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Tuesday, September 29, 2026

Duhaime sommé par Ghazal de se rétracter pour des faussetés à propos des demandeurs d’asile

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Le chef conservateur, Éric Duhaime, a énoncé plusieurs faussetés à propos des demandeurs et des demandeuses d’asile au cours de la campagne, selon une vérification des faits réalisée par Radio-Canada. Devant des approximations « irresponsables », la co-porte-parole solidaire, Ruba Ghazal, demande à son adversaire de se rétracter.

À toutes les tribunes depuis le début de la course électorale, Éric Duhaime a répété que plus du tiers des demandes d’asile présentées au Canada s’avèrent frauduleuses et que cette catégorie d’immigrants et d’immigrantes jouit de privilèges gratuits qu’il importe de réduire à peau de chagrin.

C’est sur cette base que les troupes conservatrices promettent l’expulsion de 70 000 demandeurs et demandeuses d’asile du Québec.

Ces prétentions sont fausses ou, au mieux, inexactes, conclut une vérification de Radio-Canada parue mardi. Le camp conservateur assimile les demandes refusées à des fraudes, mais la réalité nécessite davantage de nuances. Les demandes formulées sur de fausses prémisses représentent seulement 2,6 % du total en excluant les demandes retirées ou abandonnées, conclut la société d’Éta,t sur la base de données de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié (CISR) du Canada.

Le chef conservateur a aussi accusé à plusieurs reprises les demandeurs et les demandeuses d’asile de « profiter » de la générosité de l’État. Les services gratuits dénoncés par Éric Duhaime ne le sont toutefois pas : le Programme fédéral de santé intérimaire défraie 70 % des frais pour des soins de la vue, dentaires ou psychologiques. Les bénéficiaires, donc, doivent encore débourser près du tiers de la facture.

Idem pour l’accès gratuit à un ou une avocate qu’Éric Duhaime a vertement dénoncé au cours de la campagne. Les demandeurs et les demandeuses d’asile ont droit à l’aide juridique, mais selon les mêmes critères que les Québécois et les Québécoises.

Le budget des conservateurs « au pays des Calinours »

Éric Duhaime n’avait pas réagi à cette vérification des faits au moment où ces lignes étaient écrites. Ses adversaires, toutefois, ont tour à tour dénoncé les largesses factuelles du chef du Parti conservateur du Québec.

« Balancer des chiffres, comme ça, sur des êtres humains qui fuient un danger dans leur pays pour venir se réfugier au Québec, c’est irresponsable et, en plus, c’est faux, a tonné Ruba Ghazal. Il devrait se rétracter. Il faut qu’on soit responsable quand on parle d’un enjeu aussi sensible, aussi important que l’immigration. »

Le chef libéral, Charles Milliard, de son côté, a souligné que « ça fait 10 ans qu[’il] dénote des inexactitudes dans les propos d’Éric Duhaime ».

« Le cadre financier d’Éric Duhaime, j’ai été un des premiers à le critiquer parce que ça ne tient pas la route. C’est impossible, a asséné le leader du Parti libéral du Québec, de couper 47 milliards de dépenses sans conséquences. C’est impossible de couper 20 000 fonctionnaires sans conséquences. Et c’est impossible d’avoir tous les effets dynamiques des baisses d’impôts qui vont générer encore plus de croissance. »

Ces approximations, a-t-il encore dénoncé, signifie que le camp conservateur vit au « au pays des Calinours au niveau financier ».

« Je ne comprends pas pourquoi on voudrait mettre ces gens-là au pouvoir », a conclu le chef libéral.

Paul St-Pierre Plamondon, lui, accuse Éric Duhaime d’aborder des enjeux « qu’il ne maîtrise pas » uniquement en fonction de son « profit politique ».

« Il tente de faire croire à la population que son autonomisme, qui est un copié-collé de ce que François Legault nous disait il y a quatre ans, change quoi que ce soit à Roxham, à la frontière ou aux aéroports, comme si le Québec avait une quelconque influence, a affirmé le chef péquiste. Son hypothèse, c’est de nous dire que parce que ce serait Duhaime, et non Legault, ça va être complètement différent avec la même recette. Je le laisse se justifier. »

Le chef du Parti québécois, lui-même favorable à une baisse importante des seuils d’immigration, n’a pas encore exposé sa vision en ce qui a trait aux demandes d’asile.

Mardi, il a toutefois indiqué que « jamais il n’y a eu un débat démocratique sur l’idée qu’on passerait à 200 000 demandeurs d’asile en attente, 190 000 en ce moment sur le territoire québécois. Ça s’est fait de manière complètement antidémocratique et oui, ç’a un impact sur les services et sur le logement ».

Le chef conservateur doit faire une annonce en matière de justice à 14h30 à Saint-Joseph-de-Beauce.

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