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Saturday, November 7, 2026

Joueurs binationaux : comment la Fédération belge repense son projet pour convaincre les talents ?

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Pierre Locht est clair sur le changement de modèle qui s’est imposé à la Fédération belge et pour incarner cette nouvelle approche, deux figures centrales ont été placées au cœur du dispositif. Roy Pieters (ndlr : 'Head of Talent' à la RBFA) présenté par Pierre Locht comme "un expert dans le domaine", ayant travaillé aux côtés de Chris Van Puyvelt en Belgique, en Chine et au Maroc, est désormais responsable de l’identification des talents. Simon Mignolet (ndlr : 'Technical Manager' à la RBFA), lui, assure la supervision technique de l’ensemble des équipes nationales. "C’est vraiment eux deux qui rencontrent les familles assez tôt, maintenant, pour présenter justement notre projet de manière cohérente", explique Pierre Locht. Il souligne l’intérêt particulier de la présence de Roy Pieters : "Il sait ce qui est fait par certaines Fédérations, dont notamment le Maroc."

Un projet présenté tôt, sans promesses irréalistes

L’un des axes forts du projet belge repose sur la précocité du contact avec les joueurs et leurs familles. La Fédération a ainsi créé le "Pre-Passway U17", une structure d’accompagnement qui précède les compétitions officielles U17 et permet d’intégrer les joueurs dans le projet national dès l’âge de 15 ans. "Ils sont impliqués dans le projet dès le départ, et ils savent quel est le trajet qui les attend avec la Belgique", précise Pierre Locht, ajoutant que cela vaut "pour autant évidemment que leur évolution soit favorable en club."

Sans promettre des choses irréalistes, sans vendre du rêve, mais en expliquant d’autres méthodes de travail.

Ce projet se veut honnête et ancré dans la réalité belge. "Sans promettre des choses irréalistes, sans vendre du rêve, mais en expliquant d’autres méthodes de travail", insiste-t-il. La Belgique dispose selon lui d’un environnement de formation parmi les meilleurs d’Europe. "On est un petit pays et l’avantage, c’est que les meilleurs peuvent jouer contre les meilleurs très tôt", explique-t-il. C’est sur cette force structurelle, combinant exigence sportive et suivi scolaire au sein des clubs, que la Fédération entend s’appuyer pour convaincre.

La décision de supprimer les équipes nationales U15 et U16 a suscité des réactions, y compris en interne. Pierre Locht en explique la logique : ces catégories ne proposaient que des matchs amicaux, impliquant de longs voyages, des absences scolaires prolongées et un risque accru de blessures. "On s’est vraiment posé la question : est-ce que c’est vraiment une plus-value à cet âge-là déjà de faire des voyages pour des matchs amicaux, alors qu’ils sont bien en club ?" La conclusion, selon lui, était sans appel pour le cas belge : "Ce n’est pas spécialement une plus-value pour nous d’organiser ça."

Le budget ainsi économisé a été réinvesti dans un suivi renforcé par les Datas et dans une collaboration plus étroite avec les clubs. "On échange beaucoup plus de données sur les entraînements, sur ce que font les joueurs pendant la semaine. Les joueurs savent qu’ils sont identifiés par la Fédération, savent qu’ils sont suivis, reçoivent des rapports de notre part." Pierre Locht reconnaît néanmoins que ce choix comporte un risque dans le contexte des binationaux : "On savait que pour la problématique des binationaux, c’était peut-être un risque que l’on prenait. Et on fera le bilan dans cinq ans."

Représentativité interne : un chantier en cours

Pierre Locht reconnaît l’importance de la représentativité au sein des instances de la Fédération, pointée comme un levier d’attractivité pour les joueurs binationaux. Il cite les nominations récentes de Joachim Mununga comme coach des U17, de Dedryck Boyata dans le staff des U21, et d'Igor Vetokele comme Team Manager des Diables Rouges. "On essaie d’évoluer. Il faut aussi qu’il y ait une certaine logique et une certaine représentativité." Ces recrutements sont présentés non pas comme des gestes symboliques, mais comme le résultat d’un processus de sélection rigoureux. "C’est qu’au terme du process, on était vraiment convaincus que c’était leur qualité pour la fonction qui primait."

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