The Jerusalem PostJim Bakker, TV preacher felled by scandals, dies at 86CNN TürkÖZET | Fransa, Belçika karşısında son dakikalarda farka gittiPunchTrump approves firing squad execution of US Army base shooterESPN DeportesBraves saca triunfo de Los Ángeles y va a casa 1-1InquirerDay 34 of Duterte trial: Defense resumes AMLC records cross-examESPN🏈 CFB Power Rankings: Miami moves up, Missouri, Pitt make listDaily MaverickWELLNESS: Should you track your sleep? The pros, cons and realities of sleep trackersBollywood HungamaRam Gopal Varma reacts to Janhvi Kapoor ‘Chuttamalle’ song deepfake row: “The smart thing would have been to concentrate on catching the perpetrator”Observador DesportoExportações lusófonas para a China fixam novo recordeHet Laatste NieuwsKIJK. Gezicht van Netanyahu spreekt boekdelen wanneer toespraak tijdens herdenkingsdag wordt verstoordSözcüMersin Büyükşehir Belediye Başkanı Vahap Seçer tutuklandıBBC SportBorn into Celtic, made at Motherwell, Welsh comes of age with Scotland
The Daily Newsstand · Free, Always
Tuesday, October 6, 2026

Un premier tour qui confirme l’attraction de la marque Bolsonaro

Translate

Porteuse d’un passé sulfureux et mâtinée de scandales et d’une tentative de coup d’État, la marque Bolsonaro n’a pas seulement bien tenu le coup au premier tour de l’élection présidentielle au Brésil dimanche. Elle a également surpassé les attentes, ce qui laisse désormais les Brésiliens entre surprise et inquiétude.

« Très peu de gens ont vu venir ce résultat. La surprise est totale aujourd’hui », souligne en vidéoconférence l’économiste brésilien Edmar Almeida, joint à Rio de Janeiro lundi.

Flavio Bolsonaro a atteint la première place de ce scrutin avec environ 47 % des voix face au président sortant, Luiz Inácio Lula da Silva, figure forte de la gauche brésilienne, qui récolte, lui, 45 % des suffrages. Comme aucun candidat n’a obtenu une majorité absolue de plus de 50 %, un deuxième tour sera tenu le 25 octobre prochain. « Les gens ont voté avec leur colère face à la crise économique et avec une nouvelle rationalité que les instituts de sondage n’ont finalement pas réussi à saisir », ajoute-t-il.

La course serrée devant favoriser Lula, qui s’est posé en défenseur de la souveraineté brésilienne face aux soupçons d’ingérence et aux menaces proférées par le président américain, Donald Trump, ne s’est finalement pas jouée comme les sondeurs l’avaient pressenti.

À l’heure d’un premier bilan, Flavio Bolsonaro sort la tête haute de ce premier scrutin, dépassant par l’extrême droite le gouvernement de gauche de Lula, et ce, en ayant réussi à laisser dans des nuages de poussière bien des affaires qui lui collaient à la peau.

Le jeune sénateur porte en effet l’héritage toxique d’un père condamné l’an dernier à 27 ans et 3 mois de prison pour tentative de coup d’État après sa défaite de 2022. S’il devait passer la porte du palais présidentiel, son fils devrait amnistier l’ex-président ainsi que les émeutiers qui ont pris d’assaut les bâtiments gouvernementaux le 8 janvier 2023 à Brasília pour faire tomber la jeune démocratie brésilienne.

Le politicien de 45 ans a dû également se débattre au début de la campagne avec des accusations de corruption après le dévoilement d’enregistrements compromettants. On l’entend réclamer 26,8 millions de dollars à un banquier, aujourd’hui tombé en disgrâce pour blanchiment, afin de financer la production d’un film sur son père. La somme dépasse de manière colossale les budgets combinés des deux films brésiliens ayant connu un succès international dans les dernières années, Je suis toujours là, Oscar du meilleur film étranger en 2025 avec un budget de 8,9 millions de dollars, et L’agent secret, nommé dans la catégorie « meilleur film » aux Oscar de 2026 avec son budget de 5,6 millions.

