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Tuesday, September 22, 2026

Les épouvantails

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Durant les débats de la semaine dernière, il était un peu pathétique de voir Christine Fréchette tenter désespérément de remettre la question du référendum sur le tapis peu importe le thème de la discussion.

Cela n’est pas la question qui préoccupe le plus les électeurs, de sorte que l’insistance de la première ministre donnait la nette impression qu’elle cherchait surtout à détourner l’attention du bilan de huit ans de gouvernement caquiste, ce qui s’est finalement retourné contre elle.

Un sondage Pallas Data réalisé la fin de semaine dernière atteste de l’échec de cette stratégie. Si les intentions de vote de la Coalition avenir Québec sont demeurées stables, la popularité personnelle de Mme Fréchette a chuté de 7 points (11 points chez les 65 ans et plus), à tel point que le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, est maintenant perçu comme un meilleur premier ministre potentiel.

À tort ou à raison, la multiplication des sondages prévoyant l’élection d’un gouvernement minoritaire semble avoir largement dissipé les craintes de ceux qui redoutaient de voir le Québec retomber dans les affres référendaires. Paul St-Pierre Plamondon a beau affirmer que le référendum aura lieu coûte que coûte, on le croit de moins en moins.

Mme Fréchette a trouvé un nouvel épouvantail en évoquant un rapprochement entre le chef du Parti québécois (PQ) et celui du Parti conservateur du Québec (PCQ), qui feraient alliance pour replonger le Québec dans une grande noirceur austère et nataliste. Si le chef péquiste s’est empressé de nier cette « bromance », Éric Duhaime était manifestement ravi de se retrouver au centre du jeu. L’entendre se présenter comme un « rassembleur » ne manquait pas de piquant.

Il est clair que le PQ n’est plus le parti social-démocrate qui rêvait jadis d’adhérer à l’Internationale socialiste. De nombreux souverainistes qui concevaient l’indépendance comme un projet résolument progressiste ont été déroutés par son discours sur l’immigration et son désir de réduire le rôle de l’État.

Il ne faut cependant pas mélanger les pommes et les oranges. Le PQ s’est déplacé vers la droite, soit, mais quand même pas au point d’être mis dans le même sac que le PCQ. Leur commune opposition au TGV ou à Santé Québec ne doit pas occulter des divergences fondamentales. Sur des questions comme le rôle du privé en santé ou « l’école à trois vitesses », ils sont aux antipodes.

Il est vrai que le PQ entend imposer un régime d’austérité qui permettrait de revenir à l’équilibre budgétaire dès l’année 2028-2029. Quoi qu’il en dise, les services seront touchés, mais cela demeure sans commune mesure avec le démantèlement en règle de l’État que propose le PCQ.

Si les immigrants ont eu le dos large au cours des dernières années, le PQ n’a jamais proposé de les sélectionner en fonction des valeurs de leur pays d’origine, comme l’a fait M. Duhaime. On ne peut pas davantage comparer les 350 $ par an qu’un gouvernement péquiste accorderait pour un 3e enfant (et de 700 $ par an pour un quatrième) avec l’allocation de 100 $ par semaine que le PCQ offrirait à ceux qui décideraient de garder leur enfant à la maison plutôt que de les inscrire à une garderie.

M. Duhaime a été très clair sur un point : un gouvernement péquiste minoritaire ne doit pas compter sur son parti pour l’aider à tenir un référendum. Il ne pourrait donc s’appuyer que sur Québec solidaire (QS). Or, la dernière à chose à faire pour s’assurer du concours de QS serait de conclure une alliance avec le PCQ.

À la veille du troisième et dernier débat de la campagne, Mme Fréchette ne semble plus trop savoir à quel saint se vouer. Sa posture agressive dans le Face-à-face à TVA l’a mal servie. Et sur les ondes de Noovo, son mea-culpa pour les erreurs commises par le gouvernement Legault a simplement encouragé ses adversaires à l’accabler davantage.

Jouer la carte de l’incertitude créée par la perspective d’un référendum pouvait sembler une bonne idée dans le contexte de la guerre commerciale avec les États-Unis, mais cela s’est révélé un couteau à double tranchant. En effet, cela a permis à Charles Milliard de présenter la cheffe caquiste comme étant elle-même un facteur d’incertitude puisqu’elle refusait de dire de quel côté elle pencherait.

Si la première ministre tente à nouveau d’associer le PQ au PCQ, Paul St-Pierre Plamondon n’aura pas de mal à dresser la liste des sujets sur lesquels les positions de la CAQ sont très semblables à celles de M. Duhaime, qu’il s’agisse du rôle du privé en santé, du libre choix de l’école ou encore de l’autonomie du Québec au sein de la fédération canadienne. Il lui faudra trouver un autre épouvantail.

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