Arrivé en bout de course, inadapté face aux drones : l’Australie dit adieu à l’hélicoptère Tigre
L’armée australienne a annoncé la fin des vols de ses 22 hélicoptères de combat Tigre, conçus par Airbus, qui seront remplacés par l’Apache de Boeing.
L’heure est aux adieux entre l’Australie et l’hélicoptère Tigre. Dans un point d’actualité ce mercredi 23 septembre, le ministère de la Défense confirme la fin prochaine des opérations de cet aéronef, conçu par Airbus, au sein de ses forces armées. Le pays en compte 22 dans une version spécifique dite ARH (Armed Reconnaissance Helicopter).
Dans son communiqué, Canberra donne deux raisons à ce départ. D’abord, un argument d’âge : le Tigre, qui sert également en France, en Allemagne et en Espagne, arrive au bout des 20 ans de service prévus depuis son arrivée dans l’armée, en 2004. À l’origine, ce retrait était prévu pour 2027-2028. Il a été avancé à la fin de l’année 2026.

Ensuite, un argument militaire : le champ de bataille a changé. Les défenses antiaériennes modernes, les armes de précision et les « plateformes sans équipage », c’est-à-dire les drones, posent selon le ministère des problèmes qu’un hélicoptère plus récent gère mieux que le Tigre. D’où, pour Canberra, la nécessité de changer de parade.
Sur le papier, la réflexion peut se comprendre et l’Australie n’est pas le seul pays à l’avoir. En France, par exemple, l’armée se demande si les hélicos de cette génération ou de la suivante ont vraiment de l’avenir face à ces engins sans pilote. D’autres s’interrogent sur l’opportunité d’en faire carrément des porte-drones. Ou de les transformer en drones eux-mêmes.
Un hélicoptère Apache pour remplacer le Tigre
L’Australie choisit pour l’instant une solution plus classique : à la place de ses 22 Tigre ARH, l’armée exploitera 29 AH-64E Apache, un hélicoptère que le ministère présente comme « de nouvelle génération » et mieux armé face aux menaces décrites plus haut. Ce choix de remplacement a été acté dès janvier 2021.
Selon le communiqué, six appareils ont déjà été livrés et les premiers tirs réels ont eu lieu en juillet 2026 à Townsville, dans le nord-est du pays. La flotte complète est attendue fin 2029. L’achat des Apache était chiffré, lors de l’annonce de 2021, à 4,5 milliards de dollars australiens (environ 2,8 milliards d’euros au taux actuel). L’engin est fabriqué par l’Américain Boeing.
Si l’appareil arrive bien au bout de sa durée de vie prévue, sa carrière a aussi été passablement chaotique. L’Australie a mis des années à le rendre pleinement opérationnel. Selon Asian Military Review, l’armée n’a donné sa qualification opérationnelle finale au Tigre qu’en 2016, avec sept ans de retard.
Son entretien et son coût à l’heure de vol ont aussi dépassé les prévisions, pour un nombre d’appareils en état de voler plus faible qu’espéré. L’armée australienne n’a exploité le Tigre à plein qu’une dizaine d’années, sur les vingt ans de service prévus. Enfin, Canberra n’a pas voulu moderniser ses appareils, contrairement à Paris et Madrid, qui vont porter leurs Tigre au standard de rénovation à mi-vie, une version revue à la baisse du Mk3 après le retrait de l’Allemagne.
De fait, si l’argument des drones s’entend, il sert aussi à justifier le remplacement d’un hélicoptère avec équipage par… un autre hélicoptère avec équipage, et à écarter un appareil qui n’avait finalement pas la meilleure des réputations (coût de maintien en condition opérationnelle très élevé, problèmes de disponibilité).
Que deviendront ces 22 hélicoptères Tigre ? Leur destin pourrait s’écrire en… Ukraine. Malgré un front saturé de drones de part et d’autre, Kiev a fait savoir qu‘il serait intéressé par ces engins pour combattre l’invasion russe. En décembre 2025, le gouvernement australien étudiait cette option, selon ABC News.
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