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Thursday, October 22, 2026

Présidentielle au Brésil: Lula et Flavio Bolsonaro jettent leurs dernières forces dans la bataille du second tour

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Au Brésil, la campagne présidentielle pour le second tour, prévu dimanche 25 octobre, bat son plein. Il ne reste que quelques jours aux deux candidats, le président sortant Luiz Inacio Lula da Silva et son challenger, le sénateur d’extrême droite Flavio Bolsonaro, pour mobiliser les électeurs. Au premier tour, l’abstention a atteint un niveau record, alors même que le vote est obligatoire, ce qui a surtout pénalisé Lula, arrivé deuxième derrière Flávio Bolsonaro. À 80 ans, l’ancienne icône de la gauche latino-américaine fait tout pour remonter la pente et décrocher un quatrième mandat.

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De notre envoyé spécial à São Paulo,

Cette semaine, Lula est partout : on dirait qu’il a des sosies, tant l’ancien métallurgiste est présent dans les rues, sur les réseaux sociaux et ailleurs. Il poste aussi des vidéos et doit aussi trouver le temps de préparer le second débat avec son rival, prévu vendredi 23 octobre. À 80 ans, coiffé de son Panama pour se protéger du soleil, après avoir été atteint d’un cancer de la peau, il tente de relever un défi historique : jamais depuis le retour de la démocratie au Brésil en 1988, un candidat arrivé deuxième au premier tour n’a remporté l’élection présidentielle.

Pour séduire les électeurs, Lula est prêt à (presque) tout. Il vient d’augmenter certaines aides sociales, notamment celles de son célèbre programme Bolsa Família, à quelques jours seulement du second tour. Une décision qui ressemble fort à un cadeau électoral.

C’est d’ailleurs ce que dénonce un sympathisant du Parti des travailleurs (PT), Marco, rencontré lors d’une manifestation pro-Lula à Belo Horizonte : « Ce serait bien si l’augmentation de ces aides intervenait plus tôt, et pas uniquement avant le scrutin », explique ce psychologue, qui y voit une vieille pratique du PT.

Le PT investit les réseaux sociaux

Mais surtout, Lula a investi un terrain sur lequel son parti avait pris du retard : les réseaux sociaux. « Nous avons mis du temps à maîtriser cet univers », explique la députée régionale Leninha, présidente du Parti des travailleurs dans l’État du Minas Gerais. « Pendant ce temps, les messages qui circulaient sur ces réseaux étaient ceux qui dénigraient Lula et remettaient en cause tout ce qu’il accomplissait. »

Aujourd’hui, le président de centre gauche peut notamment compter sur André Janones, une figure influente des réseaux sociaux, qui a créé un canal WhatsApp baptisé « Exército do Lula » (« L’armée de Lula »). Celui-ci compte plus de sept millions d’abonnés, un chiffre en constante augmentation.

Flavio Bolsonaro, le candidat du « changement »

Là où Lula a choisi de faire campagne sur son bilan, Flavio Bolsonaro a fait du changement son principal argument électoral. Un slogan qu’il martèle lors de ses meetings et dans ses spots de campagne, et qu’il n’a cessé de répéter lors du premier débat télévisé, dimanche dernier.

Le sénateur d’extrême droite, élu dans l’État de Rio de Janeiro, enchaîne lui aussi les meetings à travers le pays. Comme Lula, il concentre ses efforts sur São Paulo et le Minas Gerais, un État clé qu’il a réussi à remporter, contrairement à son père, Jair Bolsonaro, il y a quatre ans.

Selon le politologue Lucas Gelapo, Flavio Bolsonaro n’est pas un candidat « qui suscite un enthousiasme particulier chez les électeurs de droite ». En réalité, « le vote en sa faveur exprime davantage un rejet de Lula et du PT qu’une véritable adhésion à sa personne ».

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Surfer sur le rejet du PT

Pour séduire les Brésiliens au-delà du noyau dur des militants qu’il a hérité de son père, Flavio Bolsonaro exploite la lassitude d’une partie de l’électorat à l’égard du Parti des travailleurs. Il ne cesse d’accuser le camp de Lula de corruption, une stratégie pour le moins audacieuse, puisqu’il est lui-même cité dans plusieurs affaires, notamment la tentaculaire affaire touchant la banque Master. Le sénateur est également soupçonné d’entretenir des liens avec certaines milices de Rio de Janeiro, son fief électoral.

Mais sa stratégie semble porter ses fruits. Flavio Bolsonaro bénéficie d’une dynamique favorable et peut s’appuyer sur un nombre record de députés de son camp au Congrès national et dans les assemblées législatives des États.

Une fin de campagne marquée par les insultes

Les réseaux sociaux regorgent d’attaques et d’insultes entre les deux camps. Dans les meetings aussi, les slogans hostiles fusent. « Flavio Bolsonaro en prison ! », scandent les partisans du PT lors de leurs manifestations. « Lula voleur, ta place est en prison ! », rétorquent les bolsonaristes.

Le ton de la campagne est donné. Il a atteint un niveau particulièrement virulent lors du premier débat télévisé, dimanche dernier, où les insultes et les invectives ont fusé. Vendredi, les deux candidats se retrouveront pour un ultime débat sur la chaîne Globo. Rien ne garantit que l’échange sera plus apaisé : Lula devrait notamment attaquer son rival sur les affaires de corruption dans lesquelles celui-ci est cité.

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