Cette découverte extraordinaire avec un dinosaure nous rapproche-t-elle un peu de Jurassic Park ?

Il y a 115 millions d'années environ, un dinosaure très probablement carnivore, puisqu'il s'agit d'un théropode dans le jargon des paléontologues, est mort quelque part dans une région qui aujourd'hui se trouve dans le nord-est du Brésil. Il marque désormais l'Histoire de la paléontologie !
En effet, une équipe internationale de chercheurs dirigée par l'Université Curtin (Australie) vient d'annoncer qu'ils avaient fait une découverte étonnante, inattendue, voire révolutionnaire, dans les os fossilisés des membres de ce dinosaure, connu des spécialistes comme un représentant de l'espèce dite d'Aratasaurus museunacionali.
Selon un communiqué de l'université, accompagnant une publication scientifique dans les célèbres Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), la découverte bouleverse « fondamentalement notre compréhension de la préservation des fossiles et de la longévité des molécules à l'échelle des temps géologiques ».
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C'est évidemment intrigant pour un passionné de paléontologie, fan de Jurassic Park et qui aimerait annuler la disparition des dinosaures. A priori, il n'est pas question cependant d'ADN resté miraculeusement conservé dans du sang de dinosaure à l'intérieur d'un moustique mort, car piégé dans l'ambre après avoir piqué un de ces animaux mythiques.
Alors pourquoi l'annonce fait-elle rêver ?
Une des scènes mythiques de Jurassic Park. Le Dr Grant (Sam Neill) et le Dr Sattler (Laura Dern) découvrent leur premier dinosaure vivant : le brachiosaure. © Gagtiger
Parce que les paléontologues ont obtenu, pour la première fois, des preuves irréfutables de la présence de globules rouges fossilisés car minéralisés !
A-t-on vraiment découvert des fragments d'ADN de dinosaures vieux de 75 millions d'années ?
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Il s'agit donc en premier lieu de restes de sang de dinosaures fossilisés ! (En second lieu, de restes d'acides aminés du collagène, une célèbre protéine).
En fait, cela faisait un moment que des structures pouvant être des restes de globules rouges fossilisés avaient été retrouvées dans des os de dinosaures... mais on ne pouvait rien conclure.
Des globules rouges fossilisés et des molécules du sang vieilles de 115 millions d'années !
Cette fois-ci, les chercheurs ont identifié chimiquement, dans ce qui ressemblait à de tels globules, des molécules dérivées de l'hémoglobine. Or, cette protéine riche en fer, qui donne au sang sa couleur rouge et sert de « véhicule » pour fixer et transporter l'oxygène, est l'un des constituants majeurs des globules rouges.
« Ces résultats remettent en question des hypothèses anciennes selon lesquelles certaines biomolécules, comme l'hémoglobine, ne pourraient pas survivre pendant des périodes géologiques aussi longues », a expliqué la professeure Kliti Grice, directrice fondatrice du Centre de géochimie organique et isotopique d'Australie-Occidentale de l'université Curtin et autrice principale de l'étude.
« Détecter des molécules intactes dérivées de l'hème dans des globules rouges vieux de 115 millions d'années est stupéfiant : il s'agit véritablement d'une découverte historique. Non seulement cette découverte repousse les limites chronologiques connues de la préservation du sang dans les fossiles, mais elle nous offre également un accès direct, à l'échelle moléculaire, à la physiologie d'animaux disparus depuis très longtemps. Nous pourrons ainsi mieux les comprendre, ainsi que le monde dans lequel ils vivaient », ajoute la professeure.
Rappelons toutefois que même si ce résultat est spectaculaire et laisse songeur, et que contrairement aux globules rouges humains, ceux des oiseaux et des reptiles possèdent un noyau contenant de l'ADN, c'était vraisemblablement aussi le cas des dinosaures, il n'est pas fait mention de la découverte d'ADN dans l'article de PNAS.
Nous n'avons toujours pas davantage de raisons de penser que de l'ADN puisse subsister pendant des dizaines de millions d'années. Or, les fossiles de dinosaures sont vieux d'au moins 66 millions d'années, date de leur disparition.
On ne pourra donc en aucune manière cloner Aratasaurus museunacionali comme dans Jurassic Park...
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