En France, les vendanges battent des records de précocité à cause de la chaleur

Le raisin n'a jamais été coupé aussi tôt en France. Effet de la sécheresse et des canicules, les vendanges ont déjà débuté en Champagne, dans le Bordelais, le Beaujolais ou encore dans le vignoble nantais où l’on produit du muscadet, un vin blanc sec. Ce démarrage intervient une semaine plus tôt que le précédent record de précocité qui datait de 2003. Une situation inédite à laquelle les vignerons s'adaptent.
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Avec notre correspondant en Loire-Atlantique, Léo Hélaine
Hotte sur le dos, François, salarié du domaine Huchet dans le département de la Loire-Atlantique, se presse pour récupérer les raisins coupés. « C'est très intense », avoue-t-il, « mais c'est vrai que tout se joue là, donc il faut être très bon dans l'urgence, il faut être réactif, il faut être présent. »
Et ce n'était pas évident car il a fallu s'organiser à la hâte. Il y a encore moins de dix ans en effet, chez Jérémy Huchet, dont le domaine est proche de la commune de Château-Thébaud, le raisin était coupé au mois de septembre... Une telle précocité, « c'est du jamais vu, et ça risque de se répéter ! », prédit l’exploitant, « donc les vignerons qui prenaient des vacances fin août vont devoir changer leurs habitudes ! », lance-t-il en esquissant un sourire.
En raison de la chaleur, Jérémy Huchet a aussi été contraint d'adapter les horaires de travail dans les vignes. Désormais, la récolte du raisin commence dès le lever du soleil, à 6h45, pour se terminer à 13 heures. Parce que « rentrer du raisin trop chaud, c'est mauvais pour leur qualité », développe ce dernier, avant d'expliquer que cette nouvelle organisation a aussi été mise en place pour que « les équipes ne souffrent pas trop ».
La chaleur influence aussi la quantité et la qualité du vin. Alors qu’une belle récolte se profilait, « elle sera beaucoup plus faible que prévue car les baies ont rétréci », observe François. À défaut d’être moins juteux, les fruits ont cependant gagné en concentré et en richesse, donc « on s’attend à un millésime très riche, fruité, avec beaucoup de volume et d’ampleur », promet-il.
Précocité, quantité, goût… Le réchauffement climatique bouleverse tout pour les vignerons, si bien que la profession en vient à se poser beaucoup de questions. Ainsi, selon François, il est désormais nécessaire d’intégrer le fait qu’une production agricole sur quatre pourrait être perdue en raison de ces à-coups climatiques. « Et il faudra que le consommateur accepte de payer les produits agricoles français un peu plus cher s'il veut encore avoir des paysans en France, ça c'est certain », regrette-t-il.
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