Or, loin d’avoir été sanctionné pour ces taches et ces erreurs de jugement, Flavio Bolsonaro avance désormais comme le favori du prochain scrutin. Depuis 1989, chaque candidat arrivé en tête au premier tour a été élu au second.

Une histoire de famille

Le clan Bolsonaro a aussi renforcé son emprise sur le pouvoir législatif avec l’élection au Sénat de plusieurs de ses candidats, dont Michelle Bolsonaro, femme de Jair, et un autre de ses fils, Carlos Bolsonaro. Le parti du candidat de la droite devient le premier à la Chambre des députés, où le plus jeune fils de Jair Bolsonaro, Jair Renan, 28 ans, vient également d’être élu.

Cette nouvelle configuration devrait favoriser l’application du programme porté par ce candidat de l’extrême droite, qui a promis entre autres de réduire considérablement le déficit public, de mettre la fonction publique à sa botte et de réaligner la politique étrangère du pays sur celle de Washington.

« Les gens ont dit qu’ils en avaient assez de Lula, souligne en entrevue le sociologue Frédéric Vandenberghe, de l’Université fédérale de Rio de Janeiro. Nous sommes témoins d’un vote de protestation dont les conséquences risquent d’être dramatiques. »

À 80 ans, Lula brigue un quatrième mandat (deux des trois premiers n’étant pas consécutifs). Il s’est engagé à maintenir un programme de dépenses sociales important visant à réduire les écarts de richesse et à rehausser le niveau de vie des plus démunis. Il s’oppose aussi aux politiques agressives de Trump envers l’Amérique latine et arrive au terme de ce mandat fort d’une série de succès. Sous sa présidence, le Brésil a obtenu son taux de chômage le plus bas, à 5 %, et une croissance du PIB de plus de 3 %. L’endettement des ménages et l’augmentation du coût de la vie, imputables en partie aux crises internationales nourries par les États-Unis, lui font toutefois de l’ombre.

Du changement sans morale

« La marque Bolsonaro a réussi à s’imposer, car elle ne repose pas sur une vision politique, mais sur sa capacité à faire croire qu’elle est porteuse d’un changement de système, dit Edmar Almeida. C’est la même chose qui s’est passée aux États-Unis et en Argentine. Une partie de l’électorat, fatiguée par les élites, s’accroche désormais à cette idée de changement sans se soucier des questions morales, qui n’ont plus d’importance dans ce contexte. »

« L’électeur est plus impatient, et ses réactions sont beaucoup plus instantanées, a constaté lundi le politicologue Felipe Nunes dans les pages numériques du quotidien brésilien O Globo pour expliquer le résultat du premier tour. Les gouvernements du monde entier peinent à apporter une réponse satisfaisante aux aspirations de leurs populations. Et ce n’est donc pas un hasard si l’opposition remporte davantage de victoires. Le monde est en surchauffe. Il veut tout, tout de suite. »

Un climat compliqué pour Lula, qui a admis dimanche que le résultat était « inattendu » tout en se disant confiant en sa capacité de reprendre la main au second tour. « Nous sommes dans les prolongations. C’est là que nous convaincrons le peuple brésilien de l’importance de poursuivre le projet de développement technologique et scientifique, l’exploration des terres rares et des minéraux critiques », a-t-il dit.

Pour y arriver, le président va devoir convaincre les abstentionnistes et ces 8 % qui ont voté pour d’autres candidats que les deux qui sont arrivés en tête. Il a perdu 3,4 millions de voix au premier tour, par rapport aux résultats de la présidentielle de 2022, alors que Flavio Bolsonaro a récolté 5 millions de suffrages de plus que son père lors du premier tour il y a quatre ans.

« Le chemin d’une victoire pour Lula est difficile à percevoir aujourd’hui, dit Edmar Almeida. S’il arrive à surmonter cette mathématique et ce climat, on pourra alors parler d’un miracle. »

View the original on Le Devoir →

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.