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Wednesday, October 14, 2026

Vos souvenirs des premiers jours du métro de Montréal

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Le métro de Montréal fête ses 60 ans. Vous êtes plusieurs à y être montés à bord, souvent en famille, dans les premiers mois de son existence. Première partie de vos témoignages.

Promenade sans permission

J’avais 12 ans, mon père m’avait dit dans la semaine précédant l’ouverture pour le public que ce serait gratuit le premier jour, qu’on pourrait même le prendre jusqu’au bout de la ligne (Bonaventure) et revenir sans sortir à l’extérieur. Quelle belle invention, me dis-je. Curieux, je lui avais demandé comment faire. Il m’avait alors expliqué en détail. J’attendais avec enthousiasme le jour de l’ouverture. J’avais pris son avis comme une permission d’y aller. Tôt le matin, je suis sorti de la maison sans avertir mes parents et j’ai marché jusqu’à la station de métro Jean-Talon. C’était rempli de monde. Puis, j’ai fait exactement ce que mon père m’avait dit et suis revenu à la maison quelques heures plus tard, très fier d’avoir pu prendre le métro. Mes parents m’ont alors demandé d’où je venais… visiblement inquiétés par ma disparition. Cela ne m’avait pas traversé l’esprit, car je croyais avoir reçu la permission de mon père. Luc Falardeau

Sortie en pyjama

Mon père est arrivé à la maison énervé et il nous a amenés prendre le métro. Ma sœur et moi (6 et 10 ans) étions dans nos pyjamas, cachés par nos manteaux ! Ce fut une sortie inoubliable. Nous sommes partis du métro Jarry et allés jusqu’à McGill. La sensation de vitesse, la foule qui se pressait dans les voitures et l’incompréhension de ce moyen de transport me donnaient l’impression d’être dans un rêve. Je souligne que ce fut la seule sortie que mon père nous a proposée au cours de sa vie ! Colette Desjardins

De la peur à l’émerveillement

J’avais cinq ans à l’époque, et je me souviens d’avoir pris le métro avec mes parents. Il y avait énormément de monde et, pour l’enfant que j’étais, toute cette nouveauté était à la fois excitante et un peu inquiétante. J’avais surtout peur que les portes se referment trop vite, que mes parents réussissent à monter et que je reste sur le quai — ou l’inverse ! Cette crainte d’être séparés dans la foule m’avait beaucoup marqué. Mais une fois tous ensemble dans le wagon, la peur a rapidement fait place à l’émerveillement. Prendre ce nouveau métro avait quelque chose de magique. Un détail m’est particulièrement resté en mémoire : dans certains tunnels, il y avait, si mon souvenir est bon, une succession d’images installées le long de la voie. Lorsque le métro avançait, ces images semblaient s’animer, un peu comme lorsqu’on fait défiler rapidement les pages d’un folioscope. Je crois me souvenir d’un petit bonhomme qui courait. Pour un enfant de cinq ans, c’était absolument fascinant. Serge Gadoury

Le nez collé

Trop jeune pour avoir pris le métro à ses tout premiers jours, mais assez vieux pour me souvenir que je me collais le nez à la fenêtre du wagon pour regarder déferler les panneaux installés dans le tunnel alors que je me rendais voir les Expos au parc Jarry ! Avec le mouvement et la vitesse du métro, les illustrations s’animaient en scènes de baseball ! Philippe Spencer

En retard au travail

Mon père en a été le témoin. Il s’en allait travailler, à partir de Longueuil, chez Macdonald Tobacco, station Frontenac, mais s’est trompé de direction ! Première fois à vie qu’il est arrivé en retard au travail. Par contre, il avait beaucoup aimé la ride. Liette Morin

Un nouveau monde

J’avais 10 ans et nous habitions dans Maisonneuve. Le premier dimanche de l’ouverture, mon père avait garé sa voiture près de la station Papineau, celle de Frontenac n’étant pas encore en service. Nous avions, ma famille et moi, découvert alors tout un monde… Les escaliers mécaniques ultramodernes, la fresque colorée des Patriotes, l’odeur des pneus, le bruit du va-et-vient des rames. Il y avait foule sur le quai, direction Atwater. Il a fallu plusieurs convois pour que nous puissions enfin entrer dans une voiture. Que cela était moderne… L’inox, le plastique, la cuirette et la disposition des sièges, les portes automatiques… et surtout la vitesse et le bruit quand tout cela s’est mis en branle. En moins de trois minutes, nous étions à la station Berri-de Montigny. Quelle immensité nous avons découverte! Nous faisions face à la complexité des nouvelles constructions, les aires ouvertes, des escaliers partout et surtout un système d’orientation avec des logos faciles à comprendre… ce qui nous préparait déjà pour ce qu’allait être l’Expo un an plus tard. Ce trajet et le retour à pied rue Sainte-Catherine sont restés gravés dans ma mémoire. Le métro est alors entré dans nos vies rapidement. Il fait partie de mon ADN. Bien que j’aie quitté Montréal au début des années 1980, il constitue encore mon moyen de transport préféré quand j’ai à faire « en ville » ! Marc Nolin

Beau à en pleurer

J’ai pris le métro de Montréal dès son entrée en service en 1966… et je n’ai jamais cessé de le prendre depuis ce temps-là. La première fois, c’était à la station Papineau et je m’en souviens très bien. J’étais sur le quai avec de nombreuses personnes. On a commencé par entendre un bruit venant du tunnel, puis soudain le premier wagon est arrivé à pleine vitesse à la station. J’ai pleuré tant c’était beau et impressionnant. Cela fait donc soixante ans que je prends ce métro, matin, midi, et tard le soir. Je n’y éprouve pas d’insécurité, même encore aujourd’hui. Je veux rendre hommage à sa beauté, à son efficacité (malgré les pannes) — hommage aux employés, aux mécaniciens surtout. Ma station préférée est la station Champ-de-Mars pour les verrières de Marcelle Ferron. Parfois, je fais un détour pour les contempler. J’aime bien prendre une collation au restaurant Van Houtte de la station Place-des-Arts. Bonne fête, le métro ! Longue vie ! Monique Langlois

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