autre du satellite.

Google a donc associé des caloducs (des tubes qui transportent la chaleur loin des puces) à des radiateurs. Ce système a été testé au sol dans une chambre à vide thermique, mais refroidir un data center dans l’espace reste l’un des gros obstacles de tous ces projets.

data center tpu google
Le challenge central : dissiper la chaleur générée par le fonctionnement des puces. // Source : Montage Numerama

En attendant de voir ce système à l’œuvre en orbite, Google signale que les autres essais au sol se sont bien passés. L’équipe a secoué le satellite sur ses trois axes pour reproduire le décollage, pendant lequel certains composants encaissent de 50 à 100 g, soit 50 à 100 fois la gravité terrestre.

L’entreprise américaine a aussi bombardé de protons des TPU Trillium au Crocker Nuclear Laboratory de l’université de Californie à Davis, pendant qu’ils faisaient des calculs d’IA, afin de reproduire les conditions hostiles du cosmos, où les rayonnements peuvent perturber les circuits. Selon les premiers résultats publiés par Google, les puces ont supporté une dose de radiations supérieure à celle qu’elles recevraient pendant une mission de cinq ans en orbite.

Google prévoit l’étape suivante pour 2027, avec deux satellites qui testeront des liaisons laser à très haut débit entre eux. L’entreprise compare la précision requise à celle d’un tir sur une cible de la taille d’une pièce de monnaie, à plusieurs kilomètres de distance, alors que tireur et cible sont tous deux en mouvement. Mais avant cela, Google attend beaucoup d’enseignements des essais qui auront lieu cet automne.

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