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Tuesday, September 22, 2026

Mélanie Dony, nettoyeuse de l’extrême : "On est vraiment là pour les aider, sans jugement"

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Des rats, des déchets accumulés pendant des années, des excréments, du vomi… Le quotidien de Mélanie Dony est loin du traditionnel coup d’aspirateur. Depuis trois ans, cette Hannutoise a créé sa propre société de nettoyage et intervient aussi bien chez des particuliers que dans des bureaux ou des commerces. Mais ce sont surtout les situations les plus extrêmes qui la passionnent. "Je sens que là, ils ont vraiment besoin de moi, c'est un challenge de réussir à passer au-dessus de nos à priori et au-dessus de ce qui nous dégoûte", explique la nettoyeuse de l'extrême. 

Avant de se lancer dans ce secteur, Mélanie travaillait dans la vente. Elle avait alors le sentiment de tourner en rond. C’est en découvrant le nettoyage qu’elle a eu le déclic, notamment après une première intervention chez une personne souffrant du syndrome de Diogène.

Aujourd’hui, elle intervient environ deux fois par mois sur des chantiers de ce type, notamment à Ans, Liège ou encore Beaufays. "J’ai eu un chantier à Ans, principalement lié au syndrome de Diogène. On peut retrouver des cartons de pizzas, des canettes en très grosses quantités. Mais chez ce monsieur, par exemple, il y avait des rats. On a dû dégager 25 litres d’excréments qui débordaient des toilettes et une centaine de bouteilles d’urine, vidées à la main", raconte-t-elle.

Une véritable tenue de combat

Pour affronter ces conditions, Mélanie ne part évidemment pas avec un simple tablier et une paire de gants. Combinaison blanche de la tête aux pieds, bottes de sécurité, gants et masque équipé d’un filtre adapté : son équipement est indispensable pour se protéger.

Certains chantiers peuvent nécessiter jusqu’à quatre jours de travail avec son équipe. "Je suis fatiguée physiquement, mais aussi mentalement après quatre jours intenses". Le coût d’une intervention de nettoyage de l’extrême peut alors atteindre 3.000 à 5.000 euros. Dans certaines situations, une société spécialisée dans la désinfection doit également intervenir.

Mais derrière ces logements très encombrés, Mélanie voit surtout des personnes en grande détresse. Divorce, perte d’emploi, addiction, décès… Le syndrome de Diogène peut apparaître dans des contextes de rupture et d’isolement importants. Les interventions peuvent être demandées par la famille, un CPAS ou parfois même des voisins alertés par des odeurs.

"Quand on intervient dans ce genre de chantier, on est vraiment là pour les aider, sans jugement. Et si ce n’est pas la personne directement concernée parce que parfois il est trop tard, elle est décédée, on pense aussi à la famille, qui découvre la catastrophe. Alors là, on se munit de notre tenue et il n’y a pas de limite, on peut aller au combat", explique Mélanie.

Pour elle, le nettoyage dépasse donc largement la simple remise en ordre d’un logement. "C'est très satisfaisant de redécouvrir un intérieur, c'est vrai. Mais je le fais avant tout pour le côté humain". 

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