InquirerProposed law seeks to expand feeding program to address stuntingThe Jerusalem PostThailand revokes chief rabbi’s citizenship, rattling Jewish community as Israeli tourism continuesDaily MaverickLOCAL ELECTIONS 2026: ‘Our people are angry’ — MK party threatens to challenge election resultsBollywood HungamaAmitabh Bachchan wins personality rights case; Delhi High Court passes final decree after four defendants settleTaipei TimesANALYTICAL ENGLISH 解析英語(常春藤)ZDF heuteAktuelle Pressemitteilungen des ZDFConsequenceRichard Lloyd, Television Guitarist, Dead at 75Wirtualna PolskaZełenski zabrał głos ws. zamachu w Krakowie. "Szokująca zbrodnia"Football ItaliaVideo: Lazio fans embrace team with love before big Napoli matchDeadlineDeep Purple’s Ian Gillan Recovering After “Successful” Surgery Following Medical Emergency
The Daily Newsstand · Free, Always
Saturday, November 7, 2026

Pourquoi le patron de Nvidia, soupçonné d’une liaison avec une espionne chinoise, intéresse tant Pékin ?

Translate

C’est une histoire digne des meilleurs films d’espionnage. Le patron de Nvidia, l'une des entreprises les plus puissantes au monde, aurait entretenu une liaison avec une espionne chinoise. C’est le New York Times qui révèle l’affaire : les services de renseignement américains considèrent qu'Alice Huang, dirigeante d'une entreprise technologique basée à Singapour, travaille en réalité pour le ministère chinois de la Sécurité d'État, la principale agence d'espionnage de Pékin.

De son côté, le Financial Times fait état d’une note du renseignement américain évoquant une relation amoureuse entre cette femme d'affaires et Jensen Huang, le grand patron de Nvidia. Selon le journal, elle aurait tenté d’obtenir des informations sur le géant américain et d’influencer son dirigeant pour que la Chine puisse accéder à ses puces électroniques les plus performantes.

Signe que cette affaire embarrasse au plus haut niveau, le Congrès américain s’est emparé du dossier. Trois présidents de commissions parlementaires républicains ont demandé à Jensen Huang de venir s'expliquer à huis clos sur ses relations avec Alice Huang. Pourquoi les renseignements chinois s'intéressent-ils autant à cet homme ? La réponse tient à ce que produit son entreprise: des puces électroniques indispensables au développement de l'IA, devenues un enjeu économique, technologique et militaire majeur dans la rivalité entre les États-Unis et la Chine.

Nvidia, le moteur de l’IA

À 63 ans, Jensen Huang incarne une spectaculaire réussite américaine. Aujourd'hui, son entreprise figure parmi les plus puissantes de la planète. Sa valorisation boursière a même franchi le seuil historique des 5 000 milliards de dollars. Son patron occupe la huitième place parmi les plus grandes fortunes mondiales, d’après le magazine Forbes.

" À l'origine, Nvidia fabrique des cartes graphiques destinées aux jeux vidéo. Mais ses processeurs trouvent progressivement un tout autre débouché avec l'IA. Aujourd’hui, c'est le moteur qui sert à entraîner, à faire tourner les grands modèles d'IA ", résume Xavier Degraux, spécialiste du numérique et maître de conférences à l'ULiège.

Les systèmes d'intelligence artificielle comme ChatGPT nécessitent d'énormes capacités de calcul pour être entraînés et fonctionner. Les processeurs graphiques, ou GPU, conçus par Nvidia permettent justement d'effectuer simultanément ces milliards d'opérations. " Associés par milliers dans d'immenses centres de données, ces GPU fournissent la puissance nécessaire aux modèles d'IA les plus avancés ", explique Xavier Degraux. " L’entreprise de Jensen Huang développe aussi les logiciels et les systèmes qui permettent de faire fonctionner ces puces ensemble. " Cette maîtrise technologique lui donne une longueur d'avance sur ses concurrents. Et c’est précisément cette avance que la Chine cherche aujourd’hui à combler.

© ANDREJ IVANOV / AFP

Cible pour la Chine

Xavier Degraux n’hésite pas à parler d’une nouvelle guerre froide technologique. " Bien sûr, on peut penser aux usages classiques de l'IA, mais on doit aussi penser aux usages militaires. La Chine a complètement intégré l'IA dans sa stratégie militaire. " Pour Pékin et Washington, disposer des puces les plus performantes constitue donc un avantage stratégique majeur.

Mais les États-Unis entendent conserver leur avance. Alors, depuis plusieurs années, Washington limite l'exportation vers la Chine des puces les plus performantes. Par le passé, Donald Trump a assoupli certaines de ces restrictions et autorisé la vente de composants moins puissants, tout en maintenant des limitations sur les technologies les plus avancées. En face, Pékin poursuit une double stratégie : obtenir les puces américaines dont son industrie a besoin tout en essayant de développer ses propres alternatives pour ne plus en dépendre à l’avenir.

C’est dans ce contexte qu’il convient d’appréhender les récentes révélations sur la supposée liaison entre une espionne chinoise et le patron de Nvidia. Toute information sur l’entreprise américaine représente une ressource précieuse pour les services de renseignement chinois. " S'informer ne fût-ce que des intentions de son patron, de ses deals et de ses contacts, de l'évolution des technologies, de ses relations avec Washington, c'est évidemment des informations de premier plan pour la Chine ", explique Xavier Degraux.

Un patron qui chuchote à l'oreille de Trump

Mais Jensen Huang ne représente pas seulement une cible intéressante en raison des technologies de Nvidia. Comme de nombreux patrons de la tech, il entretient une relation privilégiée avec Donald Trump. " Le patron de Nvidia, il chuchote véritablement à l'oreille de Donald Trump. Il conseille directement Trump ", insiste Xavier Degraux.

Pour les services chinois, connaître les intentions de Jensen Huang, ses contacts à Washington ou ses discussions avec la Maison-Blanche constitue un atout majeur. " Il a un poids sur le marché et sur le futur du marché qui est absolument colossal ", insiste Xavier Degraux. " Le patron de Nvidia ne peut être qu'une cible. "

View the original on RTBF Info →

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.