« Nous sommes déçus de Mistral » : le moteur de recherche Ecosia abandonne l’IA française pour des modèles chinois

Le dirigeant d’Ecosia estime que les modèles de Mistral n’ont pas répondu aux attentes. Il pointe par ailleurs du doigt l’énergie nucléaire et des enjeux de souveraineté numérique. Cette annonce est tombée le jour où Mistral a lancé son nouveau modèle, Large 4.
En mai dernier, Ecosia, le moteur de recherche allemand qui finance des projets de reforestation, a remplacé l’entreprise américaine OpenAI par le français Mistral comme fournisseur d’IA. Aujourd’hui, Ecosia annonce abandonner Mistral pour des modèles ouverts… chinois. Pour justifier cette décision, le dirigeant d’Ecosia évoque des problèmes de performances, le recours à l’énergie nucléaire et des enjeux de souveraineté européenne.
Ecosia abandonne Mistral pour des modèles d’IA open source chinois
Lors d’une interview accordée à Politico, Christian Kroll, PDG d’Ecosia, justifie cette décision sans détour : « Nous sommes déçus par la qualité de Mistral ». Selon lui, les modèles de Mistral ont désormais « un an de retard » sur la concurrence. Ecosia aurait ainsi rencontré des problèmes techniques récurrents, notamment des serveurs surchargés. Christian Kroll en serait alors arrivé à une conclusion : « Nous étions tout simplement un client trop important pour Mistral ».
Outre l’aspect des performances, le PDG d’Ecosia pointe du doigt le fait que les serveurs de Mistral sont alimentés par l’énergie nucléaire française. Pour rappel, l’Allemagne occupe une position historiquement antinucléaire, le pays préférant s’appuyer notamment sur des énergies renouvelables et… le charbon. Enfin, Christian Kroll dénonce les partenariats de Mistral avec des acteurs extra-européens : « Le fait que Mistral dépende d’investissements internationaux ne constitue pas, à nos yeux, une garantie de souveraineté ».
Des problèmes de performances, des serveurs alimentés par de l’énergie nucléaire et des collaborations entre Mistral et des acteurs extra-européens auraient ainsi poussé Ecosia à mettre fin à son partenariat avec l’entreprise française.
Ecosia a désormais noué un nouveau partenariat avec la plateforme allemande Melious, qui héberge en Europe une soixantaine de modèles d’IA ouverts, parmi lesquels Qwen (Alibaba), GLM (Z.ai) et Kimi (Moonshot AI). En d’autres termes, le moteur de recherche écologique mise maintenant sur des modèles d’IA open source chinois. Christian Kroll explique par ailleurs avoir réduit ses coûts de moitié en passant chez Melious. Précisons aussi qu’Ecosia est utilisé par un certain nombre d’institutions européennes, comme le ministère fédéral allemand de l’Environnement et le service national de santé britannique, selon Politico.
Mistral réagit
Guillaume Lample, directeur scientifique et cofondateur de Mistral, a déclaré à Politico : « Je les encourage à tester notre nouveau modèle au plus vite. Nous pouvons même leur en donner un accès anticipé dès aujourd’hui s’ils le souhaitent ». Il faut dire qu’Ecosia a annoncé abandonner Mistral le jour même où l’entreprise française a lancé son nouveau modèle Large 4, surnommé le Chonk. Sur X, Arthur Mensch, dirigeant de Mistral, a déclaré : « Désolé si le nucléaire est un vrai point de blocage ».
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