Pollution plastique | Grande opération de nettoyage pour une petite île

Pour clôturer sa quatrième Expédition bleue visant à caractériser la pollution plastique dans le Saint-Laurent, l’Organisation bleue a convié des bénévoles à venir nettoyer les berges de l’île Lapierre, une petite île au milieu de la rivière des Prairies habituellement fermée au public.
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PHOTO JOSIE DESMARAIS, LA PRESSE
Pilotée par l’Organisation bleue, cette expédition annuelle en voilier s’est déroulée cette année du 17 août au 2 septembre dans les îles du golfe du Saint-Laurent. Son objectif est d’étudier les impacts de la pollution plastique, en particulier dans des milieux éloignés, pour mieux comprendre comment les déchets de plastique se rendent jusque-là. L’Expédition bleue rassemble à la fois des scientifiques et des artistes qui se nourrissent de cette expérience pour trouver de nouvelles façons de sensibiliser le public à travers leurs œuvres.
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De retour à Montréal, plusieurs membres de l’équipage de l’Expédition bleue ont convié le public à un nettoyage des berges de l’île Lapierre, pour présenter en primeur leurs premières observations. Au total, les membres de l’Expédition bleue ont ratissé plus de 14 hectares et ramassé plus de 3000 articles de plastique, ce qui représente près d’une tonne de déchets. « Aucune berge n’était épargnée », raconte Rose Gagnon-Yelle, étudiante à la maîtrise en lettres à l’Université du Québec à Rimouski (UQAR). « On en ressort transformé au niveau humain aussi », abonde Alex Côté.
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La vingtaine de bénévoles présents ont ensuite pu eux-mêmes mettre la main à la pâte pour nettoyer les berges de l’île Lapierre. « J’ai trouvé une Crocs ! » ; « Et moi, un briquet ! », ont crié tour à tour Leila, 10 ans, et Cassia, presque 9 ans, venues participer au nettoyage avec leurs parents. « Si elles étaient dédiées comme ça au ménage à la maison, ce serait plus efficace ! », a dit leur mère, Josianne Gelfusa, amusée.
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L’Organisation bleue ne se contente pas de ramasser les déchets de plastique qu’elle retrouve sur les berges ; elle les classe, les caractérise et les répertorie, pour cibler les mesures à mettre en place afin de contrer, en amont, ces déversements de plastique dans les cours d’eau et les océans. En seulement trois heures, ce sont quelque 236 kg de déchets de plastique qui ont été ramassés sur les berges de l’île Lapierre, dont beaucoup de pellicules de plastique, du styromousse, des sacs réutilisables, des emballages et de nombreuses bouteilles de plastique, mais aussi quelques objets plus incongrus, comme un tapis ou un vélo d’enfant.
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Habituellement fermée au public, l’île Lapierre abrite une grande diversité d’espèces et de milieux naturels, comme des boisés et des milieux humides. Pour Martine Yelle, la mère de Rose, « c’est aussi l’occasion de découvrir cette île. Et comme ils disent, “On protège ce que l’on aime” », souligne-t-elle, en référence à la maxime de l’explorateur Jacques-Yves Cousteau, que plusieurs membres de l’Expédition arborent sur leur chandail.
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Pour Vivis Tapia, qui s’inscrit régulièrement à des activités de l’Organisation bleue, participer à ce nettoyage des berges revêt une signification particulière. Réfugiée mexicaine, elle vit au Canada depuis trois ans. « C’est un petit geste, mais c’est très important pour moi de contribuer ainsi en faisant quelque chose de bien. Pour la planète, pour la société, mais aussi pour me sentir intégrée ici, au Canada », souligne-t-elle.
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