The Jerusalem PostTrump says Iran probably responsible for attack on Saudi pipelineESPNExperts' picks: Who will win this clash of big hitters?CNN TürkBakan Gürlek duyurdu! Turizmde huzur operasyonları: 106 şüpheli tutuklandıESPN Deportes¿Cuándo debuta Rebeca Bernal con Man United?PunchImo LG polls to hold September 26InquirerRidon to Sara Duterte: Attend Monday’s Senate impeachment trialDaily MaverickThe invisible border — how 9/11 reshaped global security and identity 25 years laterוואלהרוכב אופנוע כבן 30 נפצע באורח בינוני בתאונה עצמית בכביש 899Bollywood HungamaBREAKING: Daayra marks Kareena Kapoor Khan’s TENTH film to receive ‘A’ rating from CBFC; Kunal Kemmu’s Vibe also gets adult certificateNotJustOkAla Bekee Lyrics by Yemi Alade & Don Jazzy
The Daily Newsstand · Free, Always
Saturday, September 12, 2026

Relations Canada–États-Unis | Le Teckel et le Berger allemand

Translate

Voulant une fois de plus montrer l’agacement du gouvernement Trump face aux autorités canadiennes qui refusent de se faire intimider, le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a choisi cette semaine une métaphore canine pour dire autrement que le Canada et les États-Unis ne peuvent combattre économiquement dans la même catégorie.

Publié à

Sur un ton enrobé de mépris, il a expliqué qu’il avait un berger allemand de 110 livres qui, au parc, se faisait narguer continuellement par un petit teckel qui n’arrêtait pas de japper après lui. Pendant longtemps, ajoute Bessent, son berger allemand a ignoré les provocations, jusqu’au jour où, conclut-il, « il en a eu assez ».

Que s’est-il passé entre les deux ? Scott Bessent ne le dit pas, mais on peut imaginer que son chien a fini par attaquer violemment le teckel représentant évidemment le Canada. C’est une image très réductrice, mais la planète est désormais vaccinée contre ce type d’ultimatum provenant des faucons MAGA.

PHOTO CALLAGHAN O’HARE, ARCHIVES REUTERS

Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent

À preuve, depuis le début de sa guerre contre l’Iran, combien de fois Donald Trump a-t-il menacé de détruire, anéantir, pulvériser, faire mourir une civilisation et même rayer complètement ce pays de la carte ? Pourtant, l’Iran est toujours debout, la main solidement posée sur le détroit d’Ormuz. Preuve que la puissance économique et militaire peut être trompeuse, surtout si elle est portée par des gens dénués de culture.

Croire que l’Amérique a juste besoin de bander ses muscles pour mettre à genoux la civilisation perse est une erreur de jugement que seuls les ignares en matière d’histoire peuvent faire.

Selon la même logique, voir dans la petitesse du teckel un signe de faiblesse est une représentation que seuls ceux qui ne connaissent pas le monde canin peuvent se faire. Il faut rappeler à M. Bessent que ce petit chien a des mâchoires et une dentition puissantes, du moins pour un chien de sa taille.

Cet animal qu’il méprise a été justement sélectionné en Allemagne pour sa combativité et son courage, des caractéristiques qui en faisaient le compagnon idéal pour la chasse au blaireau. D’ailleurs, en langue allemande, son nom (Dachshund) signifie littéralement « chien à blaireau ».

Son corps a été façonné pour lui permettre d’entrer dans des terriers, de creuser avec ses puissantes pattes et d’aller affronter une bête beaucoup plus grande que lui, un animal doté de dents et de griffes destructrices. Son thorax long et très développé lui a valu le surnom de chien saucisse quand des Allemands qui en possédaient et qui mangeaient de la saucisse de Francfort ont immigré aux États-Unis.

Déjà à cette époque, l’Amérique méprisait cette race en racontant sarcastiquement que les saucisses que vendaient les immigrants allemands étaient fabriquées avec la chair de leur teckel qui avait la même forme allongée. C’est ainsi d’ailleurs qu’est née la dénomination « hot-dog » que nous utilisons encore aujourd’hui.

Pourtant, historiquement, ce corps allongé était plutôt un espace surdimensionné pour accueillir un cœur et des poumons capables de soutenir des efforts de chasse prolongés dans une tanière. En plus de sa résistance, cette traque souterraine loin du regard des humains a aussi façonné le caractère du teckel. Elle en a fait un chien indépendant et très audacieux qui ne reculait jamais tant que le blaireau ou le renard n’était pas sorti de son trou. Bref, loin d’être un indicateur de faiblesse, la petitesse du teckel était plutôt son arme principale.

Je prends ce long détour pour dire simplement que le Canada « teckelisé » par M. Bessent n’a peut-être pas la même force économique que les États-Unis, mais qu’il tient le berger allemand symbolisant l’Amérique par des points de vulnérabilité.

En effet, au pays de M. Trump, le Canada fournit un peu plus de 60 % du pétrole brut qui y est raffiné, plus de 80 % de la potasse indispensable à son agriculture, près de 60 % de ses besoins en aluminium, la presque totalité du gaz naturel qui y est importé par pipeline et un peu plus de 80 % de ses importations d’électricité. À ces déjà très nombreux points sensibles sur lesquels le Teckel peut mordre, on peut ajouter la dépendance des centrales nucléaires américaines à l’uranium canadien. Plusieurs minéraux critiques indispensables aux technologies modernes et à la transition énergétique américaine viennent aussi du Canada.

Malgré ces nombreux points de dépendance qui sont autant d’armes de destruction massive entre les mains d’Ottawa dans la guerre commerciale qui l’oppose aux États-Unis, le président Trump continue de répéter ad nauseam que les États-Unis n’ont absolument pas besoin du Canada. Il a poussé cette rhétorique insultante et annexionniste si loin qu’aujourd’hui, selon un sondage Angus Reid publié le 8 septembre, 73 % de la population canadienne estime que le gouvernement Carney devrait refuser de faire des concessions et se battre contre le géant intimidateur.

Pourtant, céder à cette tentation, si politiquement alléchant cela soit-il, est loin d’être la route de la sagesse. En effet, un peu comme le teckel et le berger allemand proviennent du même pays, la géographie a rendu le Canada et les États-Unis économiquement très interdépendants.

Pour rester dans le langage un peu vulgaire, plus familier au président américain, disons que les deux pays se tiennent mutuellement par les testicules. Or, quand on se tient mutuellement par les couilles, il est préférable de négocier plutôt que de jouer au plus fort la poche.

View the original on La Presse

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.