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Wednesday, October 7, 2026

Un seul gestionnaire pour l’électricité et le gaz en Wallonie : voici les scénarios étudiés par le gouvernement

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C’est un chantier qui pourrait bouleverser le paysage énergétique wallon. Aujourd’hui, cinq gestionnaires de réseau de distribution (GRD) se partagent le territoire : ORES, Resa (région liégeoise), AIEG (Andenne), AIESH (Sud Hainaut) et REW (Wavre). À terme, le gouvernement wallon souhaite qu’il n’en reste plus qu’un. Cette ambition figure dans la Déclaration de politique régionale 2024-2029. L’objectif est notamment d’uniformiser les tarifs, les technologies et les services, de simplifier la gouvernance et de renforcer le pilotage régional.

Reste à savoir comment passer de cinq GRD à un seul. C’est précisément l’objet d’une étude réalisée par KPMG dont Sudinfo a pu prendre connaissance. Un document sensible puisqu’il est expressément qualifié de « strictement confidentiel », destiné au cabinet de la ministre wallonne de l’Énergie et à son administration. Il s’agit toutefois encore d’un document de travail qui « ne reflète aucune position définitive ».

Fusionner les cinq gestionnaires wallons pourrait générer d’importantes économies, mais la transformation aura elle aussi un coût et prendra plusieurs années. L’étude KPMG détaille ce que la réforme pourrait changer.

Derrière la bataille institutionnelle autour du futur gestionnaire de réseau unique se trouve une question beaucoup plus concrète pour les Wallons : qu’est-ce que cette réforme pourrait changer pour leur portefeuille ?

Premier constat : fusionner ou rapprocher cinq gestionnaires ne se fera évidemment pas gratuitement. Dans son étude réalisée pour le cabinet de la ministre de l’Énergie Cécile Neven, KPMG livre de premiers ordres de grandeur. Les phases préparatoires – analyses stratégiques, organisationnelles, juridiques, fiscales, financières et opérationnelles – représenteraient entre 2 et 2,5 millions d’euros. À cela s’ajouterait ensuite la phase d’intégration et de transformation : 1,5 à 2 millions d’euros par an, soit 6 à 8 millions sur quatre ans.

Des économies importantes en ligne de mire

Pourquoi se lancer alors dans une telle opération ? Parce qu’une fois le nouveau modèle installé, le gouvernement espère précisément récupérer une partie de cette mise grâce aux économies d’échelle. Plus l’intégration est poussée, plus celles-ci pourraient être importantes. Les scénarios B – fusion des GRD – et C – création d’un nouvel opérateur – présentent ainsi le plus gros potentiel. Une seule organisation permettrait de supprimer davantage de doublons, de mutualiser les fonctions support et les compétences spécialisées, mais aussi d’augmenter le pouvoir de négociation face aux fournisseurs.

Le scénario A, qui maintient les GRD actuels mais transfère leur exploitation à une structure commune, génère également des synergies significatives. Elles sont simplement moins importantes puisque plusieurs structures juridiques et centres de décision subsistent.

Votre facture va-t-elle baisser ?

C’est évidemment la question centrale. Et sur ce point, attention aux raccourcis : l’étude KPMG ne promet pas une diminution de la facture d’électricité ou de gaz. Elle estime en revanche que les économies structurelles générées par les scénarios les plus intégrés pourraient, à moyen et long terme, servir à financer une partie des investissements gigantesques nécessaires à la transition énergétique et à limiter la hausse des tarifs de distribution. Ce n’est pas la même chose qu’une baisse.

Les économies structurelles générées par les scénarios les plus intégrés pourraient limiter la hausse des tarifs de distribution. Ce n’est pas la même chose qu’une baisse…

Les scénarios B et C ouvriraient également davantage la voie à une harmonisation des tarifs à travers la Wallonie. Avec un seul gestionnaire, les coûts convergeraient progressivement et un éventuel tarif de distribution unique wallon deviendrait plus facile à envisager.

Dans le scénario A, cette convergence serait moins évidente : les propriétaires des réseaux resteraient différents et leurs besoins d’investissement pourraient continuer à varier selon les territoires.

Une réforme qui ne se fera pas en quelques mois

Dernier enseignement important : même si le gouvernement tranchait rapidement, le changement ne serait pas immédiat. Plus la solution retenue sera ambitieuse, plus la transition sera lourde. La création d’un nouveau GRD par décret exige encore davantage de travail : nouvelle gouvernance, transferts d’actifs et d’activités, questions sociales et disparition des structures existantes. À l’inverse, avancer progressivement réduit les risques… mais retarde aussi les bénéfices.

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