Rapport préélectoral de la vérificatrice générale | Cinq milliards à trouver pour atteindre l’équilibre budgétaire en 2028-2029

(Québec) Avant de financer leurs promesses électorales, les partis politiques devront trouver une façon de combler un trou de près de 5 milliards de dollars pour arriver à l’équilibre budgétaire en 2028-2029.
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Le rapport préélectoral sur l’état des finances publiques du Québec et son analyse par la vérificatrice générale (VG) du Québec Christine Roy ont été présentés lundi. C’est sur cette base que les partis politiques vont construire leur cadre financier et expliquer de quelle façon ils financeront leurs promesses électorales. « C’est sûr qu’il n’y a pas une grande marge de manœuvre », a laissé savoir Mme Roy.
Le chien de garde des finances publiques établit que des « efforts budgétaires estimés au moins à 2 milliards en 2027-2028 et à 3 milliards en 2028-2029 » sont nécessaires pour équilibrer le budget, mais que le ministère des Finances ne les a pas identifiés. À cela s’ajoute un écart à résorber de 1,85 milliard de dollars pour cette dernière année.
Le Québec fait face à plusieurs défis. Le premier est que les revenus de l’État seront plus faibles que dans le passé. Au cours des 10 dernières années, l’argent provenant des taxes et des impôts a crû de 4,8 % par année. D’ici 2029, ça risque plutôt d’être de 3,7 %, en raison des tensions commerciales et de la stagnation de la population, notamment.
La démographie a en effet un impact sur le budget : au cours des quatre prochaines années, la population va stagner et vieillir. Alors que la population en âge de travailler va décroître, le nombre de 85 ans et plus augmentera de 20 %.
Du côté des dépenses, le cadre financier actuel prévoit déjà une réduction importante de la croissance du budget des différents ministères. Depuis 10 ans, la croissance des dépenses a été de 6 %. D’ici 2029, elle devrait plutôt être de 2,3 %. Pour deux années, elle doit même être de 1 %, soit bien en deçà de la croissance des coûts de systèmes, c’est-à-dire l’argent que l’on doit investir pour conserver le même panier de service. Si on choisit de ne pas hausser les taxes et impôts, il faudra donc couper davantage.
Ce trou à combler peut se manifester de différentes façons. La VG donne des exemples.
En Santé et services sociaux, elle calcule un « manque estimé à près de 500 millions pour 2027-2028 et à environ 800 millions pour 2028-2029 ». Cet écart est « principalement expliqué par le fait que le vieillissement de la population n’est que partiellement considéré » par le ministère des Finances.
En Justice, les prévisions ne tiennent pas compte des coûts pour compléter le plan de modernisation du système judiciaire lancé en 2018, soit environ 130 millions annuellement.
« Le rapport préélectoral fait mention de la baisse ou de la fin du financement de certains programmes […] sans toutefois quantifier les efforts budgétaires à réaliser », écrit la VG. « Bien que certaines mesures aient été déterminées pour combler ces écarts, une part importante des efforts à réaliser ne reposent sur aucune mesure définie. L’ampleur des mesures qu’il reste à déterminer n’est pas divulguée », note-t-elle.
Cela dit, le ministère des Finances inclut dans son budget des provisions pour éventualités de 2 milliards de dollars en 2026-2027 et 1,5 milliard dans les deux années subséquentes. Ces sommes sont prévus en cas d’urgence, et pourraient être utilisés pour combler un parti du trou.
La VG constate également que la trajectoire fixée par le gouvernement caquiste pour atteindre la cible de réduction de la dette du Québec repose sur une « diminution significative des investissements nets en immobilisation », alors même que nous vivons une crise des infrastructures vieillissantes.
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