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Sunday, November 1, 2026

Le dirigeant britannique Burnham laisse entrevoir des excuses pour la traite négrière

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Le premier ministre britannique, Andy Burnham, a déclaré que son gouvernement envisagerait de présenter, pour la première fois, des excuses pour son rôle dans la traite transatlantique des esclaves, mais a rejeté les appels demandant au pays de verser des réparations.

Dans une tribune publiée samedi dans le Guardian, M. Burnham a expliqué que le Royaume-Uni devait reconnaître son « histoire complexe » afin de protéger le Commonwealth, une association de 56 pays indépendants issue de l’Empire britannique.

M. Burnham se rendra la semaine prochaine à Antigua-et-Barbuda, dans les Caraïbes, pour une réunion des dirigeants du Commonwealth, dont il espère qu’elle renforcera les relations du Royaume-Uni avec les pays d’Afrique et des Caraïbes, dont beaucoup sont d’anciennes colonies.

« Depuis des années, les membres du Commonwealth touchés par la traite négrière réclament un dialogue sincère sur l’héritage de l’esclavage, a dit M. Burnham. En faisant l’autruche, nous avons nui au bon fonctionnement du Commonwealth. »

M. Burnham a indiqué que son gouvernement proposait d’entamer un « dialogue structuré » avec les personnes touchées par l’esclavage et qu’il serait à l’écoute des appels en faveur d’excuses officielles de la part de l’État britannique, qui a énormément profité de la traite négrière avant son interdiction en 1833 — on peut d’ailleurs affirmer que l’Empire britannique s’est fondé sur celle-ci.

« Je ne pense pas que les Britanniques d’aujourd’hui puissent être tenus pour responsables de torts historiques, aussi odieux soient-ils, qui se sont produits à une autre époque, en vertu de lois différentes, et auxquels ils n’ont pas pris part personnellement », a dit M. Burnham.

Au lieu de cela, a ajouté le premier ministre, il souhaite s’attaquer aux problèmes auxquels sont confrontés aujourd’hui le Commonwealth et d’autres pays, notamment le niveau élevé d’endettement de nombreux pays en développement.

M. Burnham a indiqué qu’il collaborerait avec d’autres pays riches et des investisseurs pour aider les pays vulnérables à rembourser leurs dettes sur une période plus longue et à des taux d’intérêt plus bas.

Pour faire avancer cette initiative, l’ancien premier ministre Gordon Brown, fervent défenseur de l’allègement de la dette des pays en développement, participera à la réunion du Commonwealth, a-t-il précisé.

Le roi Charles III a été confronté à des appels demandant au Royaume-Uni de présenter des excuses et de verser des réparations lors de la première phase d’un voyage de neuf jours dans les Caraïbes, qui s’achèvera par la réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth, prévue de dimanche à mercredi à Saint John’s, la capitale d’Antigua-et-Barbuda.

S’exprimant mardi à Nassau, la capitale des Bahamas, le roi a reconnu « les grandes souffrances et les injustices du passé », mais s’est abstenu de présenter des excuses.

Le roi, dont les ancêtres ont directement tiré profit de la traite négrière, n’a pas pu aller plus loin, car la politique du gouvernement est de ne pas présenter d’excuses pour le rôle joué par le pays dans la traite négrière, et le monarque constitutionnel du Royaume-Uni s’exprime au nom du gouvernement élu.

Les propos de M. Burnham interviennent alors que le Royaume-Uni cherche à consolider ses relations avec ses alliés traditionnels du Commonwealth face aux défis économiques, environnementaux et militaires à l’échelle mondiale.

Un changement de position du gouvernement pourrait également répondre aux attentes d’un électorat plus jeune et plus progressiste à l’échelle nationale, où des militants ont appelé le Royaume-Uni à réexaminer l’héritage de son histoire coloniale. Celle-ci a impliqué le transfert de plusieurs millions de personnes depuis l’Afrique pour travailler, souvent dans des conditions extrêmement pénibles, sur des plantations des Caraïbes, d’Amérique du Nord et d’ailleurs.

Pan Pylas, journaliste de l’Associated Press à Londres, a contribué à cet article.

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