Commandement unique et peloton d’infanterie: Bruxelles s’organise face aux fusillades liées à la drogue
Face à la multiplication des récents tirs et fusillades liés au trafic de drogue dans la capitale, la riposte s’organise à tous les niveaux de pouvoir. Ce mercredi, la Conférence des bourgmestres bruxellois et le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin ont annoncé une série de mesures immédiates. Commandement opérationnel unique pour les six zones de police de la capitale, renforcement de la présence nocturne ou encore déploiement d’un peloton d’infanterie supplémentaire: voici le plan complet.
SW
Source: avec Belga
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Les six zones de police bruxelloises passent sous un commandement opérationnel unique “Gold” afin de renforcer leur réponse aux récents tirs dans la capitale, a annoncé mercredi la Conférence des bourgmestres bruxellois. La décision intervient avant le Conseil régional de sécurité (Cores) convoqué à 18h00 par le ministre-président bruxellois Boris Dilliès (MR).
Présence policière renforcée
Après concertation avec les six chefs de corps, les bourgmestres ont décidé de renforcer immédiatement la présence policière, particulièrement en soirée et durant la nuit, et de concentrer davantage de moyens dans les zones identifiées comme des “hotspots”.
Les 170 opérateurs des unités spécialisées SAU (Special Assistance Unit) passeront sous ce commandement unique, avec des unités déconcentrées. Leur capacité opérationnelle ainsi que la capacité de réaction rapide seront renforcées.
L’unité INT, notamment chargée du maintien de l’ordre lors de manifestations et d’événements liés au football, sera renforcée via un appel à volontaires afin de libérer des équipes de proximité. Les brigades canines K9 seront également davantage mobilisées la nuit.
Regroupement des dispatchings
Les dispatchings des six zones doivent par ailleurs être regroupés à brève échéance au sein de safe.brussels, sous la coordination d’un commissaire divisionnaire. Les capacités du service ARGOS, qui exploite notamment la vidéosurveillance et la reconnaissance automatique des plaques d’immatriculation, seront renforcées pour permettre une activité 24 heures sur 24 et sept jours sur sept.
Les bourgmestres réclament parallèlement davantage de moyens pour la police judiciaire fédérale afin de démanteler les réseaux criminels à l’origine des violences.
Le Cores doit réunir mercredi soir notamment Boris Dilliès, le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin (MR), le procureur du Roi Julien Moinil, la commissaire nationale aux Drogues Ine Van Wymersch et les bourgmestres bruxellois.
Un peloton d’infanterie supplémentaire
Un peloton d’infanterie supplémentaire sera déployé dans le cadre de la lutte contre la violence liée au trafic de drogue à Bruxelles, a par ailleurs annoncé le ministre de l’Intérieur, Bernard Quintin dans un communiqué.
Le déploiement des unités spéciales de la police (DSU) est renforcé, a-t-il précisé. Les opérations FIPA (Full Integrated Police Action) contre le trafic de drogue seront poursuivies et adaptées à l’évolution de la situation sur le terrain. La police judiciaire fédérale de Bruxelles sera encore renforcée structurellement.
“Pour garantir la sécurité de nos citoyens, un effort supplémentaire est nécessaire. Si nous n’agissons pas aujourd’hui de manière concertée et ferme, nous continuerons à agir après coup. C’est pourquoi nous renforçons considérablement la présence fédérale sur le terrain”, a-t-il souligné.
“Nous nous trouvons dans une situation d’urgence nationale.”
Le ministre fédéral plaide par ailleurs pour d'autres mesures, dont l'extension du déploiement des militaires dans les rues au-delà du dispositif actuel dans les gares et métros.
Une priorité “absolue” pour les autorités
Il réclame aussi plus de places dans les centres fermés pour procéder au retour des personnes en séjour irrégulier, des mesures pour couper les communications entre les trafiquants incarcérés et le monde extérieur, un enregistrement obligatoire des trottinettes pour mieux suivre leur utilisation, etc. Il rappelle en outre, à l'adresse des pouvoirs locaux, que certaines mesures peuvent être prises comme des interdictions de rassemblement et de lieu. Les bourgmestres disposent aussi de compétences pour intervenir à l'égard de commerces liés au trafic de drogue.
“Nous nous trouvons dans une situation d’urgence nationale. Le fait qu’un commissariat de police ait été pris pour cible montre à quel point la situation est grave. La nouvelle dimension de la violence, avec des armes de guerre, exige que nous mobilisions tous les moyens nécessaires. La lutte contre la criminalité organisée est une responsabilité commune et doit être une priorité absolue”, a encore expliqué le ministre.
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