La Presse en Alberta | La communauté de Wainwright en deuil

La communauté de Wainwright est sous le choc dimanche, au lendemain du violent incendie qui a ravagé la base militaire des Forces armées canadiennes.
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À l’aréna local, l’émotion dans les yeux des parents venus regarder leurs enfants jouer au hockey détonne.
C’est que la communauté de près de 7000 résidants est tissée serrée. À peu près tout le monde connaît quelqu’un qui travaille à la base militaire. Aujourd’hui comme hier, le moulin à rumeurs roule à plein régime. Y a-t-il d’autres morts que les quatre annoncées ? Combien y a-t-il de blessés ? Quelle est la cause de cette tragédie ?
Sherri et Chris Pfisterer accompagnaient dimanche matin leurs petits-enfants à l’aréna du coin. Samedi, ils ont entendu, comme c’est régulièrement le cas, les détonations en provenance de la base.
PHOTO ANTOINE TRÉPANIER, LA PRESSE
Chris et Sherri Pfisterer
« Toute la journée, ils faisaient des exercices », dit M. Pfisterer. D’autres résidants ont observé la même chose. Les fenêtres de leur maison se sont mises à vibrer, tout comme la vaisselle dans les armoires. Comme d’habitude. Puis le vent s’est levé. Un fort vent qu’on en ressent rarement. Ils ont pris la route et les détonations ont cessé. Le silence était lourd, comme ce matin dans le village. Puis, l’épais nuage de fumée de l’incendie a monté dans le ciel. Ils ont rapidement croisé des premiers répondants.
« On a vraiment le cœur serré en pensant à tous ces pauvres jeunes hommes et femmes qui se trouvaient sur place, à leurs familles, ainsi qu’à tous les premiers intervenants qui doivent se rendre sur les lieux et faire face à une telle situation », témoigne Sherri Pfisterer, la voix brisée par l’émotion.
On espère simplement que tout ira pour le mieux, n’est-ce pas ? On espère juste que tout ira pour le mieux. C’est tout ce qu’on peut faire.
À sa maison d’un quartier résidentiel paisible où bon nombre de ses voisins sont des militaires et des vétérans, le maire de Wainwright Bruce Pugh nous accueille dans son salon. Il raconte comment les premiers répondants ont été rapides, ont évité la propagation des flammes et ont sans doute sauvé des vies.
PHOTO ANTOINE TRÉPANIER, LA PRESSE
Le maire de Wainwright, Bruce Pugh
« Il y aura, bien entendu, des gérants d’estrade qui vont dire : « Vous auriez dû faire ceci ou cela », mais cela fait partie du processus. Quoi qu’il en soit, il me semble que Wainwright parvient toujours à se surpasser, grâce aux membres de sa communauté et à ceux qui l’entourent, qui travaillent tous ensemble », dit-il.
Il attend maintenant des nouvelles des Forces armées canadiennes.
Dans les prochaines heures, le député fédéral du coin et chef du Parti conservateur, Pierre Poilievre, est attendu dans la petite ville. Ce n’est pas le premier incident mortel qui survient à la base de Wainwright. En 2014, un soldat canadien a été tué et quatre autres ont été blessés lorsqu’un véhicule LAV III s’est renversé au cours d’un exercice d’entraînement. Trois ans plus tard, un autre incident mortel impliquant un véhicule blindé léger a coûté la vie à un militaire et blessé trois autres soldats.
Puis, en 2020, un autre soldat est mort après avoir été atteint par des tirs lors d’un exercice à munitions réelles.
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