Manifestation en France : 2331 gardes à vue et plus de 3000 commerces touchés durant le week-end

En France, la journée de samedi s’est soldée par près de 2400 interpellations. Près de 1000 membres des forces de l’ordre ont par ailleurs été blessés, selon les autorités. Ce week-end, à l’échelle nationale, il y a eu "2331 gardes à vue", et des dizaines de personnes ont été placées en détention provisoire à la suite des violences, a indiqué lundi le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin.
Certains manifestants ont aussi été grièvement blessés. À Saint-Étienne, un homme de 17 ans a eu la main arrachée par une grenade et, à Mulhouse (Haut-Rhin), une jeune femme du même âge a perdu un œil.
Les violences se sont poursuivies dimanche, dans des proportions moindres, avec quelque 350 interpellations dimanche et durant la nuit à Paris. Une trentaine de commerces ont été pillés, d’après le maire de la capitale, Emmanuel Grégoire. La préfecture de police a précisé que 351 personnes avaient été interpellées.
Plus de 3000 commerces touchés
Le gouvernement a annoncé lundi "qu'au moins 3.000 commerces" avaient été touchés par des dégradations ou des pillages ce week-end et qu'ils pourraient bénéficier de mesures de chômage partiel dès mardi ainsi que d'un "fonds de soutien spécifique".
"On a décidé de déclencher le chômage partiel dès demain, on le fait tout de suite à 100% (...) Il n'est pas question qu'il y ait de la casse sociale dans cette affaire", a déclaré Sébastien Lecornu à l'issue de la cellule interministérielle de crise.
"Nous allons débloquer un fonds de soutien spécifique pour l'ensemble de ces commerces", a ajouté le Premier ministre car "bon nombre de commerçants avaient déjà fait leur stock, y compris pour Noël" et il y a "un besoin de trésorerie".
L’exécutif reconnaît des défaillances
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a reconnu lundi "une perte de contrôle" des forces de l’ordre dans "certaines grandes villes" samedi en France lors de la journée de mobilisation contre la vie chère, émaillée de violences et de pillages.
Laurent Nuñez, dont la démission a été refusée dimanche par le président Emmanuel Macron, a également reconnu "un manque d’anticipation" dans la mobilisation des forces de l’ordre, dont les effectifs étaient sous-dimensionnés face aux casseurs et aux pilleurs venus en masse en marge des manifestations.
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a également reconnu que les autorités avaient "failli incontestablement" face aux violences, jugeant qu’il y avait eu "un défaut dans les renseignements".
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