Elections législatives au Maroc : un scrutin déserté par la jeunesse, un an après la mobilisation "Gen Z 212"

Ce mouvement, apolitique, spontané et sans leader, a presque disparu aujourd’hui. Comment l’expliquer ?
"Ce qui a été surprenant, c’est que la mobilisation a été extrêmement forte, juste avant l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations en décembre et janvier au Maroc. Ensuite, et jusqu’à la Coupe du Monde cet été, le mouvement a été beaucoup moins porté. Mais rappelons que ce mouvement n’est pas sorti de nulle part. Il y a eu, de manière cyclique au Maroc, depuis le milieu des années 60, différentes formes de contestation de la jeunesse. En 2017, si on se souvient des revendications portées par les jeunes du RIF (région du nord du Maroc), c’était également des hôpitaux et des infrastructures publiques redistributives.
Mais le mouvement Gen Z 212 s’est incarné dans une forme particulière, très digitale, qui a consisté à ne pas avoir de leaders clairement identifiés. Ça n’a pas été un mouvement structuré avec des représentations dans les villes, etc. Ça a surtout fonctionné sur les canaux Discord, c’est-à-dire sur une plateforme de gaming. Et c’est précisément un des défis de sa survie, cette capacité à un moment donné à se structurer et à être visible dans l’espace public avec des revendications.
Transformer une contestation en construction, c’est un travail politique difficile qui n’a pas été mené jusqu’à son terme ici. Evidemment, la répression du mouvement (on estime que plus de 600 jeunes sont toujours incarcérées suite à ces manifestations) a joué. Mais le fait que le travail n’ait pas été mené à son terme, c’est aussi la raison pour laquelle on peut être assuré qu’il y aura sous d’autres formes de mouvements qui vont naître dans les prochaines années".
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