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Tuesday, October 6, 2026

Qui est le premier ministre désigné, Paul St-Pierre Plamondon?

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Le premier ministre désigné, Paul St-Pierre Plamondon, a été un « fédéraliste déçu », puis un « progressiste » découragé par l’offre politique du Parti québécois (PQ) avant de mener la formation souverainiste à la victoire, lundi. Qui est-il, au juste ? Le Devoir vous en dresse le portrait.

En 49 ans de vie, Paul St-Pierre Plamondon est passé par toute la gamme des réponses à la question nationale. Après avoir voté pour le Oui en 1995 — contre l’avis de ses parents, de surcroît —, il a adopté une position fédéraliste au tournant du siècle.

En travaillant comme jeune avocat au sein du Groupe Polygone, une compagnie impliquée dans le scandale des commandites, en 2007 et en 2008, il dit cependant être devenu désabusé du Canada.

« J’avais tenté de voir ce qui pouvait être réparé dans le système fédéral, mais j’en suis venu à la conclusion […] que rien ne peut être fait », a-t-il résumé en fin de campagne.

En 2014, il a plaidé, dans son livre Les orphelins politiques, pour un renouveau du paysage politique québécois. Il y écrivait notamment que les progressistes du Québec devraient « dissocier leur projet de la question de la souveraineté du Québec ».

2016, puis 2020

Deux ans plus tard, il s’est lancé, sans succès, dans la course à la chefferie du PQ. Il voulait alors que le PQ redevienne « un parti ouvert, invitant, au service de ceux qui vivent des injustices, peu importe leur langue maternelle, peu importe leur religion ».

Après sa défaite, il a été mandaté pour préparer un rapport sur l’avenir du PQ. En avril 2017, il a signé Osez repenser le PQ, un document de 50 pages qui constatait, entre autres choses, que la formation souverainiste « n’avait pas été assez présent[e] au cours des dernières années pour tisser des liens de confiance » avec les communautés de la diversité culturelle.

En 2020, Paul St-Pierre Plamondon a de nouveau tenté sa chance dans la course à la direction péquiste. Il en est sorti gagnant en pleine pandémie, devant Sylvain Gaudreault, Guy Nantel et Frédéric Bastien.

« Ce soir, les membres ont tranché et ce sera le changement, le renouveau et l’esprit d’aventure qui [animeront] le Parti québécois au cours des prochaines années », a-t-il lancé, au terme d’une campagne durant laquelle il a remis en avant l’idée d’organiser un référendum dans un éventuel premier mandat.

Celui qu’on surnomme PSPP est « motivé par le service public et [par l’idée] d’aider les gens », a affirmé son père, Jacques Plamondon, rencontré en marge d’un arrêt de campagne dimanche. « En sixième année, il avait demandé une rencontre avec le directeur général de la commission scolaire, parce qu’il était dans une école à vocation musicale […] et les profs boycottaient le concert de fin d’année », a-t-il raconté.

« Ça se dessinait comme ça. »

Peu avant l’âge adulte, son fils avait participé à un échange international durant lequel il s’était retrouvé dans une famille danoise dirigée par un pasteur luthérien, qui a eu une grande influence sur lui.

Député depuis 2022

Le 3 octobre 2022, Paul St-Pierre Plamondon est devenu député de la circonscription de Camille-Laurin. Au cours de la période électorale, une de ses adversaires dans la circonscription montréalaise, la solidaire Marie-Eve Rancourt, avait été forcée de retirer sa candidature après avoir été vue en train de retirer un dépliant aux couleurs péquistes de la boîte aux lettres d’un électeur.

Sur le plan national, le PQ n’a obtenu que trois sièges et 15 % des suffrages aux élections générales de 2022, le pire résultat de son histoire. Près de six mois plus tard, Paul St-Pierre Plamondon récoltait toutefois un appui quasi unanime des partisans de la formation souverainiste au congrès des membres de mars 2023, avec 98,5 % des voix.

En octobre de la même année, le chef péquiste a ajouté un nouveau membre à son équipe (Pascal Paradis) en remportant l’élection partielle de Jean-Talon. Les trois scrutins complémentaires suivants (Terrebonne, Arthabaska-L’Érable, Chicoutimi) ont été gagnés par le PQ.

En 2024, à l’occasion d’un conseil national à Drummondville, le chef du parti a affirmé que d’« ici quelques années, assurément d’ici la fin de la décennie, nous vivrons bel et bien un troisième référendum sur l’indépendance du Québec ».

Depuis, il a choisi de reporter la tenue de cette consultation populaire à l’après-Donald Trump, mais a promis de « tenir parole » quant à son engagement phare.

« Il garde toujours la même idée, a dit son père dimanche. Même si ce n’est pas payant électoralement. »

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