Tchad: Alger et Ndjamena réaffirment le renforcement de leurs liens diplomatiques

Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a réalisé mardi 3 novembre une visite de travail dans la capitale tchadienne dans le but de poursuivre les travaux entamés ces derniers mois. Si aucun accord n’a été signé, l’accent a été mis sur l’importance de poursuivre la coopération sécuritaire et économique entre Alger et Ndjamena.
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En qualité d'envoyé spécial du chef de l'État algérien, Ahmed Attaf a pu rencontrer le président Mahamat Idriss Déby. L'occasion « de transmettre les salutations du président Abdelmadjid Tebboune, et lui faire part de la satisfaction de ce dernier quant à la dynamique positive que connaissent les relations bilatérales dans tous les domaines », informe un communiqué publié par la partie algérienne.
Alger et Ndjamena se sont notamment félicitées de la mise en route des près de trente accords signés, notamment économiques, en avril dernier, lors de la venue du président tchadien en Algérie pour la 4ᵉ commission mixte. C’est notamment le cas de la construction d'une centrale électrique algéro-tchadienne du côté de la capitale tchadienne.
Le volet sécuritaire a été au cœur des discussions entre le ministre algérien des Affaires étrangères et son homologue tchadien, Ahmat Kogri. Alors qu'Alger a récemment envoyé des unités militaires au Niger pour protéger « ses intérêts énergétiques », les questions de l'instabilité au Sahel et des défis liés à la lutte contre le terrorisme dans la région ont été abordées.
Selon Bakary Sambe, directeur du Timbuktu Institute, au micro de Carol Valade, « tout cela fait partie de la stratégie algérienne au Sahel, l’atout d’Alger étant de faire partie des rares à pouvoir appeler Niamey le matin et Ndjamena l'après-midi, ce qui vaut de l'or sur le plan diplomatique ».
Bakary Sambe, directeur du Timbuktu Institute à propos de la visite du ministre algérien des Affaires étrangères à Ndjamena
C'est une carte qui se redessine en fait. Les vieilles alliances se défont et on voit que les nouvelles se cherchent. Et l'Algérie veut être dans la photo, ça c'est clair. Et il y a un an et demi, elle était fâchée avec tout le Sahel. Depuis, elle a renoué avec le Niger, puis avec le Mali et aujourd'hui elle frappe à la porte du Tchad. Donc ce n'est pas du tout un hasard. C'est toute une stratégie. Et regardez ce qui reste des organisations régionales. Le G5 Sahel n'existe plus. Le Mali, le Burkina, le Niger ont quitté la Cédéao et le Tchad, lui, est un peu entre les deux mondes. Résultat des courses, tout se joue désormais d'une capitale à l'autre, en direct. Et c'est exactement ce qu'Alger est en train de faire. Mais l'atout pour l'Algérie, et c'est là que l'Algérie a une carte à jouer : aujourd'hui elle fait partie des rares capitales qui peuvent appeler Niamey le matin et Ndjamena l'après-midi, dans une région coupée en deux. Et ça, ça vaut de l'or sur le plan diplomatique.
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Bakary Sambe, directeur du Timbuktu Institute à propos de la visite du ministre algérien des Affaires étrangères à Ndjamena
Carol Valade
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