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Sunday, October 25, 2026

Contrôle des réseaux sociaux pour les mineurs: «Partout où ces mesures ont été mises en place, les enfants contournent»

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De plus en plus de pays optent pour restreindre l'accès aux réseaux sociaux pour les mineurs, même si l'efficacité et la durabilité de ces interdictions interrogent. Dernier en date, le Parlement grec vient d'adopter une loi interdisant aux moins de 15 ans l'accès aux réseaux sociaux à partir du 1er janvier 2027. Damien Van Achter, journaliste et chargé de programmes d'innovation à l'IHECS à Bruxelles, priorise l'obligation des plateformes à mieux protéger leurs utilisateurs dès leur conception.

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RFI : Comment expliquer la multiplication des restrictions d'accès aux réseaux sociaux pour les mineurs dans le monde ?

Il y a plusieurs raisons. La principale, c'est une forme d'échec de l'autorégulation, du moins perçue comme telle. Cela fait quinze ans maintenant qu'on voit bien que les plateformes ne savent pas fixer leurs propres règles. Les réseaux sociaux ont des effets délétères sur la population et sur les jeunes en particulier. Et nos législateurs ont toujours une guerre de retard sur la réalité du terrain et des plateformes. De manière assez flagrante, ils interviennent en régulation après coup. Et pour éviter ces retards, ils veulent maintenant anticiper. Et la seule chose qu'ils maitrisent, c'est la restriction.

Ces interventions peuvent-elles durablement changer les habitudes des adolescents ?

Non. Nous le voyons bien partout où ces mesures ont été mises en place : les enfants contournent, utilisent des VPN, font des faux comptes : c'est peine perdue. Alors oui, peut-être que dans un premier temps, certains se diront : « Moi je le fais pas. » Mais ils trouveront ailleurs. Il y aura d'autres plateformes où nous ne verrons rien.

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Ces restrictions peuvent-elles pousser les jeunes vers des plateformes moins contrôlées ?

De toute manière, ils feront autre chose. Les mineurs comme les majeurs d'ailleurs. Ma perception, ce n'est pas « faut-il interdire », mais plutôt « qui doit prouver quoi ». Je suis viscéralement contre la restriction des libertés, mais il faut pouvoir encadrer. Pour l’instant, c’est quand même un peu disproportionné, entre le blanc-seing quasi total offert aux plateformes et la responsabilité qui repose sur les utilisateurs. Même quand les plateformes sont condamnées à payer, les montants représentent un pouillème de ce qu’elles gagnent. C’est l’équivalent de quelques jours de travail. Pourquoi remettraient-elles l'intégralité de leur concept et de leur modèle économique en cause si, au bout du compte, ça ne leur coûte presque rien ?

Comment mieux protéger les mineurs sans passer par ce mode de restriction ?

La petite pointe d’éclaircie que nous voyons arriver, c’est le Kids Act, au niveau européen, qui n’est encore qu’à l’échelle d’une proposition. Normalement, lorsqu'on crée un compte sur une plateforme, l'expérience de l'utilisateur doit être sécurisée. Ce qui n'est pas le cas pour l'instant, alors que ça existe. YouTube, par exemple, a une version Kids et TikTok aussi. Or, l'expérience que nous avons par défaut, est celle du scroll infini et des notifications à 3h du matin. Si nous arrivons à faire en sorte que les plateformes soient obligées par défaut d'offrir une expérience utilisateur qui soit la plus sure possible, la moins invasive, la plus respectueuse possible des droits, des libertés individuelles, du temps de sommeil de chacun, cela changerait quand même la donne et protègerait mieux les mineurs des réseaux sociaux.

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À quel avenir faut-il s'attendre pour des réseaux sociaux dans les années à venir ?

La combinaison de cette obligation régulatoire qui arrive après coup avec des sanctions financières fonctionnerait bien. On l'a vu en France, quand la CNIL met des astreintes, ça marche. Chaque jour où vous n'êtes pas en conformité, on vous envoie une facture. Être safe design, autrement dit garantir la protection de la vie privée et du bien-être de l'utilisateur dès la création de son compte, est valable pour les mineurs et les majeurs. Il faut un modèle économique qui ne maximise pas le profit pour les investisseurs au détriment du bien-être des utilisateurs, ce qui est le cas pour l’instant. C’est la vision de l'avenir des réseaux sociaux la plus respectueuse pour protéger les jeunes plutôt que de les surveiller et de les obliger à s’authentifier.

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