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Monday, October 19, 2026

France: un an après le casse du Louvre, où en est la sécurité dans les musées?

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Un an après le cambriolage du Louvre, chaque vol de musée fait la une des médias en France. Le vol des joyaux de la couronne, au sein du musée le plus visité au monde, a mis en lumière la fragilité de la sécurité des sites culturels qui doivent répondre à un défi : accueillir du public tout en protégeant les œuvres inestimables qu'ils exposent. Certains musées en viennent à conserver leurs pièces les plus précieuses dans leurs réserves, et à exposer des fac-similés, voire des photos. Pourquoi les musées sont-ils des cibles ? Assiste-t-on à une épidémie de cambriolages de musées ? Le problème de leur sécurité est-il insoluble ?

La couverture en bronze de cet ouvrage est signée du grand peintre espagnol Salvador Dali. Elle a été dérobée dans la nuit du 4 au 5 octobre dans un centre privé d'art moderne à Issoire, en Auvergne. C'est le dernier cambriolage en date dans un musée français. Le lieu est actuellement fermé le temps de l'enquête, mais son propriétaire, Christian Karoutzos, ne compte pas le rouvrir. « Je ferme tout. J'en ai assez. Vous ne pouvez pas savoir le traumatisme que j'ai subi. C'est le travail d'une vie. Rien ne peut me consoler. Ils ont voulu le descendre par les escaliers, le livre a glissé. Les amateurs d'art, eux, prennent des précautions », fulmine-t-il.

« Ce sont des vols qui se multiplient, malheureusement. Les voleurs sont intéressés par la matière de l'œuvre et pas par la valeur patrimoniale », précise Me Célia Chauffray, avocate au barreau de Paris, spécialiste du marché de l'art et des biens culturels. Si elle avance cette théorie, c'est que l'œuvre de Dali est composée de matières précieuses, possiblement revendues à la pièce ou fondues. Or, le prix du kilo d'or a été multiplié par cinq en 20 ans. Christian Karoutzos, l'été dernier, avait détaillé sa composition dans la presse locale. Il le regrette aujourd'hui. « Les perles de culture sur le côté, ainsi que des dents en or, des fourchettes en or et une quantité de pierres précieuses », énumérait-il.

« Le grand banditisme semble avoir déporté une partie de son attention vers les musées »

« À l'instar de ce qu'il s'est passé au musée du Louvre, je pense que ce sont des gens qui agissent sur commande. Il faut quand même avoir a minima déjà les capacités techniques pour dessertir des pierres, pour faire fondre de l'or, et ensuite les connaissances sociales pour savoir où les revendre et à qui. Ce qu'on sait, c'est que le grand banditisme semble avoir déporté une partie de son attention vers les musées, avec un niveau de sécurité qui est bien moindre que celui des bijouteries-joailleries qui ont eux renforcé leur sécurité. Même chose pour les banques. Il y a plus d'espèces dans les banques, sauf cas très exceptionnels », détaille l'avocate.

Contrairement à une idée reçue, la France n'assiste pas à une recrudescence des vols dans ses musées. On en compte en moyenne une vingtaine par an, depuis plusieurs années. En revanche, le cambriolage du Louvre a créé une onde de choc et renvoyé aux sites culturels l'angoisse de leur propre vulnérabilité. Stéphane Thefo est expert dans la sécurisation du patrimoine. Il y a un an, il espérait couler une retraite paisible quand le Louvre a été pris pour cible. Et depuis ? « Je n'arrête pas. J'ai jamais travaillé autant », confie-t-il.

« Les réactions n'ont pas été à la hauteur de cette épée de Damoclès »

Cela fait un an que le téléphone de Stéphane Thefo ne cesse de sonner. Des musées publics et privés l'appellent pour bénéficier de ses conseils : « Il n'a pas fallu attendre le Louvre pour voir un vol important commis. Mais le problème, c'est que les réactions n'ont pas été à la hauteur de cette épée de Damoclès. C'est vrai, c'est un problème qui est souvent avancé par les responsables. Ils n'ont pas l'argent pour. Moi, je m'inscris en faux. J'ai constaté à moult reprises que l'on pouvait élever le niveau de sûreté en ne prenant pas de grandes mesures. Ce qui a un coût, ce sont les vitrines. Mais sinon, dernièrement, on a eu une tentative de vol au musée Nissim de Camondo à Paris. L'alarme s'est déclenchée et a suffi à faire fuir le voleur. »

Pour Stéphane Thefo, une meilleure prévention des risques est évidemment une réponse. Mais elle doit être aussi judiciaire pour Me Célia Chauffray : « Porter atteinte à une œuvre d'art, c'est faire disparaître quelque chose qui est unique et irremplaçable. Le droit n'en tient pas compte puisque, par le jeu des circonstances aggravantes, le vol du Louvre et le cambriolage d'une maison avec les mêmes circonstances aggravantes, la peine encourue est strictement identique. Donc le ratio bénéfice-risque est vite considéré. » Pour l'avocate, il faudrait que le vol d'objet d'art soit plus lourdement puni par la loi, et que des aménagements de peine soient possibles en échange d'informations sur les commanditaires. C'est le cas en Italie, où il existe un statut de repenti.

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