Première sortie dans l’espace ce matin pour le Canadien Joshua Kutryk

L’astronaute canadien Joshua Kutryk réalisera ce matin à partir de 8 h (HAE) sa toute première sortie extravéhiculaire hors de la Station spatiale internationale (SSI), située en orbite terrestre à environ 400 kilomètres d’altitude.

Le Canadien Joshua Kutryk quelques instants après son arrivée dans la SSI
Photo : NASA
Accompagné de l’Américain Anil Menon, qui en sera à sa quatrième sortie, l’Albertain de 44 ans installera un panneau solaire à l’extérieur de la Station.
La participation du Canada à cette opération – qui doit durer environ 6 heures 45 minutes – ne s’arrête pas là. Le bras robotisé Canadarm2 sera utilisé pour manipuler les panneaux dont l’installation augmentera la capacité de production d'électricité de la Station pour soutenir les opérations essentielles, mais aussi pour permettre son désorbitage contrôlé prévu en 2030, selon le calendrier de la NASA.

Le 6 août dernier, l’astronaute américain Anil Menon a effectué une sortie extravéhiculaire pour préparer le segment de poutre où un panneau solaire sera installé jeudi.
Photo : NASA
Les astronautes Luke Delaney et Jessica Watkins, arrivés à la SSI en même temps que le Canadien, le 1er octobre dernier, seront dans la Station, aux commandes du Canadarm2, pendant la sortie.
Pour sa part, l’astronaute canadienne Jenni Gibbons assumera le rôle d'agente de liaison, ou « capcom », lors de l’opération à partir du centre de contrôle de mission de la NASA à Houston, au Texas. Elle sera ainsi responsable de la communication entre l’équipe au sol et l’équipage à bord de la Station.

L'astronaute de l'Agence spatiale canadienne Jenni Gibbon a également assumé les fonctions d'agente de liaison, ou «capcom», lors de la mission Artemis II. Les capcoms assurent les communications entre le centre de contrôle de mission et l'équipage dans l'espace.
Photo : NASA / Helen Arase Varga
Une autre sortie extravéhiculaire est prévue le 5 novembre prochain pour permettre aux mécaniciens de l’espace de terminer l’installation. Ces sorties sont les 285e et 286e réalisées pour l'assemblage, la maintenance et la mise à niveau de la SSI.
Un ajout essentiel
À la suite de ces installations, la Station comptera huit panneaux solaires supplémentaires, ce qui mènera à terme les travaux de mise à niveau visant à accroître sa capacité de production d’électricité.

Sur cette image, il est possible de voir les huit panneaux initiaux et six autres plus récents. Les deux derniers seront installés lors des deux prochaines sorties.
Photo : NASA
Conçus pour durer 15 ans, les panneaux solaires initiaux de la Station fonctionnent sans interruption depuis le déploiement de la première paire, en décembre 2000. S’ils fonctionnent toujours malgré certains signes de dégradation, la NASA a décidé d’en ajouter 8 nouveaux en 2021.
En procédant à ces installations, la capacité de production énergétique totale de la SSI sera augmentée de 20 % à 30 %.

L’astronaute Josh Cassada installe un panneau solaire sur la SSI en décembre 2022.
Photo : NASA
Délicates sorties extérieures
Avant de sortir dans le vide spatial, Joshua Kutryk devra enfiler une combinaison qui est le résultat de plus de 50 ans d'expérimentation et de recherche.
Selon la NASA, il faut plus de quatre heures pour mettre la combinaison, équipée de toutes les fonctions de survie nécessaires. Cet équipement compte 14 couches au total, dont plusieurs protègent l'astronaute des micrométéorites et des variations de température extrêmes.
Un club sélect
Joshua Kutryk devient le cinquième Canadien à s’aventurer hors de la SSI. Le tout premier a été Chris Hadfield en avril 2001, suivi de Steve MacLean en 2006, de Dave Williams en 2007 et de David Saint-Jacques en 2019.
C'est Dave Williams qui détient le record canadien du plus grand nombre d'heures passées à l’extérieur de la SSI. En 3 sorties, il a passé 17 heures et 43 minutes dans le vide spatial.
Une première mission pour Kutryk
Joshua Kutryk effectue actuellement une mission de six mois dans la SSI, sa toute première, mais également la première d'un Canadien dans le cadre du Programme des missions habitées commerciales de la NASA, un partenariat public-privé créé en 2010 pour transporter les équipages d'astronautes vers la Station depuis le sol américain, mettant fin à la dépendance vis-à-vis des vaisseaux russes Soyouz après la fin du programme des navettes en 2011.
Le Canadien contribuera à plusieurs études, dont certaines sur la santé mentale, la masse osseuse et la santé cardiorespiratoire.
Une station vieillissante
La structure de la SSI approche ses limites techniques. Le premier module, Zarya, de la Russie, a été placé en orbite il y a 28 ans, le 20 novembre 1998.
Les partenaires (États-Unis, Canada, Russie, Japon et Europe) prévoient maintenir ses opérations jusqu'en 2030. La SSI doit ensuite être dirigée, en janvier 2031, vers Point Nemo, une zone de l’océan Pacifique devenue un cimetière d’objets spatiaux.
Huit Canadiens, dont Marc Garneau, Julie Payette et David Saint-Jacques, ont réalisé neuf missions à bord de ce laboratoire de recherche qui gravite autour de la Terre.
Pas moins de 24 études canadiennes ont été menées à bord de la Station jusqu’à aujourd’hui, dont certaines sont toujours en cours.
Le fondateur du Cirque du Soleil Guy Laliberté et l’homme d’affaires Mark Pathy y ont également séjourné dans le cadre de programmes privés.
Les astronautes canadiens dans la SSI
- Julie Payette (1999 et 2009) a été la première Canadienne à se rendre à bord de la SSI.
- Marc Garneau s'est rendu à la SSI en 2000 lors de sa troisième mission spatiale.
- Chris Hadfield (2001 et 2012-2013) a installé le bras robotique Canadarm2 en 2001 (STS-100), et il est devenu en 2013 le premier Canadien à commander la SSI.
- Steve MacLean s’est rendu à la SSI en 2006, et il a été le premier à manœuvrer le Canadarm2 depuis l'espace.
- Dave Williams a effectué trois sorties dans l'espace en 2007 pour poursuivre la construction de la Station.
- Robert Thirsk est devenu en 2009 le premier Canadien à effectuer une mission de longue durée à bord de la SSI (6 mois).
- David Saint-Jacques a passé 204 jours à bord de la Station en 2018-2019.
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