Incendies en Indonésie: le gouvernement refuse de proclamer l'état d'urgence, la colère grimpe

La colère gronde en Indonésie alors que les incendies de forêts qui font rage depuis plusieurs mois, ont déjà dévasté près de 2 millions d’hectares et provoqué un épais nuage toxique qui asphyxie la région. Mercredi, des étudiants et des membres de la société civile se sont rassemblés à Pontianak sur l’île de Bornéo, l’une des plus durement touchées par les feux, pour dénoncer l’inaction du gouvernement central.
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Ce mercredi 21 octobre 2026, des habitants de Kalimantan, la partie indonésienne de l'ile de Bornéo, ont exhorté leur gouvernement à lutter davantage contre les incendies, alors qu'un tribunal de Pontianak commençait à examiner la recevabilité d'une plainte déposée contre l'État par des habitants de cette province de près de six millions d'habitants.
Malgré l’ampleur de la crise environnementale et sanitaire, Jakarta refuse toujours de proclamer l’état de catastrophe naturelle. Proclamer l'état d'urgence nationale serait, selon les critiques, un aveu de faiblesse pour le président Prabowo Subianto qui bat des records d'impopularité après seulement deux ans au pouvoir.
Malgré les appels qui se multiplient, rien n'y fait. Jakarta affirme être capable de gérer cette crise seule et refuse l'aide étrangère, prétextant des défis logistiques complexes, comme la distribution de carburant. Pourtant, de nombreux pays comme le Japon, la Malaisie ou Singapour ont proposé leur aide, mais déclarer l'urgence nationale serait reconnaître une perte de contrôle.
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Obligation de réorienter les budgets existants
Les observateurs estiment que ce refus cache d'autres réalités. Proclamer l'état de catastrophe nationale transfère la gestion financière et opérationnelle des gouvernements locaux à l'État central. Le gouvernement serait aussi obligé de réorienter ses budgets existants, comme le programme de repas gratuits, mesure phare du président, vers la gestion de catastrophe.
Enfin des ONG et la société civile accusent le gouvernement de vouloir minimiser la responsabilité des grandes entreprises de l'huile de palme et du bois, qui recourent massivement aux brûlis illégaux responsables des incendies en cours.
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