Un décès par le virus du Nil occidental aux Pays-Bas: faut-il s’en inquiéter?
Le virus du Nil occidental se propage de plus en plus vers le nord. Ce week-end, sa présence a été détectée en Flandre. Aux Pays-Bas, on déplore déjà un décès. Faut-il dès lors s’inquiéter de la propagation de cette maladie?
Source: HLN
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Le virus du Nil occidental est un virus aviaire transmis par les moustiques. Des cas ont déjà été signalés à Anvers et à Vilvorde. Le week-end dernier, il a également fait son apparition à Malines et dans la région de Willebroek, avec des cas d’infection détectés chez des oiseaux et un cheval. Mercredi, l’Institut néerlandais de la santé publique et de l’environnement (RIVM) a confirmé un décès et deux hospitalisations aux Pays-Bas.
Une propagation qui n’étonne pas le virologue Steven Van Gucht de Sciensano. “C’est un virus connu depuis très longtemps”, explique-t-il. “Autrefois, il était surtout présent en Europe du Sud et en Afrique. En raison du réchauffement climatique, on observe qu’il se déplace vers le nord depuis plusieurs années.”
Il est pour l’instant difficile d’expliquer pourquoi ce phénomène semble se diffuser dans une partie de la Flandre. “Pour l’instant, il semble en effet se concentrer surtout dans la région de Malines-Willebroek et dans la zone située entre Bruxelles et Anvers. Nous ne savons pas exactement pourquoi. Il y a pas mal de plans d’eau dans cette région. Peut-être y a-t-il beaucoup d’oiseaux aquatiques et d’oiseaux migrateurs.”
Un virus qui peut s’avérer mortel
En Macédoine du Nord, où le virus est particulièrement présent, il a déjà coûté la vie à au moins cinq personnes, comme l’ont confirmé les autorités sanitaires du pays. Un décès est désormais également confirmé dans la région d’Utrecht, aux Pays-Bas. Mais faut-il s’inquiéter pour autant? “Pas pour l’instant”, rassure Steven Van Gucht. “Une infection n’entraîne généralement pas de maladie grave chez l’être humain. Plus de 80% des personnes contaminées ne remarqueront pratiquement rien. Celles qui présentent des symptômes peuvent développer de la fièvre ou des symptômes grippaux. Ceux-ci disparaissent généralement d’eux-mêmes.”
“Ce n’est que dans des cas très exceptionnels que le système nerveux peut être affecté et qu’une inflammation du cerveau, des méninges ou de la moelle épinière peut survenir. Certains patients doivent alors être hospitalisés et, dans des cas très exceptionnels, la maladie peut être mortelle. Mais cela ne concerne que moins de 1% des cas d’infection. Ce sont surtout les personnes âgées et fragiles qui courent un risque accru. Chez les plus jeunes, le risque de développer une forme grave de la maladie est très faible.”
Pas de raison de paniquer
Le virologue se montre donc plutôt serein vis-à-vis de la situation, même s’il estime qu’il est toujours utile d’éviter autant que possible les piqûres de moustiques. “Faites notamment attention aux eaux stagnantes autour de votre domicile, comme celles qui s’accumulent dans les pots de fleurs ou d’autres récipients. Les moustiquaires et les produits anti-moustiques peuvent également être utiles.”
Il appelle également les médecins à garder à l’esprit que ce virus peut désormais circuler en Belgique. “Nous avons averti les médecins généralistes, les médecins spécialistes et les hôpitaux. Ils doivent y penser lorsque des patients se présentent en été avec des symptômes grippaux et souffrent d’une inflammation du cerveau, de la moelle épinière ou des méninges. Il peut s’agir du virus du Nil occidental. Comme ce virus n’était pas présent en Belgique jusqu’à récemment, ils n’y pensent peut-être pas spontanément.”
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