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Thursday, September 24, 2026

Rage du raton laveur | Un demi-million de vaccins largués par avion

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Près d’un demi-million d’appâts vaccinaux contre la rage du raton ont été largués par avion dans les derniers jours en Estrie, en Montérégie et dans le Centre-du-Québec, pour freiner l’épidémie qui sévit depuis bientôt deux ans. La Presse est montée à bord lors d’une opération d’épandage.

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(Bromont) Le petit appareil d’un jaune étincelant s’élance sur la piste avec à son bord plus de 60 000 appâts vaccinaux contre la rage du raton laveur, en ce matin humide et frisquet de septembre.

Direction Huntingdon, dans le sud-ouest de la Montérégie ; c’est dans cette région qu’un nouveau foyer de l’épidémie est apparu, en juin, et où un chat infecté par la rage a attaqué des humains, plus tard dans l’été.

« On arrive au point dans trois minutes », avise après une quinzaine de minutes de vol Gaétan Fournier, un technicien de la faune retraité du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) qui a repris du service pour l’opération, et qui compte 20 ans d’expérience en la matière.

PHOTO ISMAËL KONÉ, LA PRESSE

Des employés de l’équipe s’apprêtent à charger des boîtes d’appâts vaccinaux dans l’avion.

Assis à côté du pilote, il occupe le rôle de « navigateur » ; c’est lui qui actionne au moment opportun le convoyeur qui largue les appâts vaccinaux.

« On évite tout ce qui est milieu habité, les cours d’eau, car il n’y a pas d’intérêt à [y] mettre des appâts vaccinaux, et les grands champs », puisque les ratons laveurs ne s’y aventurent pas, explique la biologiste Marianne Gagnier, coordonnatrice provinciale de la gestion de la rage au MELCCFP.

Derrière, un convoyeur contrôlé par ordinateur largue la bonne quantité d’appâts, en fonction notamment de la vitesse de l’appareil.

PHOTO ISMAËL KONÉ, LA PRESSE

Près d’un demi-million d’appâts vaccinaux contre la rage du raton ont été largués par avion dans les derniers jours en Estrie, en Montérégie et dans le Centre-du-Québec. La Presse est montée à bord.

Le pilote amorce la descente, alors qu’on aperçoit au loin les gratte-ciel du centre-ville de Montréal et le mont Royal, car l’épandage se fait à très basse altitude, entre 150 et 250 mètres.

Pour atteindre un taux de 150 appâts au kilomètre carré, l’appareil suit des lignes de vol espacées de 750 mètres, sur 61 kilomètres.

Au bout de chaque ligne, les virages sont serrés.

« Il faut quand même avoir le cœur solide », lance Marianne Gagnier, expliquant qu’aux mouvements de l’appareil s’ajoutent les turbulences et l’odeur très sucrée des appâts, en plus des effluves de carburant.

« On passe beaucoup de monde », rigole Philippe Gentile, technicien de la faune indépendant embauché par le Ministère pour l’opération.

« À la fin, ce sont ceux qui ne sont pas malades qui reviennent », dit celui qui a réalisé des dizaines d’opérations du genre.

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Philippe Gentile, technicien de la faune indépendant.

Construire une barrière vaccinale

Des secteurs de l’Estrie et du Centre-du-Québec ont aussi été ciblés lors de cette opération d’épandage aérien, amorcée samedi et qui s’achève ce mercredi, couvrant un territoire de 3200 kilomètres carrés.

« On fait une espèce de barrière de vaccination pour prévenir l’entrée de la rage à Montréal, notamment, mais on veut aussi éviter que la rage se propage vers le Centre-du-Québec et vers Sherbrooke », explique Marianne Gagnier.

Au total, 440 000 appâts vaccinaux auront été largués du haut des airs, en plus du million d’appâts épandus manuellement au sol depuis le printemps.

« Par avion, ce qu’on vise, ce sont les secteurs plus boisés ou escarpés », qui sont non accessibles lors des opérations d’épandage manuel, poursuit la biologiste.

« On vise les ratons laveurs, mais l’objectif principal, c’est la protection de la santé humaine », explique-t-elle, rappelant que la rage est mortelle dans 100 % des cas à partir du moment où les symptômes apparaissent, y compris chez l’humain.

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Plus de 300 animaux ont été infectés par le virus depuis le début de l’épidémie au Québec, en décembre 2024, principalement des ratons laveurs et des moufettes.

Expertise ontarienne

L’appareil utilisé pour l’opération est un vieux Twin Otter de Havilland Canada construit en 1967, révisé notamment pour l’épandage d’appâts vaccinaux par le gouvernement ontarien, à qui il appartient.

« Ils ont une expertise développée depuis longtemps », explique Marianne Gagnier.

L’appareil est ainsi utilisé en Ontario, au Québec ainsi qu’au Nouveau-Brunswick.

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Sarah Hagey, du ministère des Ressources naturelles de l’Ontario.

Cette opération aérienne était la dernière distribution d’appâts vaccinaux de l’année, au Québec, mais le ministère de l’Environnement prévoit réaliser une opération de capture et de vaccination par injection avant l’hiver.

« L’hiver, les ratons laveurs sont moins mobiles, c’est une période plus difficile pour les [atteindre] », explique Marianne Gagnier.

Elle ajoute que l’appât vaccinal perd son efficacité durant cette période de l’année, car le liquide qu’il contient ne pourra pas être absorbé par les muqueuses buccales des animaux qui le consomment s’il est gelé.

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